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Or
Il est associé au thème de l’arc-en-ciel représenté comme un serpent qui se mord la queue : sans influence historique ou géographique possible, on retrouve ainsi la liaison de l’Ouroboros originel et terminal avec l’or des philosophes de l’alchimie, et avec la notion d’excrément primordial qui est aussi la materia prima qui doit être « digérée » par l’alambic ou dans le ventre symbolique de la Terre...
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En diverses régions, et notamment en Extrême-Orient, l'or est censé naître de la terre. Le caractère kin primitif évoque des pépites souterraines.
Il serait le produit de la gestation lente d'un embryon, ou de la transformation, du perfectionnement de métaux vulgaires.
C'est l'enfant des désirs de la nature. L'alchimie se contente d'achever, d'accélérer la transmutations naturelle : elle ne crée par la matière originelle.
Il va de soi que l'obtention du métal précieux n'est pas le but recherché par les vrais alchimistes, car si l'argile peut, selon Nagarjûna, être transmuté en or, Shrî Râmakrishna sait bien qu'or et argile ne font qu'un.
La couleur chinoise symbolique de l'or est le blanc, non le jaune, qui correspond, lui, à la terre.
La transmutation est une rédemption ; celle du plomb en or, dirait Silesius, c'est la transformation de l'homme par Dieu en Dieu.
Tel est le but mystique de l'alchimie spirituelle.

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Le jeu de l'oie, si familier dans les souvenirs d'enfance, a fait l'objet d'une interprétation ésotérique, qui le considère comme un labyrinthe et un recueil des principaux hiéroglyphes du Grand Oeuvre (Fulcanelli).
Les Contes de ma mère l'oie ont été aussi interprétés comme des récits hermétiques (Atlantis, n° 220, 125-140).

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C’est à l’idée de germe, mais de germe d’une vie spirituelle, que se réfère la tradition alchimique de l’oeuf philosophique.
Foyer de l’univers, il renferme dans sa coquille les éléments vitaux comme le vase hermétiquement clos contient le compost de l’oeuvre. Le vase, qu’il soit matras, aludel, cucurbite ou cornue, devait, comme l’oeuf, être couvé pour que son compost pût se transformer. La chaleur de la couvaison était entretenue dans un athanor ou fourneau alchimique... Le compost pouvait être distillé pour servir à la composition de l’élixir ou encore subir la transmutation en or ou en argent... Des produits du compost... doit naître l’enfant de la philosophie, c’est-à-dire l’or, c’est-à-dire la sagesse.

Un manuscrit hermétique anonyme, cité par E. Monod-Herzen, parle de l’oeuf philosophique en ces termes : Voici ce que les anciens disent sur l’oeuf : les uns l’appellent la pierre de cuivre, la pierre d’Arménie, d’autres la pierre encéphale, d’autres la pierre qui n’est pas une pierre, d’autres la pierre égyptienne, d’autres l’image du monde.
L’athanor, fourneau des alchimistes, était traditionnellement comparé à l’oeuf cosmique.
L’oeuf symbolise le siège, le lieu et le sujet de toutes les transmutations...

L'oeuvre au noir hermétique, qui est une mort et un retour au chaos indifférencié, abouti à l'oeuvre au blanc, finalement à l'oeuvre au rouge de la libération spirituelle.

En alchimie, la noirceur désigne la matière primordiale que l'on doit transmuter dans l'oeuvre en pierre philosophale.
Cette terre noire est donc aussi une terre fertile dont on doit extraire par opérations successives la fécondité cachée et l'esprit qui s'y trouve inclus.
Cette conception renvoie à l'origine même de l'alchimie en Egypte, la terre fertile : al-Kemiya.
Le travail de l'adepte commence d'ailleurs par l'oeuvre au noir, la nigredo, dispersion et dissolution, qui se fait sous le gouvernement de Saturne, dieu du plomb à transformer, mais surtout dieu de la mélancolie, c'est-à-dire, en grec de "l'humeur noire".
Cette mélancolie que le platonicien de Florence Marsile Ficin réhabilitera à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance en montrant que, si on en suit le juste cours, elle est la mère de la créativité : terre elle-même noire et fertile, condition première d'une assomption future, descente de l'âme en enfer qui permettra la renaissance.
Une correspondance s'établit ainsi entre les symboles de l'astrologie et de l'alchimie avec la réflexion philosophique, qui trouvera son héritière dans la psychologie de Jung : toute dépression est d'essence saturnienne, elle est le travail de la nigredo et renvoie tout autant aux passions des dieux incestueux (fils-amants ou frères-amants) comme Osiris ou Attis et Adonis.
L'oeuvre au noir se transmute alors en oeuvre au blanc, l'obscurité en lumière, dans des couples d'opposés qui se résument et se résolvent dans le mystère de la conjonction.
C'est peut-être la même fonction fondamentale qu'accomplit le treizième arcane du Tarot, la Mort, ou "arcane sans nom", qui dans sa noirceur affirmée clôt le cycle des douze premiers arcanes majeurs et introduit à celui des arcanes célestes : la mort y devient à nouveau le pouvoir de transformation où l'adieu à un monde signifie l'entrée dans un autre.

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Dans l'alchimie hindoue, le mica (abhra) est le complément du mercure (rasa). Il s'unit à lui comme l'ovum de Gaurî au semen de Civa : le produit de cette union conduit à l'immortalité.