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Il faisait sombre. Très sombre.


Jusqu’à ce que je vois une lumière, petite mais chaleureuse. Elle enivrait mon être, effaçant mes peurs de la noirceur.
Elle s’approche de moi, sans pour autant m’atteindre. Elle me guide, avec détermination je la suis. Je peux de nouveau marcher sans crainte.
Chaque pas que je fais me remplit de bonheur. Mes yeux s’affirment sur leur précision, mon corps ressent mieux ce qui l’entoure.


Que suis-je réellement ? Un être fait de chair ? Ou sans réel impact sur mon environnement, comme un simple fantôme ? J’ai besoin de réponse. Qui suis-je véritablement ? Aidez-moi ! Vite ! Je n’arrive plus à respirer, pourquoi ma lumière s’est-elle éteinte ?

Je hais ce monde, je me hais d’autant plus. Je souhaite disparaître, mais je suis encore là, à attendre, sans aucun moyen de s’échapper.


Toi, nouvelle lumière qui me nargue, je ne te suivrais pas.
Je connais la souffrance d’une lumière qui disparaît. Vous êtes toutes les mêmes, vous attendez qu’on vous suive, pour ensuite disparaître, sans laisser la moindre trace. Aimant nous voir souffrir à petit feu dans les ténèbres de la solitude.
Je n’ai plus à m’inquiéter, je suis devenu mes propres ténèbres.





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Je n'ai jamais pu choisir quoique ce soit dans ma vie. J'ai vécu sainement, aux crochets de ma famille comme chaque adolescent de mon âge. Ma magnifique petite-soeur faisait de ma vie quotidienne, un petit rayon de soleil. Notre père fut celui qui s'occupa de nos besoins. Nous fûmes heureux tous les trois, dans notre appartement dans la banlieue Aixoise.

Sauf que notre bonheur si fragile, fut écrasé par des êtres dénués de coeur et d'empathie. Ce fut en début d'une journée banale que ma soeur et moi fument emmenée.
Je ne voyais rien, je pouvais juste sentir le corps de ma soeur près de moi, tremblante comme une feuille. J'ai essayé par tous les moyens de me rapprocher d'elle le plus possible pour la rassurer.

Quand on nous enleva les sacs qui nous empêchaient de voir, je remarqua immédiatement les autres enfants. Nous n'avions pas tous le même âge, je devais être l'une des plus vielles. Alors que j'essayais de me relever, un bruit assourdissant retentit dans la salle. Nos hurlements se répercutèrent contre les murs de notre nouvelle prison.

Mes yeux entrouverts aperçurent ces choses qui nous détenaient. Ils avaient un corps qui avaient des similitudes avec celui des hommes.Leurs mains possédaient que trois doigts, dont deux assez imposant. Leurs pieds eux n'en avaient que quatre. Leur peau blanchâtre était parsemé de points bleus et gris sur tout leur corps. Ils avaient des tentacules en guise de chevelure, elles aussi étaient bleues. En plein milieu de leur front, un losange noir, une abysse.
Nous n'étions plus des humains, mais des jouets pour ces êtres irréels.

______________________________​______________________________​_____

« _Mira, tu m'as bien écouté n'est-ce pas ?

_Je dois choisir quoi ?

_Ce que tu aimes, mais quelque chose de rapide à manger et que tu pourras finir. Il faut trois choses différentes.

_Je peux prendre un gâteau au chocolat ?

_Non chérie, quelque chose de petit, comme ça on pourra plus rapidement aller retrouver papa. Tu m'as comprit ?

_ Oui grande-soeur.

_Ne bouge surtout pas d'ici, on doit attendre la sonnerie de départ. Je dois trouver Léo avant qu'elle se déclenche d'accord ?

_Hum hum.

_Je reviens, attends-moi. »
Ils nous avaient indiqué certaines règles pour leur jeu. Nous étions quinze enfants, de quatre à dix-sept ans. J'avais réussi à parler avec Léo, un garçon de mon école qui lui aussi se retrouvait dans ce cauchemar. Il fallait que je le retrouve pour qu'on reste ensemble, il était la seule personne capable de nous aider.

Je courrais dans cet hypermarché remplit de personnes lambdas. Aucunes d'entre-elles étaient au courant de ce jeu malsain, elles réalisaient leurs courses quotidiennes. Je ne pouvais pas leur en parler, j'étais sous écoute, je pouvais imploser à n'importe quel moment. Pendant que nous dormions, ils nous ont collé des explosifs sur le corps. Je ne pouvais douter de leur parole après avoir vu un jeune garçon exploser devant nos yeux.

Bousculer, aller plus rapidement, appeler à tout rompre son prénom. Je vis une tête blonde débarquer d'un rayon. Il avait les joues rosis par sa course, il avait dû faire l'autre moitié du magasin en courant.

« Léo ! Viens vite, je ne peux pas laisser toute seule plus longtemps !

_Désolé, je n'ai pas pu vous retrouver plus vite, ils ont fait exprès de choisir un endroit bondé.

_Tu as choisi quoi à manger ?

_Une banane, une bouteille d'eau et une sucette. Cela ne prendra pas plus de trois minutes à manger.

_Tu as bien fait. Je dois moi aussi choisir, mais avant je dois voir ce que prend Mira.

_Tu ne l'as pas fait avant ?! J'espère qu'elle est sage.

_Pourquoi tu dis ça ?

_Il suffit de toucher n'importe quoi pour que ça soit considéré comme l'un des trois demandé. »

Mon sang monta immédiatement à mes tempes. Je courus à m'en détruire les poumons, hurlant ma peur sans bruit.
Elle n'étais plus là.
Je la cherchais du regard dans cette foule bruyante, jamais je n'avais ressentie une si vive peur marteler mon coeur.

« Grande-soeur ! Regarde ce que m'a donné cette vieille dame !

Ma tête fut presque sur le point de se craquer après l'avoir tourné d'un coup vers sa voix. Mes yeux s'ouvivrent en grand en voyant dans ses petits mains des énormes paquets de bonbon.

_LÂCHE ! Criais-je

Elle lâcha sous la surprise, le mal était déjà fait. Elle n'avait plus le choix...Je la pris dans mes bras pour la serrer contre moi, je ne pouvais arrêter mes tremblements.

_Pourquoi tu ne m'as pas écouté ?...

_Mais...C'est cette madame qui m'a donné les paquets. Elle disait qu'ils sont bons.
Je la pris soudainement par les épaules pour la secouer.

_Tu ne comprends pas que ce n'est pas un jeu ? Notre vie est en danger !

_Tu me fais mal ! »

Elle pleurait à chaudes larmes sous mes mains, se tortillant de toutes ses forces pour s'extraire de ma poigne. Cette vue me brisa intérieurement me faisant lâcher ses frêles épaules. Je la vis partir en courant à toute vitesse nous abandonnant Léo et moi. J'eus quelques secondes d'hésitation avant de me relever pour la poursuivre. Je la perdie de vue rapidement, pourquoi je ne l'avais pas retenue ? Pourquoi je ne lui avais pas parlé plus calmement au lieu de lui crier dessus.

Je ne savais plus quoi penser, j'avais peur, terriblement peur pour elle. Seule, elle était une parfaite cible pour ces monstres.
Alors que je courrais n'importe où pour la retrouver, j'entendis un hurlement à l'autre bout de l'endroit où je me trouvais. C'était un rayon qui venait de perdre subitement sa lumière. C'était sa voix, celle de ma soeur.
Des larmes me montèrent aux yeux subitement alors que j'accourais vers cet enfer.

Un homme se tenait debout, dos à moi. Il tenait dans ses bras un petit corps d'enfant. Mira se cramponnait à cet homme dont je ne voyais pas le visage. Léo se précipita sur lui pour la récupérer, l'homme refusa férocement en la retenant sauvagement.

« Non mais ça ne va pas ?! Laissez ma fille tranquille !

_Papa ?

Il se retourna, ayant toujours ses sourcils froncés face à sa colère. Elle diminua en me voyant, s'avançant vers moi assez confus.

_Jess, qu'est-ce que vous faîtes là toi et ta soeur ? Pourquoi n'êtes-vous pas à l'école ?

_Je n'ai pas le temps de t'expliquer, je t'assure que nous avons une bonne rai...Papa, qu'elle est ma couleur préférée ?

_C'est quoi cette manière de changer de sujet ? Tu penses que tu vas t'en sortir en séchant les cours ainsi? En emmenant ta soeur comme ça sans me prévenir !

_Réponds à ma question , qu'elle est ma couleur préférée ?!

_Le orange, contente maintenant ? Aller viens on rentre à la maison, ta mère est très inquiète pour vous deux. »
+-
Il me tendit sa main pour m'inviter à les rejoindre. Le son de mes pas résonna sur le marbre, il me semblait qu'il n'y avait plus que nous quatre dans le magasin. C'était au ralentit dans mon esprit, je voyais le regard apeuré de Mira qui venait de comprendre son erreur.

