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LA-SIRENE-​JOHN-WILLI​AM-WATERHO​USE

Pour ce qui est de la transformation de la sirène-oiseau en sirène-poisson par l'imaginaire chrétien, on peut y retrouver un exemple des échanges entretenus avec les courants hermétistes.
Dans ses Demeures philosophales, Fulcanelli rappelle que la sirène est un grand symbole alchimique qui évoque "l'union du soufre naissant - le poisson - avec le mercure commun - la Vierge, c'est-à-dire le travail du Grand Oeuvre lui-même.
A l'image du travail alchimique auquel il correspond si profondément, on constate comme ces deux axes et les deux hybrides qu'ils comportent, évoquent le travail de transformation de la matière qui conduit à l'unité cosmique de l'Oeuvre - c'est-à-dire dans la transposition psychique des symboles, à l'unité de Soi.
La Petite Sirène d'Andersen qui, pour l'amour d'un prince, accepte de perdre sa queue de poisson pour aller danser avec de vraies jambes au prix de mille souffrances, ne symbolise pas autre chose, en fin de compte, que le prix à payer par la condition humaine pour transformer son animalité primitive (la materia prima) et accéder de la sorte à la pleine existence et à la verticalité : sortir de la grande mer de l'Inconscient, pour tenir les pieds sur terre en gardant la tête tournée vers les cieux.

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Combinaison, et partant neutralisation, de deux substances complémentaires, il est, outre leur produit final, formé de cristaux cubiques : c’est l’origine du symbolisme hermétique.
Le sel est la résultante et l’équilibre des propriétés de ses composants.
A l’idée de médiation s’ajoutent celle de cristallisation, de solidification, et aussi celle de stabilité, que précise la forme des cristaux...

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Le langage alchimique n'assimile pas le sel à la substance concrète que l'on désigne de ce nom, mais à un troisième principe originel avec Sulphur et Mercurius, qui présente la qualité "d'agripper" (cette idée est probablement apparue chez Paracelse en premier).
Le sal a encore d'autres valeurs symboliques, par exemple en tant que sal sapientiae, le "sel de la sagesse".

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Le sceau de Salomon forme une étoile à six branches, composée de deux triangles équilatéraux entrecroisés.
Cette figure est une véritable somme de la pensée hermétique. Elle contient d’abord les quatre éléments : le triangle la pointe en haut représente le feu ; le triangle la pointe en bas l’eau ; le triangle du feu tronqué par la base du triangle de l’eau désigne l’air ; à l’opposé, le triangle de l’eau tronqué par la base du triangle du feu correspond à la terre.
Le tout réuni dans l’hexagramme constitue l’ensemble des éléments de l’univers.
Si l’on considère les quatre pointes latérales de l’étoile, auxquelles on situe convenablement les quatre propriétés fondamentales de la matière, on voit se manifester les correspondances entre les quatre éléments et les propriétés opposées deux à deux : le feu combine le chaud et le sec, l’eau l’humide et le froid, la terre le froid et le sec, l’air l’humide et le chaud.
La variation de ces combinaisons produits la variété des êtres matériels.
Le sceau de Salomon apparaît alors comme la synthèse des opposés, et l’expression de l’unité cosmique, en même temps que sa complexité.
Le sceau de Salomon englobe aussi, toujours d’après les traditions hermétiques, les sept métaux de base, c’est-à-dire la totalité des métaux, ainsi que les sept planètes qui résument la totalité du ciel.
Au centre réside l’or et le Soleil ; la pointe supérieure est l’argent et la Lune ; l’inférieure, le plomb et Saturne ; les pointes de droite, en haut, le cuivre et Vénus ; en bas, le mercure et Mercure ; les pointes de gauche, en haut, le fer et Mars ; en bas, l’étain et Jupiter.
On pourrait multiplier le jeu des correspondances entre les éléments, les qualités, les métaux et les planètes, avec leurs diverses gammes de symboles, sur la base de cet hexagramme.
Toute la pensée et le travail de l’alchimie consistent à obtenir une transmutation de l’imparfait, qui se trouve à la périphérie, en une perfection unique, qui se trouve au centre et que symbolisent l’or et le Soleil.
La réduction du multiple à l’un, de l’imparfait au parfait, rêve des savants et des philosophes, s’exprime dans le sceau de Salomon.
Certains interprètes n’ont pas hésité à passer du plan matériel au plan spirituel et à voir dans le Grand Oeuvre de l’alchimie une ascèse et une mystique tendant à ramener un être, divisé entre ses multiples tendances, à l’union avec son principe divin.
D’autres voient l’union des principes masculins et féminin dans les deux triangles superposés...

Pour les alchimistes, le sceau de Salomon emblématise l'union du soufre et du mercure assemblés en un seul corps : c'est donc le hiéroglyphe de l'Oeuvre par excellence et de la pierre philosophale réalisée.
Fulcanelli l'observe ainsi à l'hôtel Lallemant de Bourges, et tout autant dans les roses étoilées à six pétales qui en sont la transposition architecturale dans les cathédrales gothiques (Sainte-Chapelle de Paris, portail de la Calende à la cathédrale de Rouen, cathédrale Saint-Jean à Lyon, etc.).
Cette figure radiée est aussi appelée l'Etoile des Mages qui rayonne à la surface du compost de l'alchimiste, c'est-à-dire au-dessus de la crèche où repose Jésus, l'Enfant-Roi.

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Les représentations du vieillard Saturne à la faux jouent un rôle très important dans la symbolique alchimique, car il y est associé à l'or.
De nombreux récits légendaires, qui datent de la Renaissance, racontent la transformation du métal gris et terrestre de Saturne, le plomb, en or solaire, après qu'une parcelle de la pierre philosophale a été versée dans ce plomb en fusion.

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Pour la pensée hermétique, aux yeux des chimistes vulgaires, Saturne est le plomb. Mais pour les Philosophes hermétiques, c'est la couleur noire, celle de la matière dissoute et putréfiée ; ou encore le cuivre commun, le premier des métaux ; ou le vitriol azoïque de Raymond Lulle, qui sépare les métaux.

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Le sang en alchimie désigne la solution rougeâtre qui résulte de la dissolution d’une substance auparavant solide...