S'abonner à ce blog

Pierre%20p​hilosophal​e

La pierre cubique à pointe est le symbole de la Pierre philosophale : la pyramide surmontant le cube figure le principe spirituel établi sur la base su sel et du sol.
La construction, pierre sur pierre, évoque évidemment celle d’un édifice spirituel.
Cette idée est longuement développée dans le Pasteur d’Hermas mais elle trouve sa source en deux passages de l’Evangile : celui qui fait de Pierre (Kephas) la pierre fondamentale de la construction ecclésiale (Matt., 16, 18), la première pierre de l’édifice ; celui qui, de Matt. 21, 42 à Luc, 20, 17), reprend le texte du Psaume 118 : la pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre de l’angle.
Cette notion de pierre angulaire, reprise par la Maçonnerie, est peu compréhensible si l’on n’opère la rectification que font aujourd’hui les traducteurs bibliques : c’est en réalité la pierre du faîte, c’est-à-dire la clef de voûte.
C’est la pierre de l’achèvement, du couronnement et le symbole du Christ, descendu du Ciel pour accomplir la Loi et les Prophètes.

Cette notion d’accomplissement du Grand Oeuvre s’applique exactement à la Pierre philosophale, d’ail-leurs quelquefois prise comme symbole du Christ.
Elle est le pain du Seigneur, écrit Angelus Silesius : On cherche la pierre de l’or (Goldstein), et laisse la pierre de l’angle (Eckstein), par laquelle on peut être éternellement riche, sain et sage (à noter qu’Eckstein a aussi le sens de diamant).
La pierre qui est l’Elixir de vie et qui, selon Raymond Lulle, régénère les plantes, est le symbole de la régénération de l’âme par la grâce divine, de sa rédemption.
Peut-on faire de l’or avec des pierres ? interroge ironiquement le commentateur du Traité de la Fleur d’Or.
Le Pao-p’ou tseu assure qu’on n’en peut tirer que le chaux.
Pourtant, le grand guru Nâgârjuna assurait la transmutation possible, par la vertu d’une énergie spirituelle suffisante.
Si l’or est l’immortalité, et que les pierres sont les hommes, toutes les méthodes d’alchimie spirituelle visent bien à cette opération.
La pierre de l’angle que je désire, écrit Silesius, est ma teinture d’or, et la pierre de tous les sages...


Dans l'iconographie alchimique, la "pierre philosophale" (lapis philosophorum) est le symbole de l'objectif ultime de la quête qui consiste en la transformation des métaux impurs en or.
Cette pierre est à l'évidence la pierre spirituelle, la pierre extraite de la materia prima, dégrossie et travaillée jusqu'à ce qu'elle devienne l'équivalent du Christ ainsi que la "pierre angulaire" du Grand Oeuvre.

phecc81nix​-1

Dans la symbolique alchimique, il est la destruction et la recomposition de la materia prima qui se transforme pour devenir pierre philosophale.
C'est en se reportant à la signification du phénix dans l'Egypte antique - tout en la réinterprétant à sa manière - que Dom Pernety écrivait au XVIIIe siècle, en le rapportant toujours au soleil, que "les Egyptiens feignaient que cet oiseau était rouge, qu'il était unique au monde, et que tous les cent ans il venait dans la ville du Soleil (c'est-à-dire Thèbes, ou Héliopolis), où il se fabriquait un tombeau d'aromates, y mettait le feu, et renaissait de ses cendres. Le Phénix n'est autre que le Soufre rouge des Philosophes".
D'autres alchimistes l'ont aussi comparé à la quintessence de nature ignée (Martin Ruland dans son Lexicon, 1612), à l'animal fabuleux Ortus qui réunit en lui les quatre couleurs de l'Oeuvre (le noir, le blanc, le rouge et l'or - dans les Symbola aureae mensae duodecim nationum de Michaël Maier), et qui correspond au lever du soleil (du latin orior, ortus : se lever, d'où vient aussi le mot orient : trouver "l'or des philosophes", c'est aussi avoir découvert son orient psychique et spirituel), et ils l'ont même parfois assimilé à la personne du Christ.
Le phénix est supérieur au paon par le jeu de ses couleurs : "L'oiseau phénix est plus beau que le paon ; le paon a en effet des ailes dorées et argentées quand le phénix les a couleur de hyacinthe et d'émeraude, et ornées des teintes les plus précieuses avec une couronne sur la tête", dit Nicolaus Caussinus, d'après Epiphane, dans le De Symbolica Aegyptorium sapientia - Cologne, 1623 ; le phénix est de ce point de vue la perfection atteinte du principe de transmutation que représente le paon.
Il est appelé "l'oiseau de cinabre" par l'alchimie taoïste où, en relation avec le sud, l'été et le feu, il symbolise le principe d'immortalité.
Au-delà de cet usage spécifique, le phénix est aussi, dans les images de la Chine traditionnelle, l'oiseau légendaire Feng-huang.
Comme pour la licorne, Ky-lin, les deux qualités originelles, le yin et le yang, se réunissent en lui, formant ainsi un tout malgré leur dualité.

Le+paon+so​rtant+de+l​a+cornue+-​+XVIII+%C2​%B0+si%C3%​A8cle
Dans le monde alchimique, la queue du paon (cauda pavonis) constitue, dans de nombreux textes ou images, le signe de la transformation visible de substances inférieures en substances supérieures ; elle symbolise aussi parfois un procédé qui a échoué, ne produisant que des impuretés (procédé symbolisé par la caput mortuum, la "tête de mort" ).

Wenceslas_​Hollar_-_T​he_bear_an​d_the_hone​y
En alchimie, où sa couleur est le noir, il apparaît aussi parfois comme la figuration des états initiaux du Grand Oeuvre, et correspond de ce fait à la materia prima.

Dans le registre de l'alchimie, l'ours correspond aux instincts et aux phases initiales de l'évolution. Sa couleur est le noir de la matière première.

L%2527ouro​boros
En alchimie, l'ouroboros symbolise un processus qui se referme sur lui-même et qui doit continuer, au cours du chauffage, de l'évaporation, du refroidissement et de la condensation d'un liquide, à l'affinage des substances.
Le serpent enroulé en cercle est alors souvent remplacé par deux créatures dont la gueule de l'une avale la queue de l'autre ; celle qui se trouve placée en haut symbolise la volatilisation, et c'est pourquoi on la représente sous la forme d'un dragon ailé.
A la confluence de l'alchimie et des spéculations philosophiques (inspirés par la tradition d'Hermès Trismégiste), l'Ouroboros désigne à la fois le principe et la finalité de l'Oeuvre, qui est la découverte de L'un, et, à la fois au-delà et en deçà de cet Un, d'un "Un-qui-n'est-pas", d'un "Néant suressentiel" dont surgit cet Un, au sujet duquel nous ne pouvons rien dire et pour lequel le symbole seul est parlant.
C'est dans ce sens qu'il apparaît par exemple dans le traité alexandrin d'alchimie appelé le Canon de Cléopâtre - longtemps attribué à tort à cette reine, mais qui se réclamait sans doute de ce nom pour mettre en scène l'idée de royauté spirituelle.