D'un simple geste de menton je lui fis comprendre que je savais la situation. D'un seul coup je me jeta sur lui, le faisant lâcher Mira qui accoura auprès de Léo.

Je tenais son cou de mes deux mains, serrant le plus possible pour l'étouffer. Voir son visage se tordre de douleur me faisait souffrir autant que lui. Je n'avais pas le choix, il n'était pas ce qu'il semblait être. Après quelques minutes d'une bataille de force, il lâcha prise, se laissant avaler par la noirceur.
Mira n'arrêtait pas de m'appeler encore et encore, je n'y faisais pas attention, il fallait qu'il disparaisse.

«  Il n'est pas notre père. Papa n'aurait jamais dit ça, maman est morte depuis deux ans ! Il est l'un des nombreux monstres qui se fichent de nous en se jouant de nos proches. En prenant leur apparence et leur faisantdire des conneries. Vous ne nous aurez pas, ni Mira, ni Léo, ni moi !

Plus mes paroles passaient la barre des mes lèvres, plus la colère m'emportait renforçant ma force autour de son cou. Les jointures de mes mains devenaient blanche sous la pression, faisant devenir rouge le bout de mes doigts. Je ne sentais plus mes mains, cela en devenait presque douloureux.

Il ne bougeait plus du tout, ses yeux étaient révulsés vers le plafond avec sa bouche légèrement entrouverte. Un haut le coeur me prit soudainement, c'était bien trop réaliste...
Je m'arrochais à ce que je pouvais pour ne pas m'écrouler. Pourquoi cela devait-il nous arriver ?

_Jess...On doit y aller, on n'a plus le temps...

_Je sais, je sais...Emmène Mira avec toi pour lui faire manger les bonbons. Il faut que je respire...

_Compte sur moi !

_Non ! Je veux Jess ! Cria Mira en se débattant de toutes ses forces.

_Léo n'est pas méchant Mira, crois-moi. Je vous rejoins tout de suite d'accord ? Lui dis-je en lui caressant tendrement la joue.

_Promis ?

_Je te le promets. Allez-y ! »

Sans attendre plus longtemps Léo emmena Mira loin de moi. Je pouvais me laisser mes jambes se reposer quelques secondes.
En tournant la tête, je remarquais un raisin n'étant plus sur sa grappe. Je le pris dans ma main, il s'entoura d'une lueur orangé. Mon premier choix sur les trois, que c'était ridicule...
Un simple moyen de tenter les plus jeunes, eux qui ne voient pas le réel danger.
Mon attention s'accrocha sur le passage d'une grand-mère, qui n'accorda aucune intention au cadavre. Les adultes n'étaient pas au courant, alors pourquoi cette indifférence ?...

Un compte à rebours retentit sans prévenir à l'intérieur de ma tête. Il s'élançait encore et encore, transformant mon crâne en bombe vivante. C'était bientôt terminé, tout allait enfin s'arrêter. Oui, toute cette mascarade devait prendre fin.
J'attrapai d'une main tremblante une fraise et une cerise. Ils n'avaient pas spécifiés 'qu'il fallait toucher un seul aliment ou le tout. En les mangeant , le bruit incessant se stoppa.

Je soufflai légèrement d'apaisement, mes paupières se refermant avec aise. Soudainement, une vague d'horreur s’imprégna dans mon esprit. Mon corps bougea tout seul, je ne répondais plus de rien.
En quelques secondes j'étais debout, en détallant dans les rayons à leur recherche.
Le compte à rebours s'était arrêté pour moi, mais certainement pas pour Mira.

Sous ma précipitation j'emmêlai mes pieds, créant un croche-pied. Je m'étalais de tout mon soûl sur le sol. Ma tête dépassait déjà le prochain rayonnage, mes yeux s'ouvrirent difficilement. Je n'aurais jamais voulu voir ça.
Elle était là, en plein milieu du passage, la bouche remplit de bonbon, ses larmes se mélangeant à la morve qui s'écoulait de son nez.. Léo tentait tant bien que mal de l'aider en lui donnant toujours plus de bonbon, il était tout autant paniqué qu'elle.

Je vis alors son cou émaner cette fameuse lumière rouge. Elle s’agrippait les cheveux, poussant des cris de douleurs. Mon coeur rata un battement, par une augmentation d'adrénaline je me propulsai avec mes bras pour être de nouveau sur mes jambes.
Mes bras s'enroulèrent autour d'elle pour la serrer le plus fort possible contre moi. Ma voix restait bloquée dans ma gorge. Je sentais ses larmes humidifier le tissu de mon haut.
La chaleur qui venait de son cou s'accentua, elle allait imploser, et pourtant j'utilisais toutes les forces qui me restaient pour la garder près de moi.

D'un coup, une main se posa sur mon épaule pour m'écarter de force. Sous la surprise je la lâchai, son visage montrait tout son désespoir. Je tendais la main vers elle et elle fit de même , nos mains étaient sur le point de se toucher qu'un bip sonore se déclencha.

Son cou explosa. Sa tête s'était envolée un peu plus loin, roulant légèrement sur le sol. Son corps s'effondra quelques secondes après la détonation.
Ma poitrine se souleva quelque peut, mes yeux fixaient la scène. Un hurlement. C'était le mien. J'avais l'impression que mon coeur c'était fait sauvagement piétiné. Je déversais mes larmes sans retenu devant son cadavre, je m'étais traînée jusqu'à elle pour la tenir. Je la secouais légèrement, comme si cela n'était qu'un rêve.

« Réveille-toi Mira...On doit y aller...Mira...Tu m'écoutes...Mira ?

_Jess, je suis terriblement désolé...Souffla Léo derrière moi.

Je tournai sans prévenir mon visage vers lui, ne lui cachant pas ma présente haine.

_C'est toi qui ma tiré en arrière! Pourquoi tu as fait ça ? ELLE EST MORTE SEULE PAR TA FAUTE !

_Attend Jess il fallait que...

_NE PARLE PAS ! Mira...Ma pauvre Mira....

Je passais une main tremblante sur son buste encore chaud. Du sang s'écoulait de la blessure, se répandant sur le carrelage.

_Jess écoute moi je t'en prie...Il faut que nous partions, je suis vraiment désolé pour ta soeur, mais je ne voulais pas vous perdre toutes les deux...Ce n'est pas moi qui ai tué Mira, et tu le sais bien. Je t'en prie, Jess, viens avec moi...

_Je ne peux pas la laisser là.

_Mais...

_JE NE LA LAISSERAIS PAS UNE DEUXIÈME FOIS !

_Je suis désolé...Je suis si désolé Jess...Je ne peux pas... »

J'entendis ses pas s'éloigner de nous, nous abandonnant à notre sort. Il n'y avait pas que Mira qui s'était fait piégée par leur ruse. Les plus jeunes étaient les plus atteint, moins des plus vieux se sont fait tuer par leur bombe.

Je me sentais complètement vide de sens, mes doigtss’accrochaient désespérément à ses vêtements.
Les murs grondaient autour de nous, le plafond allait bientôt s’effondrer sur nos corps. J’abandonnais de me battre.

« Jess ?! Qu’est-ce que tu fais là ?

Cette voix rocailleuse que j’avais l’habitude d’entendre me bercer. Il se tenait près des escaliers, de l’inquiétude sur son visage. Mon père. Non…Il ne pouvait pas se trouvait ici.
Il s’avança vers nous, fronçant les sourcils en voyant son cadavre dans mes bras.

_Ma chérie, ne me dis pas que c’est…

Il mit ses deux mains devant sa bouche pour étouffer un cri, il y avait quelques larmes qui apparurent aux coins de ses yeux. Ses jambes commencèrent à trembler en se postant devant nous. Il voulut m’enserrer de ses bras, mais je reculai brusquement. Mes yeux humides le fixaient avec une profonde haine.

_Tu n’es pas papa.

_Qu’est-ce que tu racontes ? Mon cœur, je ne sais pas ce qu’il a bien pu se passer ici…Mais nous devons nous en aller au plus vite, le bâtiment va s’écrouler. Je ne peux pas vous laisser ici. Dit-il en avançant une main vers Mira.

_NE LA TOUCHE PAS ! Je lui donnai un grand coup sur sa main, resserrant encore plus mon emprise sur elle.

_Jess, regarde-moi dans les yeux. Respire doucement. Il faut que tu te calmes tout de suite. Tu n’arriveras pas à la porter jusqu’à la sortie avant que tout s’effondre. Il faut qu’on y aille et maintenant !

_Mon anniversaire…

_Quoi ?!

_Quand suis-je née ?

