S'abonner à ce blog

embleme_37

L'alchimie considère le lion comme un symbole de la substance originelle, le soufre ou Sulphur, ou comme le "lion rouge" de la pierre philosophale achevée.
Le lion vert symbolise un solvant très actif.

5damelalic​ornemusede​cluny


Des alchimistes voyaient dans la licorne une image de l’hermaphrodite ; il semble que ce soit un contresens : au lieu de réunir la double sexualité, la licorne transcende la sexualité.
Elle était devenue au Moyen-Âge le symbole de l’incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la Vierge Marie.

Dans la sixième et dernière tapisserie de la célèbre série du musée de Cluny, intitulée La Dame à la Licorne, la jeune femme, qui se dépouille de ses bijoux, est sur le point d’être absorbée par la tente, symbole de la présence divine et de la Vacuité.
L’inscription qui surmonte la tente, A mon seul désir, signifie que le désir de la créature se confond avec ce-lui de la volonté qui la dirige.
Dans la mesure où notre existence est un jeu divin, notre part devient libre et active, lorsque nous nous identifions au marionnettiste qui nous crée et nous dirige.
Alors, le soi se dissout pour faire place au grand Soi, sous la tente cosmique reliée à l’étoile polaire.
La Dame, par sa grâce et sa sagesse (Sophia-Shakti-Shekinah, c’est-à-dire : celle qui est sous la tente) autant que par sa pureté, pacifie les animaux antagonistes du Grand Oeuvre : le lion qui symbolise le soufre, et la licorne, le mercure.
Souvent, la Dame est assimilée au Sel Philosophal. Elle est très proche de la parèdre d’Hevajra dont le nom signifie celle qui est sans ego.
La corne dressée de la licorne, qui symbolise la fécondation spirituelle et qui capte le flux de l’énergie universelle, est en accord avec le symbolisme axial de la tente, prolongé par une pointe avec le symbolisme des deux lances, de la coiffure de la Dame et de sa suivante, surmontées d’une aigrette, et des arbres qui célèbrent les noces mystiques de l’Orient et de l’Occident (le chêne et le houx répondant à l’oranger et à l’arbre à pain).
Les armoiries, de gueules à la bande d’azur chargée de trois croissants montants d’argent, suggèrent que ces tapisseries ont pu être commandées par le prince Djem, fils infortuné de Mahomet II, le conquérant de Constantinople.
L’idéal de ce Prince, longtemps captif dans la Creuse où furent retrouvées ces oeuvres, ne consistait-il pas à réunir la Croix et le Croissant ?
L’île ovale qui supporte la scène est découpée comme un lotus, symbole de l’épanouissement spirituel.
Quant au petit singe assis devant la Dame, il désigne l’alchimiste en personne, le « singe de nature » veillant sur sa maîtresse, qui peut être assimilée à la Materia Prima.

La licorne figure dans maintes planches de traités alchimiques (Lombardi, Lambsprinck, Mylius, etc.).
Cette bête fabuleuse d’origine orientale, liée au troisième oeil et à l’accès au Nirvana, au retour au centre et à l’Unité, était toute destinée à désigner aux hermétistes occidentaux le chemin vers l’or philosophal - vers la transmutation intérieure qui s’effectue lorsque l’androgyne primordial est reconstitué.
En Chine, le nom de la licorne, Ki lin, signifie yin-yang...
Dame+%C3%A​0+la+Licor​ne+-+Mon+s​eul+d%C3%A​9sir


En alchimie, la licorne symbolise l'essence originelle Mercurius qui, unie au lion Sulphur, forme une unité d'un niveau supérieur.
Elle participe ainsi de la réalisation en soi de l'unité divine, puisque toute opération alchimique consiste à extraire le mercure et le soufre de la materia prima, et que c'est leur seule union qui peut donner naissance à de nombreux minéraux.
Jung rappelle d'ailleurs combien l'Evangile selon saint Jean, de ce point de vue, a fait passer les données de la philosophies naturelle dans le langage de l'Eglise.
D'autre part, en tant qu'elle est simplement "unicorne", la licorne renvoie dans l'iconographie et la pensée alchimiques à d'autres symboles animaux, tels que le scarabée et, parfois, le poisson, cependant que, comme "unicorne minérale", elle peut aussi désigner le vitriol.
Au total, comme elle indiquait spirituellement dans la symbolique chrétienne la conjonction majeure des opposés du Verbe et de la Nature, du phallus et de la Vierge, de Dieu et de la créature, elle réunit pour l'adepte ou l'ouvrier de l'athanor le symbole masculin de la corne et celui, féminin, qui est lié au thème de la coupe.
Elle est donc fondamentalement androgyne comme l'est Mercure lui-même, et comme doit l'être à la fin de l'Oeuvre le filius philosophorum, l'or potable, l'unité philosophale.

dyn001_ori​ginal_499_​753_jpeg_2​668973_c18​30c1cf07bb​63965c1a3c​5196df971

L'alchimie considère le lait, avec le sang, comme l'un des deux symboles des éléments originels, Sulphur et Mercurius.
Dans le Chymischen Lustgärtlein de Stoltzius ("Petit Jardin d'agrément chimique" - 1624), on trouve la prescription suivante : "Deux nobles ruisseaux aux eaux mêlées / de lait blanc et de sang rouge / que tu reconnaîtras pour bénéfiques / ... Ces deux éléments, si tu les cuits ensemble / te donneront beaucoup d'or lourd."
Le lait est ici un symbole du sperme : la théorie antique de la procréation croyait en effet que celle-ci résultait de l'union du sperme blanc, au flux menstruel, rouge.
Dans un autre contexte, la première planche du Rosaire des philosophes montre la fontaine de Mercure d'où celui-ci s'échappe par trois tuyaux afin de rejoindre l'eau, ou l'aqua permanens (mare nostrum) du bassin, et qui coule sous les trois espèces du lait de vierge (lac virginis), du vinaigre de source (acetum fontis) et de l'eau de vie (aqua vitae).
En réalité, il faut comprendre que ces trois principes n'en font qu'un selon le principe de l'alchimiste Rosinus qui déclare de Mercure : Triplex in nomine, unus in esse" ("Triple par le nom, mais un seul dans l'être" ).
Le lait de vierge est alors à la fois la promesse de l'"or potable", l'argent liquide et la liqueur divine qui désigne, en s'écoulant, le processus de transformation par lequel elle se transmute en demeurant principiellement la même.

etude-c

Trouver la mort de son ego dans le labyrinthe revient à accéder à la vie véritable. Processus de mort et de renaissance comme on le trouve avec les dieux "à passion" (Dionysos, Adonis, etc.), ou dans le déroulement du Grand Oeuvre alchimique.

L'image de labyrinthe a aussi servi pour désigner la quête de l'alchimiste qui ne peut réussir sans s'être lui-même centré ou sans bénéficier du "fil d'Ariane" que représentent l'enseignement et l'assistance des maîtres qui l'ont précédé.
Le labyrinthe est alors l'équivalent de l'Ouroboros, mais d'un Ouroboros en quelque sorte éclaté dont il faut réunir les morceaux afin de reformer l'unité primordiale.

La transmutation des métaux (au sens symbolique de l'alchimie) est une initiation exigeant une mort, un passage.
L'initiation opère une métamorphose.