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Nom donné au baiser qu'en signe de vassalité sorciers et sorcières imprimaient au sabbat sur le fondement du Diable, ou sur le masque qui le recouvrait parfois.
On devait reprocher aux chevaliers du Temple de se soumettre à cette sorte de rituel lors de leur admission dans l'Ordre, et, surtout, d'en approuver entre eux la pratique homosexuelle et fréquente.

A l'origine, assure une ancienne croyance, la Science était une et synthétique. Mais bientôt elle se scinda en connaissances vulgaires ou exotériques et en connaissances ésotériques ou réservées aux initiés.
Ces dernières et leurs applications ont reçu le nom souvent abusif de science occultes. Le mot occultisme désigne et l'étude et la pratique de ces "sciences" occultes qui, au XVIIIe siècle, faisaient rire Montfaucon de Villars : "Le sens commun m'ayant toujours fait soupçonner qu'il y a beaucoup de vide en tout ce qu'on appelle Sciences secrètes, je n'ai jamais été tenté de perdre le temps à feuilleter les livres qui en traitent... mais... de feindre d'être entêté de toutes ces Sciences, avec tous ceux que j'ai pu apprendre qui en sont touchés. J'ai d'abord eu plus de succès que je n'en avais même espéré. Comme tous ces messieurs, quelque mystérieux et quelque réservés qu'ils se piquent d'être, ne demandent pas mieux que d'étaler leurs imaginations et les nouvelles découvertes qu'ils prétendent avoir faites dans la Nature, je fus en peu de jours confident des plus considérables d'entre eux ; j'en avais toujours quelqu'un dans mon cabinet, que j'avais à dessein garni de leurs plus fantasques auteurs" (le Comte de Gabalis, Premier entretien).
Aujourd'hui, le recours aux "mages", aux devins, aux envoûteurs et aux voyantes, moins dangereux qu'au temps des poudres de succession et des messes noires de l'abbé Guibourg, connaît encore un plein succès.
Des statistiques difficilement contrôlables, il va de soi, font chaque année allusion au développement des consultations dans les "cabinets d'occultisme", portant sur les retours d'affection, les envoûtements et la nécromancie.
Elles démontrent surtout la pérennité des superstitions et la persistance de la crédulité populaire.

Etat intermédiaire entre la tentation et la possession proprement dite, l'obsession diabolique se présente sous une double forme.
Externe, elle atteint les saints et les dévots en leur infligeant des vexations : enlèvements, bousculades, flagellations, brûlures, qui peuvent aller jusqu'à des blessures corporelles, mais qui, le plus souvent, prennent la forme de visions épouvantables, de sifflements, de cris, de frôlements visqueux ou glacés.
Interne, elle se manifeste par des impulsions morbides ou suicidaires, et par une nette tendance à accomplir des méchancetés gratuites.
La personnalité des obsédés internes se trouve atteinte et leur conscience s'encombre d'incroyables phantasmes.
Le Diable n'est pas encore présent dans leur chair et ne la meut pas à sa guise, mais la possession apparaît latente, qu'un rien peut déclencher.
La différence entre l'obsession et la possession diabolique a été d'ailleurs parfaitement définie par le théologien J. Le Breton, en ces termes : "La principale différence entre l'obsession et la possession consiste que dans l'obsession, le démon agit seulement sur les personnes obsédées, quoique d'une manière extraordinaire, comme serait en leur apparaissant souvent et visiblement, malgré qu'elles en aient, en les frappant, en les troublant, et en leur excitant des passions et des mouvements étranges, et surpassant notablement la portée de leur complexion, ou dispositions, ou facultés naturelles, là où dans la possession le Démon dispose des facultés, et des organes de la personne possédée pour produire non seulement en elle, mais par elle, des actions que cette personne ne pourrait produire d'elle-même, au moins dans les circonstances où elle les produit" (la Défense de la vérité touchant la possession des religieuses de Louviers, Evreux, 1643).

"Cette divination, qui se rattache à la nécromancie et se trouve parfois confondue avec elle, utilise les cadavres et en particulier les os et les tendons, ainsi que les cordes de pendus, pour prédire l'avenir. En fait, ces restes humains et les objets qui les accompagnent sont surtout des auxiliaires de la nécromancie. On croyait par ailleurs que posséder chez soi une corde pendu ou un morceau de celle-ci était un gage de chance et de bonheur" (Encyclopédie de la divination, Paris, 1965).

Cette déviation érotique de l'objet, visant à remplacer au cours du coït un corps vivant par un cadavre, fut reprochée à Charlemagne qui, en fait, subissait l'influence d'un charme magique.
"Pétrarque rapporte que Charlemagne fut tellement lié par des enchantements au cadavre d'une femme d'Aix-la-Chapelle, qu'il avait aimée passionnément, qu'il ne pouvait la quitter. L'archevêque Turpin, ayant profité d'un moment où le prince avait été obligé de s'éloigner, visita le cadavre, et lui trouva sous la langue un anneau qui opérait ce charme. L'empereur, de retour, fut fort étonné de se trouver auprès d'une carcasse infecte, et ordonna qu'on l'enterrât promptement. Mais le charme de l'anneau opérant toujours, Charlemagne se mit à suivre l'archevêque Turpin, sans pouvoir se détacher de lui. Ce prélat, s'en étant aperçu, jeta l'anneau dans une rivière. Alors Charlemagne se trouva si épris de l'amour du lieu, qu'il en fit son séjour habituel, et y fit bâtir un palais et un monastère" (J.-B. Salgues, Des erreurs et des préjugés répandus dans la société, Paris, 1810, pp. 149-150).