_Le 17 novembre 2000. Je ne sais pas à quoi tu joues, mais ce n’est vraiment pas le moment pour ça. On n’a plus le temps dépêche-toi !

C’était bien la bonne réponse…Il était bien le vrai.
De nouvelles larmes envahirent mon visage. Il était là pour m’aider, je n’étais plus seule.
Il me prit des bras Mira et me tendit une main pour m’aider à me relever. J’étais complètement désemparée par tout ce qui venait de se dérouler. Je me laissai guider sans rechigner.

Des blocs de béton tombaient sur notre chemin, on pouvait entendre les cris des personnes prisent au piège dans le magasin. Il ne nous fut pas longtemps pour atteindre les escaliers qui nous menaient directement à la sortie.
Nous courûmes sans nous arrêter, j’étais essoufflée, mais je continuais. Car il me tenait toujours la main, me tirant toujours plus en avant.
Ne pas abandonner, voilà ce qu’il représentait pour moi.

Je pouvais voir la lumière du dehors traverser les vitres de l’entrée.
J’avais gagné ce stupide jeu. J’avais survécu…
Le bâtiment tout entier s’écroula derrière nous, créant un amas de poussière dans l’air. Le monde aux allant-tour s’affolait face au désastre. C’était avec fermeté que sa main serrait la mienne. Sa chaleur me réconfortait. Pourtant, mon cœur continuait à battre la chamade, j’avais l’impression d’avoir oublié quelque chose d’important.
Je ne savais plus ce que c’était, mais cela me fit me retourner vers le ce qu’il restait du magasin, lâchant sa main. Il faillait que j’y retourne.


Une douleur me transperça la poitrine. Mes yeux se baisèrent et virent une longue et fine flèche noire transpercer mon sein gauche. Un rire carnassier retentit derrière-moi, c’est avec lenteur que mon corps parsemé de spasmes se retourna.
Mon père tenait dans ses mains un gigantesque arc, parsemé d’écritures inconnues.
Ses yeux qui habituellement sont d’une noirceur chaleureuse, étaient à cet instant d’un glacial, cruel.
Des dents bien trop proéminentes dépassaient de ses lèvres, qui abordaient un large sourire sadique.

« Aaaah…Je ne peux pas me lasser de ce regard. Du pur désespoir, que c’est satisfaisant à observer.

_Tu…n’es pas mon…père.

_Non pauvre humaine. Ou devrais-je plutôt dire robot humain. Oh oh oh, es-tu surprise ? Bien-sûr que tu l’es, les souvenirs de Jess Larckson t’ont fait croire à tout ça. Tu n’es pas humaine comme tu pensais le croire. Les humains ont été anéantis il y a quatre siècles par mon peuple.
Tu es qu’un simple robot d’entraînement, auquel nous avons donné les attributs de ces fameux humains. Nous vous utilisons pour nous divertir, comme mes ancêtres ont pu le faire avec les vrais. En vous implantant les souvenirs que nous avons récolté, vous pensez vraiment à tout ce qu’il se passe, cela donne un côté beaucoup plus réaliste et plaisant.
L’histoire de Jess Larckson est celle que je préfère de toutes. Lui apporter moi-même le coup fatal est si plaisant.
Bizarrement aujourd’hui j’ai raté ton cœur central, ce n’est pas si grave, je ne vais pas rater demain.

_Impossible. Tu mens…

_Si je suis un menteur, pourquoi ne saignes-tu pas ? Leur race était un véritable ballon remplit de sang.

Il avait raison je ne perdais pas une seule goutte de sang. Des files ressortaient du trou qu’avait créée la flèche.

_Je suis Jess Larckson…Cela ne peut être autrement.

_J’avais entendu que vous étiez des êtres butés. Sauf que je ne mens pas. Je n’ai pas besoin de me justifier auprès d’une boîte de conserve.

D’un geste précis il arqua son arc vers moi, me visant d’une nouvelle flèche.
Il lâcha la corde, propulsant la flèche dans ma direction. Mon bras fendit l’air, se faisant transpercer par la pointe.
Il fut surpris ma réaction ; allant même jusqu’à reculer d’un pas.

_
_C’est quoi ça ? Tu ne peux pas te laisser tuer gentiment comme toutes les autres ?

_Rien à foutre de tes conneries, je suis Jess Larckson. Si vous avez anéanti l’humanité, alors je serais sa vengeance.

_Reste où tu es, ne m’approche pas ! Enclenchez son autodestruction !

De la chaleur me broya le cou, mais j’en avais que faire, j’étais déterminée à faire ce dernier geste. Pour eux, pour nous tous.
Je me rapprochai de lui, pas par pas, écoutant attentivement le son de la bombe dans mon crâne.
Il se prépara à tirer une nouvelle fois, d’une main j’attrapai le bout de sa flèche, je la tirais vers moi pour la lui faire lâcher.
Il tremblait de peur, cette vision me fit ressentir de la satisfaction.

_Tu n’as rien à voir avec tes ancêtres, un verre-de-terre qu’on a juste à écraser.
Un de plus ou un de moins, quelle différence verront-ils.

_Ne me touche… »

Je l’attrapai d’une main fer. Je le broyais complètement contre moi, cela fit rentrer la moitié de la flèche dans son corps. Il poussa un cri de douleur, se débattant comme un diable. Je ne lui laissais pas une seule chance de s’enfuir.
Mon cou allait bientôt imploser, en le tenant ainsi près de moi, cela allait sans aucun doute le tuer.
Une dizaine d’extraterrestres sortit de derrière une porte cachée par le décor. Ils arrivaient bien trop tard pour m’arrêter.
J’abordai mon plus beau sourire en leur faisant un doigt d’honneur. Dans mon dernier instant je leur criai-je

« Vive la Terre ! »

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Chaque jour je fixais ces écrans de vidéo surveillance, regardant des personnes que je ne connaissais pas travailler. Mon travail était de surveiller ces hommes et femmes dans leur quotidien et voir s'ils faisaient par malheur un faux pas. Ils ne savaient pas que des caméras les enregistraient continuellement. Des agents de notre gouvernement furent les personnes qui proclamèrent que c'était nécessaire à la nation et à son bon fonctionnement.

Nos vies trop répétitives étaient identiques du moment où nous nous réveillons jusqu'au moment où l'on fermait les yeux pour nous endormir. Tout était calculé jusqu'à la moindre seconde. Cette répétition nous suivait jusqu'à nos rêves, nous faisions exactement le même en dormant. Tout ceci à cause du lecteur disque à l'arrière du crâne, qu'ils nous implantaient dès notre naissance. Il est comme un second cerveau mais robotique, raccorder au cerveau humain. Avant de nous coucher nous introduisons le disque dans notre lecteur. Ils changent chaque jour son emplacement. Peut-être pour nous faire croire qu'un jour ils mettraient un autre rêve que celui que nous rêvions. La seule réponse qu'ils nous donnaient par rapport à ce lecteur était la suivante :

'' Vous n'avez pas à vous poser de question là-dessus ! La seule chose que vous devez savoir, c'est qu'il vous facilite votre vie''

Généralement, je ne faisais rien d'autre que de regarder la cinquantaine d'écrans qui étaient postés devant moi. Mais parfois, il pouvait y avoir quelques exceptions. Je les nomme : les fraudeurs. Les fraudeurs sont les personnes qui ne font pas leur quotidien comme ils devraient le faire. La deuxième partie de mon travail consistait à appuyer sur le bouton rouge qui se trouvait sur le tableau de bord pour avertir les gardes. En à peine une minute, ils étaient déjà à l'endroit du fraudeur et l'emmenaient dans un endroit où mes caméras ne pouvaient pas les suivre. Dès qu'ils étaient attrapés, je ne les revoyais jamais plus. Le lendemain d'autres personnes étaient aux postes libres.

Je m'étais déjà demandé où ils pouvaient bien les emmener, mais je n'avais pas vraiment le temps d'y penser. Notre temps réglementaire pour réfléchir n'était que de 2 minutes maximum. Si l'un de nous réfléchissait plus que le temps imparti, une alarme retentissait de notre lecteur, ce qui prévenait directement les gardes qui récupèrent habituellement les fraudeurs. J'avais toujours utilisé ce laps de temps jusqu'à la limite du possible. C'était comme une délivrance charnelle, dire ce que je voulais dans mon esprit, me poser toutes les questions que je souhaitais.

Un beau jour, j'activais mon temps. Mes pensées se diffusèrent à une vitesse affolante dans mon crâne, ma respiration s'accéléra étrangement. Plus les secondes défilaient plus j'en avais terriblement besoin, je souhaitais que les minutes se transforment en heure, que les heures se transforment en jours. Si seulement ça pouvait être possible, si seulement...

