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JANUS

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Dieu ambivalent à deux faces adossées, d'origine indo-européenne, l'un des plus anciens dieux de Rome. D'abord dieu des dieux, créateur débonnaire, il devint le dieu des transitions et des passages, marquant l'évolution du passé à l'avenir, d'un état à un autre, d'une vision à une autre, d'un univers à un autre, dieu des portes.
Il préside aux commencements : le premier mois de l'année lui est consacré (janvier, Janua, Januarius : la porte de l'année), ainsi que le premier jour du mois.
Il intervient au début de chaque entreprise, tandis que les vestales président à leur achèvement. Il dirige toute naissance, celles des dieux, du cosmos, des hommes et de leurs actions.
Gardien des portes, qu'il ouvre et ferme, il a pour attribut la baguette du portier et la clef. Son double visage signifie qu'il surveille aussi bien les entrées que les sorties, qu'il regarde aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, la droite que la gauche, devant et derrière, le haut et le bas, le pour et le contre.
Il est la vigilance et peut être l'image d'un impérialisme sans limite. Ses sanctuaires sont surtout des arcs, comme des portes ou des galeries sur des lieux de passage.
Des monnaies portent son effigie et, au revers, un bateau.


Janus, le dieu aux deux visages, est le symbole de l'entrée et de la sortie. Il est le gardien des portes et des seuils de l'ancienne Rome dont il est l'un des plus anciens dieux, et n'a pas de correspondance dans le panthéon grec.
On lui consacrait toutes les portes, en vertu de la croyance qui assimilait le début de toute action avec le passage d'un seuil, passage essentiel au bon déroulement de l'action à venir.
On implorait la faveur divine de Janus au premier mois de l'année (Januarius), de même qu'au début de chaque mois et de chaque jour.
Les expéditions militaires partaient toujours, à Rome, du temple consacré à la Porte (le Janus geminus), dont les issues restaient ouvertes pendant toute la durée de la guerre.
On ne fermait les portes que pendant les périodes de paix, et cela n'arrivait que très rarement. En tant que dieu des Portes (en latin janua), Janus gardait aussi le seuil des foyers, et avait alors pour attributs un bâton de portier et des clefs.
Il passait pour transmettre le savoir en matière d'agriculture et de légalité, et était honoré dans les cultes officiels de l'Etat.
Comme gardien du débit et de la fin (la semence et la récolte), on le représentait avec un double visage, c'est-à-dire un visage tourné vers l'avant et l'autre vers l'arrière.
La "tête de Janus" symbolise actuellement toutes les contradictions et les ambiguïtés, tous les aspects positifs ou négatifs d'un acte ou d'une chose.
Il devient en fait alors comme la personnification de tous les couples d'opposés, il est le "maître des deux voies", celles de l'introversion et de l'extraversion, de la méditation et de l'action, de l'intérieur et de l'extérieur, mais aussi celles du haut et du bas, du devant et du derrière ainsi que celle du oui et du non dont ils représente à la fois le point de divergence et l'unité fondamentale (retrouvant de la sorte la philosophie d'Héraclite : "La route vers le haut et le bas est une et la même" - Fragment 60, ou les enseignements du Corpus Hermeticum : "La voie qui monte est la même que celle qui descend" ).