Quand la sonnerie de mon lecteur résonna dans mon petit bureau, je sus que j'étais déjà destiné à mourir sans savoir ce qu'il allait se passer ensuite. Des hommes habillés de noir enfoncèrent la porte et m'attrapèrent sans ménagement. De toute façon, je n'allais pas me défendre, à quoi bon résister alors qu'il n'y a pas d'issue ? Ils me balancèrent sur un brancard, avec des sangles ils m'attachèrent les bras et les jambes. Puis une personne me poussa dans un couloir quasiment dans le noir, la seule chose que je pouvais voire c'était les quelques lampes accrochées au plafond défiler les unes après les autres. J'entendis des portes s'ouvrir pour nous laisser passer. Mes yeux se fermèrent automatiquement sous la pression de la lumière qui était braquée sur moi. Des voix que je n'avais jamais entendue résonnèrent dans la pièce :

<<_ Encore un échec...

_Pourquoi ne pas leur enlever ces 2 minutes ?

_On en a déjà parlé ! Il leur faut pour survivre, sinon le cerveau humain prendrait un sacré coup.

_Mais c'est à cause de la possibilité de ces 2 minutes qu'ils commencent à prendre conscience de leurs capacités. >>

Je ne comprenais pas vraiment de quoi ils parlaient, je voulais juste savoir une seule chose.

<<_ Qui êtes-vous ?

_Et voilà ! Maintenant il pose des questions !

_Il est complètement foutu, regardez son numéro puis rangez-le avec les autres.

_Bien Monsieur. Je sentis des mains me toucher l'arrière de mon crâne et lire à voix haute : 7401

_Dépêchez-vous de nous débarrasser de lui immédiatement.

_Tout de suite Monsieur. >>

Une nouvelle fois il me fit traverser un couloir quasiment dans le noir. Je n'aimais pas du tout ça.
Puis tout d'un coup, on se retrouva dans une immense pièce, les murs reflétaient une lumière bleutée. Mon corps ressentit immédiatement le changement de température, il faisait anormalement froid. On aurait dit qu'il m'avait emmené dans un réfrigérateur géant.

Je n'avais pas vraiment tort.

En avançant je remarquais qu'il y avait des choses pendues sur mon côté gauche. Je réussi à tourner la tête pour voir ce que ça pouvait être. Ce fut la première fois de mon existence que je fus choqué. Sous la surprise mes yeux s'agrandirent, me permettant de voir encore mieux. Des milliers de bocaux géants remplis d'un liquide bleuté contenant des corps humains se trouvaient à ma gauche. Ils avaient chacun une plaque avec des numéros différents. Je n'arrivais pas à distinguer leur visage, mais j'avais rapidement compris à qui ils appartenaient. Dans cette pièce se trouvait tous les fraudeurs capturés, et j'en étais devenu un moi-même. Mon cerveau réfléchissait à cent à l'heure, les voir ainsi m'ouvrit les yeux. Nous n'étions pas obligés de vivre comme ça, pourquoi subir tout ça pour ensuite finir accrochés à des câbles ? Je ne voulais tout bonnement pas partir ainsi, sans avoir fait un geste, même le plus infime qui soit.

Il me détacha croyant que j'allais rester bien sagement allongé, quand il fit basculer ma tête en avant pour me désactiver mon lecteur je lui attrapai son poignet violemment. Je tirais d'un coup sec pour le faire partir en avant. Je me plaçais derrière lui automatiquement, mon corps bougea tout seul. Cela devait être ce qu'on appelait '' l'instinct de survie ''. Mes bras encerclèrent sa tête et lui firent faire un grand coup sur le côté. Un crac assourdissant résonna dans la salle, l'homme tomba comme une poupée de chiffon.

Ce n'était plus qu'un corps sans vie, un tas de chair. Je venais de tuer et pourtant je ne ressentais aucun regret. Et puis pourquoi en avoir ? Il allait bien le faire, alors pourquoi pas moi ? Je savais pertinemment qu'ils allaient bientôt remarquer son absence et venir vérifier ce qu'il se passait ici. Il fallait que je fasse quelque chose avant de partir, qu'ils m'endorment à jamais, emmenant ainsi la vérité sur ce monde corrompu. Alors que je regardais toutes ces personnes plongées dans ce liquide inconnu, je vis en plein milieu une allée qui menait tout droit à un ordinateur central. Je réussi à l'utiliser et à vous enregistrer toute cette histoire à partir de mon propre disque. Désormais ce que je vous ai raconté sera à jamais gravé dans le rêve du soir vous permettant de ne pas oublier la tâche que je vais vous confier. Trouvez une solution, trouvez une faille dans cette supercherie.


C'est tout ce que je puisse faire de mon côté, j'espère désespérément que vous y parviendrez. Je sais que cela va être long et très compliqué. Mais il le faut. Je les entends déjà arriver.

J'étais le Surveillant 7401. Désormais je ne le suis plus, mais vous, vous êtes encore là.


Cette nouvelle comporte des éléments violents sur des enfants. Avec en thème: épouvante horreur. Alors si vous n'êtes pas apte, je vous déconseille de la lire.
Sinon bonne lecture :D ! ( Ah et si vous trouvez des fautes, j'aimerais bien le savoir en commentaire s'il vous plait jap:{} )


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Cher journal, aujourd'hui était le jour le plus étrange de ma vie. Je me dois de te raconter ce qui m'est arrivée dans cette étrange journée. Tu es mon confident le plus fidèle et mon seul ami, celui qui renferme toutes mes pensées et envies les plus profondes. Je ne suis pas une des nombreuses idiotes de mon école, mais je t'avoue que je ressens de la peur, une peur inexplicable.

Ce matin je m'étais réveillée une nouvelle fois seule, père et mère ne sont quasiment jamais à la maison, ils font tout pour m'éviter. Je sais qu'ils ne m'aiment pas, je ne suis qu'une gêne pour eux. Ce n'est pas très agréable d'être toujours seule, mais je t'ai toi et ça me suffit.
Je pris le chemin menant à la cuisine,mes pieds traînaient sur le parquet. Sur la table se trouvait un bout de pain rassis, cela devait être mon petit-déjeuner. Je mangeais sans joie, avalant avec peine les bouts qui rappaient contre ma gorge.

Le chemin pour aller à l'école s 'était déroulé comme à son habitude, pas d'amis avec qui se rendre en cours. Quand je passai par le portail, un garçon de ma classe me jeta un mouchoir sale sur la tête. Son groupe riait de bon cœur et le garçon s'était retourné vers moi avec un sourire de vainqueur.
« Désolé, je t'ai prise pour une poubelle. »
Cela fait longtemps que ce genre d'intimidations ne m'atteint plus, je n'ai plus une seule réaction, mais ils continuent un peu chaque jour. Peut-être que ça leur donne un sentiment de supériorité, je n'en sais rien.

Les cours, toujours autant barbants, nous apprenant que des choses ennuyantes et sans intérêts.
Ma grande passion comme tu le sais bien est d'observer grâce à la grande fenêtre qui se trouve à côté de mon pupitre. J'essayais de voir toujours au plus loin des bâtiments, pouvoir imaginer toutes les vies qui se déroulent dans la ville. Faire ceci est toujours plus intéressant, et peut parfois m'aider à oublier ma vie.
Le vent qui venait de l'Est apportait avec lui des nuages prêts à se déverser sur nous. J'ai toujours aimé le bruit de la pluie, il est apaisant. Voir tomber les gouttes sur la fenêtre l'est tout autant.

L'eau rendait la vue assez trouble, malgré ça je pus voir quelque chose. Au loin quelqu'un se tenait au fond du terrain de basket, droit, imposant de toute sa stature. Je ne pouvais pas voir son visage, c'était bien trop flou. Mais j'eus l'impression qu'il avait levé le bras pour me saluer. Je sursautai et reculai ma tête de la fenêtre.
Le professeur le remarqua et me réprimanda avec ferveur comme à son habitude. Les rires s'élevèrent dans la classe. Mon esprit ne faisait pas attention à ça, mais plutôt à ce que j'avais vu.

Durant toute la matinée, mes pensées étaient tournées vers cette vision.
La sonnerie avait retenti, mais je ne voulais pas me rendre dans la cour. Malheureusement, mon professeur n’avait pas accepté mon intrusion et me fit sortir de la classe comme tous les autres.
Les enfants s’amusaient à faire une ronde autour de moi, ils chantaient une chanson sur mon compte

« Saleté de poubelle, tu pues toujours autant. Retourne chez toi pour que nous ayons une journée plus belle, c’est ainsi qu’en chantant nous nous te disons va-t-en. Pour nous le plus beau des cadeaux, c’est que tu meurs un jour. La la la la, la la la la. C’est que tu meurs un jour! La la la, la la la. »


Chaque mot, me faisait une blessure. Leurs rires, leurs sourires, tout me faisait souffrir. Je souhaitais que tout ça cesse, oui je le voulais ardemment dans mon cœur. Je promis qu’ils s’en mordraient les doigts, oui qu’ils payeraient de leur méchanceté gratuite.
C’est là que j’ai cru voir une forme dans les buissons, en face de nous. Je sentais un regard sur moi, il pesait sur mes épaules. J’en avais même ressenti des frissons dans le dos.
Cela devait être mon imagination, pourtant...Mon instinct me criait de partir d'ici, d'aller me cacher à la maison. Je ne l'ai pas fait, pour ne pas avoir des soucis avec les professeurs, et potentiellement mes parents. Si seulement je l'avais écouté...

Ils avaient perdu l’envie de chanter, et s’en allèrent jouer à un autre jeu, me laissant seule au beau milieu de la cours. Je ne savais pas si je pouvais bouger, je sentais toujours ce regard sur moi. J’avais peur, mais je devais partir, alors mes jambes bougèrent et se dirigèrent à l’opposé des buissons. Sans chercher de réel but, je me réfugiais près de la porte qui menait à l’intérieur de l’école. Mes jambes contre moi, je me balançais, attendant que la récré passe.


De retour en cours, je ne tournai pas une seule fois le regard vers l'extérieur. Je ressentais un grand froid, pourtant personne dans la classe n'avait l'air de ressentir le changement de température. Il y avait d'autres élèves en tee-shirt. Je n'avais pas enlevé ma veste, ni mon écharpe. Ce qui n'était pas passé inaperçu aux yeux de mon professeur. Il me fit les enlever, sans me laisser le moindre choix, je grelottais fortement sur ma chaise. Mes grelottements firent bouger ma chaise, créant quelques légers grincements.
Les deux filles derrière moi se plaignirent, et déversèrent leur colère sur moi. Elles prirent par derrière mes cheveux et les coupèrent d'un coup sec de ciseau. Je me retrouvais avec un gros décalage dans mes cheveux longs. Les autres ne perdirent pas l'occasion de s'amuser à leur tour, et ils jetèrent des boulettes de papiers sur mon bureau. Quand le professeur se retourna, sa seule réaction fut :

« Faîtes moins de bruit voulez-vous ! Mademoiselle Jeckuns, je vous ai déjà dit cent fois de ne pas vous amuser avec le papier ?! Ce n'est pas possible de ne pas savoir s'arrêter, vous devriez prendre exemple sur vos jeunes camarades. »

Je baissai la tête, je n'allais pas me défendre, puisque cela ne servait à rien. Le seul geste que je fis, fut de toucher l'endroit où elles avaient coupé. Je sentis le vide, un si grand vide...
Le professeur se retourna, Olivier se leva, prétextant jeter quelque chose. Il passa près de moi, me donnant un coup derrière le crâne à l'aller et sur le front au retour. J'avais mes dents qui mordaient ma lèvre inférieure. Je voulais que ça s'arrête....Que tout ça puisse se stopper, une fois pour toute.


Le midi, je mangeais sans appétit. J'avais une boule au ventre. J'étais dans mon coin habituel, la table la plus proche de la sortie. Tu le sais que c'est purement stratégique , juste pour m’effacer le plus possible pendant le temps du déjeuner. Par chance beaucoup d'enfants ne mangeaient pas à la cantine, mais chez eux, il y avait moins de chance qu'on vienne m'embêter. Normalement, j’avais la paix à ce seul moment de la journée. .
Mais une des nombreuses pestes qui prenaient plaisir à me tourmenter, fit son apparition et renversa son verre d'eau dans mon assiette. Son rire cristallin s'était élevé jusqu'à mes oreilles et celles des autres enfants. Mes vêtements furent tâchés d'un mélange d'eau et de la sauce de mon plat. Je n'avais d'autres choix que d'aller nettoyer avant que ça n'imprègne trop le tissu. Si je ne le faisais pas, mère n'aurait aucune pitié pour moi et une sanction tomberait.

J'entendais le bruit de mes pas dans le couloir vide. Tout le monde était occupé à manger, un bref moment de tranquillité. Je me dirigeais vers les toilettes, il fallait vite que je rince mes affaires. Pourtant, je prenais un peu plus mon temps que prévu. Je profitais d'être seule. Pouvoir me promener ainsi sans être insultée ou autre n'était pas chose courante. Je m'étais même permise de sautiller gaiement, sachant parfaitement que personne ne pouvait me voir. Enfin je pensais que c'était le cas...

Alors que j'étais presque aux toilettes des filles, la porte de celle des garçons claqua soudainement, me faisant sursauter. J'entendis de terribles cris résonner de l'autre côté de la porte, une sueur froide coula le long de mon dos. Je m'étais précipitée sur la première porte qui se trouvait près de moi. Je ne m'étais pas retournée, je ne savais pas si c'était une blague de mauvais goût des autres, ou autre chose...
Malgré ma peur, j'étais obligée de ressortir du placard dans lequel je m'étais cachée.
J'ouvris prudemment la porte, laissant un espace pour que seulement mon œil puisse voir l'extérieur.
Rien, il n'y avait personne dans le couloir. Il n'y avait plus de cris non plus.

Tout mon corps tremblait, mais il fallait que je sorte. J'ouvris la porte en grand, et m'imposai au milieu du chemin pour me donner du courage. Toujours rien.
Mes yeux scrutaient le couloir, il n'y avait rien qui pouvait me dire s'il y avait eu quelqu'un.
J'allais me retourner pour partir lorsqu’un son de grattement vint jusqu'à mes oreilles. Il provenait de ma gauche, les toilettes des garçons. Cela n'arrêtait pas de se répéter, quelque chose qui grattait contre le bois de la porte. J'hésitais, c'était de là que j'avais entendu les cris.
J'avais le choix de faire comme si de rien n'était. Je n'avais pas besoin de sauter dans la gueule du loup. Mais...s'en m'en rendre compte, mes pieds bougèrent tous seuls
Je me rapprochai, doucement, pour coller ma tête contre la porte. C'est là qu'il se fit entendre, un appel à l'aide


« Aaaii...ddd..eeezz..moi... »


Je fis un bond en arrière. Une voix, c'était bien la voix de quelqu'un. Cette personne avait besoin d'aide, mais je restais figée sur place. J'appréhendais ce qu'il pouvait se trouver derrière cette porte. Si ce n'était pas une blague, alors qu'est-ce que je pouvais trouver derrière ?
La seule chose que je désirais, c'était m'enfuir le plus loin possible de cet endroit. Mais je n'avais pas le choix, il fallait que je l'aide. Avec tout le courage que je possédais à ce moment-là, je posai ma main sur la poignée et je l'abaissai

Je savais qu'il y avait quelque chose de bizarre derrière. Mais je ne m'attendais pas à ce que je vis...
J'ai du mal à l'écrire...
C'était juste horrible. Les mots me manquent, d'autant plus maintenant que j'essaie de décrire cette affreuse vision.

Derrière cette porte, se trouvaient des enfants de ma classe. Je les connaissais tous, puisqu'ils étaient ceux qui me menaient la vie dure depuis tant de temps.
Kyle, Julia, Olivier, Mattis, Jordan, Léa, Mina, Paul, Yanis.
Ils étaient tous là, à terre, morts.

Leurs corps étaient à chacun charcutés avec violence, et leur sang se déversait sur le carrelage, créant une marre rougeâtre. Les filles avaient les cheveux dans un terrible état , comme si on leur avait arraché plusieurs mèches à main nu. Ces dites mèches reposaient tout autour du corps respectif de leur propriétaire.

Je pouvais voir du papier toilette dépasser de la bouche de Kyle, il avait dût être étouffé avec. De la bave encore fraîche coulait du coin de ses lèvres.
Olivier avait le pantalon baissé, les fesses relevées , des détritus sortaient de son trou, au-dessus de celui-ci il y avait écrit en toutes lettres de sang: POUBELLE
Plus loin Paul et Yanis avaient leurs mains jointes, leur tête avait fait un tour de 360 degrés vu la torsion de leur cou, dont la couleur de leur peau avait viré au violet. Leurs ventres étaient ouverts tout le long, laissant à l'air libre leurs boyaux.
De l'autre côté, Mattis se tenait dans une position incompréhensible, complètement tordu, les bras cassés, les pieds rentrés vers l'intérieur du corps.
Jordan avait réussi à se traîner avec les forces qui lui restait pour s'approcher le plus possible de la porte, tentant ainsi de prévenir n'importe qui de les aider. Mais il n'avait pas survécu à ses nombreuses blessures.

Leurs bouches étaient cousues de telle sorte, qu'ils affichaient tous un immense sourire. Leurs yeux exorbités se présentaient vers moi. J'avais l'impression qu'ils me regardaient, qu'ils disaient que tout ceci était de ma faute. Si je n'avais pas souhaité de vengeance...
Mon ventre était en train de rendre l'âme, mon air s'était bloqué dans mes poumons. Je ne pouvais pas respirer cet air macabre. Quelques haut-le-cœur me firent rendre le peu de repas que j'avais avalé.

Des larmes me montèrent au yeux, je ne pouvais pas en supporter plus.
Je tombai à genoux, déversant ma peine et ma peur de toute la journée. Mes yeux se relevèrent lentement, regardant une nouvelle fois ce spectacle sanglant, cette fois-ci je remarquai qu'il y avait quelque chose de particulier sur le mur adjacent aux toilettes.
Avec leur sang, quelqu'un avait écrit:


JE LES AI VUS, TOUCHER À MON BOURGEON DE PURETÉ
LE JUGEMENT EST TOMBÉ



Je reculai d'épouvante, essayant de me relever comme je pouvais dans la même lancée. Par maladresse mes pieds s'emmêlèrent entre eux , me faisant chuter en arrière. En tombant, je me cogna la tête contre le sol. Ma vue se brouilla, pourtant il était là, au fond du couloir.
Je n'ai pas pu en voir plus, car je me suis évanouis à cause du choc.Je pus juste sentir un immense froid m'envelopper complètement.

Mes yeux s'ouvrirent d'un seul coup, je bougeai automatiquement pour me mettre en sécurité. Mais l'endroit où je me trouvais arrêta mon entrain. Je n'étais plus dans le couloir mais à l'infirmerie. Couchée sur le seul lit de l'école. L'infirmière se trouvait derrière son bureau, le visage tiraillé par le malaise. En me voyant réveillée, elle se précipita sur moi. J'eus un mouvement de recul, plaquant mon dos contre le mur. Je tremblais de tout mon corps, les larmes revinrent de plus belles.

Elle n'arrêtait pas de me poser des questions par rapport aux morts. Je n'arrivais pas à lui dire d'arrêter, ma voix restait bloquée au fond de ma gorge. Mon regard n'arrivait pas à lui faire comprendre ma profonde détresse. Elle me secouait les épaules comme si j'étais un simple défouloir. Tout ce qui émanait d'elle, c'était de la haine, pure et profonde. Je ne pouvais pas savoir si elle était dirigée juste envers le tueur, ou moi...Quand enfin elle me lâcha, je la poussai pour m'enfuir. Je courus à en perdre haleine. Mes épaules me faisaient souffrir, elle m'avait laissé des marques.

Même si j'avais pu parler, je n'aurais pas pu tout raconter...Comment pouvait-on me croire?
N'importe qui dirait que je suis une menteuse, et que tout ceci était un mensonge.
Toi tu me crois n'est-ce pas?...Hein que tu me crois?...Oui tu me crois, ça me rassure.

Ceux sont des policiers qui vinrent me retrouver dans l'école. Je m'étais cachée sous mon bureau, tremblotante. Ils voulaient à leur tout me poser des questions. Mais je n'arrivais toujours pas à sortir le moindre son.
Les parents furent tous appelés en urgence pour revenir chercher leur enfant respectif. Ils avaient peur que d'autres horreurs arrivent. Autant les pères et les mères des victimes pleurèrent à chaudes larmes la mort de leur enfant décédé. Tout le monde était choqué par un tel acte de violence, d'autant plus violent sur des jeunes enfants.

Malgré l'appel, aucun de mes parents ne vint me chercher. Un professeur a dû me ramener en voiture à la maison. Pendant le trajet, il essayait de me faire parler, mais rien n'y faisait, ma langue restait collée contre mes dents. Je regardais défiler le paysage, dés qu'il y avait une ombre d'homme à un endroit, je fermais les yeux. Je ne me sentais pas en sécurité.

Possédant mes propres clés, il me laissa devant la porte d'entrée. Attendant que je l'ouvre et rentre à l'intérieur sous sa surveillance.
Enfin à l'intérieur, je fermai à double tour la porte et je courus jusqu'à ma chambre. Tu as dû m'entendre depuis ta cachette.
J'avais tellement peur que j'étais dans l'obligation de me cacher dans mon placard comme à chaque fois que je fais des cauchemars.

T'avoir ouvert sur mes genoux, ma lampe de poche allumée et un crayon à la main pour pouvoir te parler me rassure plus que tout autre chose...
Pour la première fois, je désire de tout mon cœur qu'ils rentrent du travail. Même si tu es avec moi, j'aimerais bien entendre la télé allumée sur l'émission quotidienne de père. Et le bruit que fait le couteau de mère qui s'abat sur les légumes.


Cette ombre...Non...Cet homme. C'est lui qui a réalisé tout ça. Je ne voulais pas qu'ils meurent je n'y suis pour rien...Pitié je ne veux pas être responsable de ça, je ne veux plus voir leur visage, leur corps.
Je veux tout oublier...





Je viens d'entendre quelque chose. Il n'y a personne pourtant à part moi dans la maison.
Non , non , non , non , non. Quelqu'un monte les escaliers, marche par marche. Je ne peux pas sortir du placard, sinon ça ferait trop de bruit.
Cela se rapproche de ma chambre, non...Pourquoi moi ?



La porte vient de s'ouvrir.




Il y a deux pieds en face de la porte du placard .






Le policier venait de finir la lecture de ce journal intime. Celui retrouvé dans la chambre de la petite Chloé, 9 ans. Disparue depuis maintenant 3 jours, il n'y avait pas eu une seule trace d'effraction sur la porte d'entrée ou sur les fenêtres de la maison. Chacun pensait qu'elle s'était juste enfuie de chez elle, à cause du mauvais traitement qu'elle subissait chaque jour, autant à l'école qu'à la maison. Une assistante sociale avait prévu de venir voir la petite dans la semaine , mais désormais il n'y avait aucune piste de la petite.
Le dit policier, après avoir lu les pensées les plus profondes de la jeune Chloé se sentait vraiment perdu, il ne savait plus quoi penser de cette histoire. Si ce qu'elle avait écrit était vrai, alors qui était cet homme qu'elle venait de citer plusieurs fois dans ses dernières pages? Était-il vraiment celui qui avait fait le massacre à l'école primaire du coin?
Il posa le cahier sur le bord d'une table, trop concentré dans ses pensées pour voir qu'il allait tomber.
Il tomba face contre terre, le policier souffla un bon coup et le ramassa. En le tournant il remarqua qu'à la fin du cahier se trouvait quelque chose d'autre. Il y alla et ouvrit grand ses yeux en lisant les mots écrits au feutre noir.


Je l'ai trouvé, mon jeune bourgeon de pureté.



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L'homme s'arrêta , incertain. Il lui était difficile de se repérer dans ce décor décadent. Tout était trouble à ses yeux, rien ne semblait réellement exister. Sa vision se remplissait de brouillard. Rapidement les ténèbres l'engloutirent, le laissant sans moyen de se diriger.


Il criait, encore et encore, suppliant de l'aide. N'entendant rien autour de lui, la peur commença à s'insinuer au fond de lui, crépitant du fond de son estomac, pour se promener vers les limbes de son cœur. Sa voix s'intensifia, proclamant haut et fort sa détresse.


Après quelques minutes d'affolement, il décida de se reprendre en main. La panique ne devait pas le désarçonner de sa conscience. Il était le chef de son être, et il le resterait.


Par tâtonnement du sol, il rampa vers l'inconnu. Son chemin continua ainsi, à la vitesse d'un animal blessé. Il fallait qu'il avance, c'était une décision inévitable s'il voulait survivre. Il ne pouvait plus s'arrêter, tel était son destin.


Ses mains se rappaient continuellement contre les quelques objets qui jonchaient le sol. Des picotements se propageaient dans celles-ci, des petits débris s'étaient plantés dans sa peau. Son sang coula doucement des plaies.
Il écouta attentivement les alentours, mais rien n'arrivait à ses oreilles. Était-il vraiment seul ? Comment savoir ?
Malgré sa cécité, il ressentait une présence. C'était comme si elle se tenait juste derrière lui, le jugeant de toute sa hauteur.


Fuir toujours fuir, plus vite, ne pas faire attention à la douleur. Essayer par miracle de ne pas se cogner contre un rocher ou autre. Par malchance, il se retrouva au bord d'une falaise et tomba sans pouvoir espérer se rattraper.


Une chute infinie; un choc violent; des larmes traîtresses et un léger liquide carmin sortant de l'embrasure de ses lèvres. Le souffle coupé, il devait vite respirer !
Le choc le rendit insensible, le temps d'une seconde. Mais la douleur fit son chemin et le frappa brutalement. Ses os s'étaient brisés , un atroce hurlement s'éleva.


La souffrance était la seule chose qui ressortait de son corps. Pourtant, malgré ce qu'il venait de traverser, il continua, s'entortillant comme il le pouvait pour se redresser. Sa mâchoire se contracta, ses dents grincèrent. Sa carcasse s'agita tel un mort-vivant, ses membres ne cessant pas de trembler. Sa main droite était désormais hors d'usage.


Cela avait l'air impossible, une folie pure, il allait à sa perte en continuant ainsi. Mais plus rien ne pouvait l'arrêter.


Son ventre se contracta , le faisant vomir plus de sang qu'il ne perdait déjà. Il ressemblait à une fontaine rougeoyante, faisant ruisseler sur le sol la vie elle-même. Son aveuglement, l'empêchait de voir le spectacle qui se déroulait. La déchéance d'un être humain, qui désormais se retrouvait en bas de la chaîne alimentaire, n'étant plus qu'un bout de viande saignant.


Douce fut la descente vers les enfers, tendre fut la capitulation de l'esprit torturé.
Chaque mouvement, lui arrachait des supplications, toutes différentes les unes que les autres.
La hargne de vaincre n'était plus au stade d'une simple fuite, ceci comptait désormais comme un combat. Montrer qui était le plus fort entre lui et ce qui le poursuivait.


Ô grands étaient ses rêves, ses espérances, ses souvenirs. Ceux-ci n'étaient plus que poussière dans l'instant présent.
Écraser pour dominer, dominer pour gagner, telles étaient les règles de l'humanité.
L'homme ne possédait plus rien. il n'était plus qu'une inqualifiable créature.


Par surprise, sa jambe se fit tirer en arrière, lui faisant perdre le peu d'avance qu'il avait réussi à prendre dans son piteux état. Son corps était écrasé sous un poids dont il ne connaissait pas la provenance. Il ne sentait plus ses membres. Ils ne semblaient plus être raccordés à lui.


Il cria qu'on le lâche, qu'on ait pitié de sa pauvre âme. Aucune réponse ne lui fut accordée. Ce silence le terrifia. Bien plus que n'importe quelle réponse. Il ne cessait de gesticuler tel un vers de terre.


Un coup sec lui brisa la nuque, achevant enfin sa lutte acharnée. Sa tête retomba mollement sur le sol, sa langue pendante. Ses yeux étaient encore humides par les larmes.
Mais plus aucune lueur de vie ne ressortait de ceux-ci.



Cette chose qui le poursuivait, n'était autre que vous cher lecteur. Vous qui ne cessiez de l'observer avec insistance, essayant de l'arrêter par n'importe quel moyen. Poursuite ayant mené jusqu'à l'irréparable. Ne soyez point surpris. Ne le sentiez-vous pas au fond de vos tripes? Sa peur qui ravissait vos papilles dans un pur délice. Cette puissance divine que vous ressentiez en le malmenant.

Il était la souris et vous le chat.

Vous n'avez pas réfléchi une seule seconde à lui confisquer sa vue; ses membres; sa vie. Peut-on vous qualifier de monstre? D'insensible? D'inhumain?

C'est à vous de répondre à cette question.

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Doux sentiments, des délices pour n'importe quel cœur.
Murmures près de l'oreille, les poils s'hérissant de toute leur hauteur.
Souffle chaud se rependant dans la pièce, la tête se tourne une fois de plus.
Battements de cils, respiration coupée, un relâchement total.

Un bruit contre la fenêtre, venant du terrible vent.
Entouré de noirceur, le sommeil s'étend.
Des gestes confus, embrouillés par un rêve.
Découverte inattendue, une intense surprise.

Les regards se croisent, rougeurs apparentes.
Un sourire, indéchiffrable et irremplaçable...
Toucher avec tendresse, apparition des frissons.
Singularités, équivalences, intentions.

Silence absolu.

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1

Petit oiseau qui vole haut dans le ciel. Prends mes espoirs avec toi.
Emmènes les loin d'ici, qu'ils puissent grandir dans les mains d'autres personnes.
Qu'ils éclosent en plein soleil, chantant en chœur des berceuses aux tout-petits.
Que le ciel s'ouvre en leur présence. Chaque goûte d'eau explose en leur contact.
Propulsant dans l'air, leur parfum de souvenirs d'enfants. Des rires se répercutant entre les murs.
Resurgissant du passé pour nous tourmenter.
Ô ancien bonheur disparais de nos mémoires. Puisses-tu nous laisser enfin en paix.
Pour que nous ayons la chance d'avancer, vers ce qu'on nomme Futur.



2

Je laisse le Temps emporter chaque chose qui me tient au cœur.
Pourquoi devrai-je le combattre ? Je ne possède plus la force de ma tendre jeunesse.
Il m'a volé mon énergie, ma vue, mon ouïe. La parole est la dernière survivante de ce massacre.
Mais pour parler à qui ? Aux murs ? Foutaise.
Plus aucunes personnes vient me voir depuis des années. On m'a oublié, mon souvenir est enterré avec mes proches. Ils sont tous tombés, un à un.
Me laissant seul dans ce lit.
Sa cousine la mort me regarde, fixement , me dévorant du regard. Je la sens s'approcher de moi.
Je ne peux voir son visage, mais je l'imagine, déformé par le sadisme. Suant la joie de me voir dans cet état.
Deux ennemis de l'humanité. Tous deux , debout, observant l'horizon. On sera toujours à leur merci.
Cessez de vous débattre, plus vite ce sera fait, plus vite la liberté sera votre. Conseil d'ami.


3

Un soir, pendant une nuit d'été , un papillon voltigeait difficilement. Son heure était venue de mourir.
D'un dernier effort, il réussit a voler jusqu'à une fenêtre entre-ouverte d'une maison.
Le papillon attendait patiemment que la mort vienne le chercher.
Mais une main, l'attrapa avec délicatesse. C'était un vieil homme, très âgé, les traits du temps étaient incrustés dans son visage.
D'une voix clair, il parla au papillon mourant
" Eh bien mon jeune ami , tu n'as plus d'énergie ? Ce n'est point grave, tu pourras bientôt voler indéfiniment. Si tu te sens seul pour ce long voyage, je me dévoue pour t'y accompagner. "
Il s'avança jusqu'à son lit, se coucha en prenant bien soin de ne pas l'écraser.
Il le posa délicatement sur sa poitrine. Tous les deux moururent cette nuit là.
Au loin de la maison, deux lumières s'en allaient côte à côte vers le ciel.

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Petit à petit l'ennui m'emporte dans les tréfonds de son amusement. Je l'entend rire de moi, me voir ainsi le fait jubiler. Au lieu de sortir , m'amuser, prendre des couleurs sous les rayons cuisants du soleil. Je reste cloîtrée dans cette chambre. Ses mains sont encerclées autour de mon corps, m'empêchant de faire le moindre geste. Ceci est si cruel de me laisser la possibilité de voir le dehors à travers la fenêtre. Malgré ça, quelque chose d'autre me retient ici. Une chose bien plus profonde.

Les autres s'inquiètent de mon absence , que je ne sois plus présente pendant les événements. Le manque d'envie est bien présent. Pourquoi manquer d'envie, alors que la seule chose que je souhaite c'est d'être divertie? Peut-être bien que la cause est simple. Comment le savoir? Comment en être sûr ?
Facile, tester le divertissement à la source même. Je ne ressens pas d'envie d'aller vers eux, car cela ne m'intéresse pas. Est-ce les personnes, où la soirée qui ne m'intéresse point ? Une question assez difficile. Vu que les deux réponses sont forts possibles. Eh bien, je n'en n'ai que faire, même en ayant la réponse rien ne changera.

Je continuerais à rester enfermée. Cela doit être mieux pour tout le monde.
Oh, cela est bien étrange. Je ne me souviens plus du pourquoi je suis ici...Ah oui, je m'en souviens désormais. Les gens m'ont oubliés depuis longtemps. Cette inquiétude de mon absence, a disparut depuis des lustres. Je ne suis plus qu'un fantôme dans leur mémoire.
On a passé mon tour, ils ne viennent plus me nourrir. Ceci est compliqué, de prévenir quelqu'un, quand tu as un tube enfoncé dans la gorge. Depuis longtemps ma perfusion est vide, ma soif est des plus abominables. Mon estomac doit avoir une forme particulière à force de se rétracter.

Que vois-je ? Une nouvelle personne vient de se montrer. Tu es venu me chercher n'est-ce pas ? Viens me divertir un tant soit peu !

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Tant de temps a passé...Jusqu'à ce que mes yeux s'assèchent au grès du vent. Pas à pas, je montais chaque jour ces marches. Qui me conduisaient là où tu étais mort. De la main d'un mangemort, tu trépassas. Sans bruit, sans cri, je vis l'étincelle de vie s'éteindre au fond de tes yeux ambrés. Je ne sus quel sentiment fut le plus présent à ce moment là. De la haine, de la tristesse, de la colère, du désespoir? Va savoir. Pour te montrer mon amour, je venais voir l'endroit où reposait ton corps pour la dernière fois. Le corps de l'homme que j'aimais, un simple corps qui est à ce jour enterré. Mais, à mon sens, ton esprit est toujours dans cette tour. Et non dans ce cercueil moisi, laissant les vers de terre te ronger la peau en décomposition. Cette magie que tu admirais tant, s'est retournée contre toi. Tu t'entraînais tant pour tous nous protéger. Pourtant, tu es l'un de ceux qui sont tombés les premiers.

De ce jour-là, le seul souvenir qu'il me reste, c'est celui de ta mort. Peut-être bien que c'est le fait de t'avoir perdu, qui me fit oublier cette nuit sanglante. Par les récits, j'étais une vraie furie, massacrant chaque adversaire sans ménagement. Ma précieuse baguette était recouverte de divers sang, mon visage déformé par mes nombreuses émotions. Je crois bien que par inadvertance, j'ai tuée un ou deux alliés. Quand bien m'en fasse, je ne supportais aucune personne dans ce château. Tu étais le seul qui comptait.

Je peux passer pour une fille sans cœur. Alors que toi, tu trouvais des bons côtés que je n'imaginais point. Tu prétendais haut et fort que j'étais la fille la plus attentionnée dans cette école. Dés notre première rencontre je savais que tu étais une personne formidable...


2 ans plus tôt :

Depuis près d'un mois, je montais la tour d'astronomie pour régaler un ami que je venais de me faire. C'était un petit oiseau bleu, qui s'était accidentellement cassé l'aile droite. Sans hésitation j'avais pris soin de lui. J'appréciais beaucoup les animaux, au moins eux ne me compliquaient pas la vie. En montant ces marches, je m'autorisais à sourire. Puisque personne ne venait vers ici, beaucoup trop de fainéants.

Alors que j'allais appeler mon ami, je vis le dos d'une personne. Un garçon, n'étant pas petit, ni un géant. Se tenant là, devant le nid que j'avais confectionnée minutieusement.

<< Qui es-tu? Dis-je de ma voix froide

Le garçon se retourna, surpris d'entendre une voix. Il tenait dans ses mains mon ami. Celui-ci n'avait pas l'air à l'aise dans cet endroit. Je m'approchai et le lui arrachai presque des mains.

Wow, attention tu vas lui faire mal.

C'est toi qui dis ça, il ne faut pas le toucher. Tu as pu bouger son aile.
Oh non je ne souhaitais pas ça!

Fallait réfléchir avant. >>

Je n'avais pas trop observé à quoi il ressemblait. J'étais obnubilé par l'état de l'oiseau. Quand je relevai la tête pour faire une remarque. Je coulai dans ses yeux d'une couleur ambrés. Il avait l'air inquiet pour l'animal. Je remarquai qu'il venait de la maison Poufsouffle. Une maison à qui je n'avais jamais accordée grande importance. Tous ceux qui étaient dans cette maison, étaient bien trop gentil et niais pour moi. Mes paroles offusquaient bien trop les gens, il faillait un esprit solide avec moi.

Il commença à gesticuler sur lui-même, attendant que je reprenne la parole. Sûrement le fait que je le fixe le gênait. J'en avais que faire qu'il le soit véritablement ou non.

<< Je vais devoir me répéter apparemment... Qui es-tu?

Oh, euh, je suis Léandre Nirrez. Et toi ?

Aucune chance que je te dise comment je m'appelle. Maintenant, tu ne vas plus jamais venir ici c'est clair?

Je ne savais pas que l'école possédait un deuxième directeur. Le château ne t'appartient pas.

Peut-être bien qu'il n'est pas à moi. Mais je venais ici bien avant toi.

On peut partager ! N'est-ce pas une merveilleuse idée ?

Partager? Comme si j'avais que ça à faire.

Eh bien, tu partages bien ton temps avec un oiseau, tu peux bien partager un endroit avec un autre élève.

Si tu avais réfléchis au moins cinq secondes. Tu pourrai comprendre, que si je viens dans un coin tant reculé. Ce n'est pas pour faire ami-ami avec les gens, mais pour rester seule.

C'est triste de rester seule...Désormais tu ne le seras plus!

As-tu au moins écouté ce que je viens de dire.

Oui, bien entendu ! J'ai 10/10 sur les deux oreilles.

Ce n'est pas ta capacité à écouter dont je doute, mais la possibilité que tu possèdes un cerveau.

Tu as beaucoup d'humour ma parole! Ceci est beaucoup plus agréable que ceux qui n'en n'ont pas!

Moi de l'humour? Est-ce une blague de mauvais goût? Personne dans cette école ne souhaiterait être mon ami.

Sauf moi, je suis unique dans mon genre. Un collector Madame attention! Si je ne puis recevoir ton nom, pourrais-je savoir ton prénom ou un surnom quelconque?

Ne reviens jamais c'est très bien.

C'est noté! Un peu long, mais drôle. Oh mince ! Il est déjà cette heure ! J'ai cours de métamorphose ! Je dois te laisser '' ne reviens jamais ''. Je reviendrai demain !

J'espère que quelqu'un te transforme en poussière.

Quelle magnifique preuve d'amitié! >>



Dés lors, tu revenais, redoublant d'effort pour que je t'accepte. Je n'ai jamais su pourquoi tu faisais tout ça. Au départ, je pensais que c'était une farce que tu concoctais avec d'autres amis. Mais plus les jours défilaient, plus je ne voyais pas l'intérêt d'une farce. Même si j'appartenais à la maison Serpentard, tu continuais à me sourire gaiement. J'avais beau te parler avec une langue de vipère, tu retournais toujours à l'assaut. Muni de ta joie de vivre et de ton merveilleux sourire.

Tu me demandas, si tu pouvais prendre soin de mon ami toi aussi. Ce fut au bout de quatre jour que j'abdiquai avec regret. Après tout, tu ne me laissais pas trop la paix. Toujours à venir me supplier près de mes oreilles. Cela en devenait insupportable à vivre.

Puis vint le jour ou on relâcha mon ami. Son aile allait beaucoup mieux. Il déploya ses ailes avec hésitation. Ses plumes étaient de plusieurs bleus différents. Il fit quelques battements, pour ensuite se percher sur la rambarde. Il fixa l'extérieur, puis se tourna vers nous deux. Sa tête s'abaissa, je pris ça comme un remerciement. Quelques secondes plus tard, il s'envolait vers le ciel.
Je pensai que tu allais me laisser désormais. Mais au lieu de ça, tu t'accrochas à notre ''amitié'' que tu avais l'air de chérir énormément. Je n'avais aucune envie d'avoir une amitié avec toi. Au fond de moi, je ressentais des choses que je ne savais assumer à l'époque.

Pendant ces deux années, tu réussi à te créer une place à mes côtés. Et la mienne doit être de même à côté des tiens. D'un petit mot, tu arrivais à me détendre. D'un geste, tu arrivais à me remonter le moral. Quand tu prononçais mon prénom, je ressentais une pointe électrique traverser toute ma colonne vertébrale. Tu étais spécial à mes yeux. Et tu l'es toujours …
C'est pour cela, que je décidai, de mettre fin à mes jours. Toi la seule personne qui s'intéressa un tant soit un peu à moi. Toi la personne qui réalisa l'exploit de me faire sourire. Toi, la personne qui m'était la plus précieuse en ce monde. Je vais enfin pouvoir te rejoindre.


Je venais de monter l'escalier. Dehors, le ciel bleu resplendissait. Ayant à ses côtés le soleil qui régnait au dessus de nos têtes. Je passai une jambe après l'autre. Mes mains tenaient la rambarde. C'était une magnifique vue qui se montrait à moi.
Alors que j'allais passer à l'acte. Je sentis deux pattes se poser sur mon épaule. C'était mon ami, qui était revenu me voir une dernière fois. Je n'eus pas l'impression qu'il voulait me retenir, il devait me comprendre. C'est là que je remarquai un détail qui me frappa. Encore cette couleur si particulière, se trouvant près de moi.
Une seule larme coula le long de ma joue. Mes lèvres venaient de former un sourire. Je détendis mes mains, et fermai mes yeux. Je sentis que je tombais, et que je continuerais à tomber à l'infini.

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Résumé :


Des jumeaux, Lily met au monde des jumeaux. Mais après l'attaque de Voldemort, James et elle font une erreur qui pourrait changer la face du monde magique.


Genre: Aventure , Humour
Nombre de chapitre : 11
Personnages: Harry Potter
Complet

Mon avis :

J'ai prit beaucoup de plaisir à lire cette histoire qui ne comporte pas beaucoup de chapitre. Ne vous laissez pas duper par le petit résumé. Quelque chose de plus grand se trouve derrière ^^ .Passez une bonne lecture !

Chapitre 1