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Les daugrs sont des revenants scandinaves qui se présentent et agissent exactement comme s'ils étaient vivants, à cette différence près qu'ils sont animés d'une force prodigieuse.
Force qu'ils ne se font pas faute d'utiliser en luttant fréquemment avec les vivants qui osent les affronter.
Leurs hauts faits sont contés par les saga norroises, rédigées entre le XIIe et le XIVe siècle, dans lesquelles les héros sont souvent aux prises avec des daugrs récalcitrants.
Comme les vampires, qui ne peuvent entrer dans une demeure sans y être invités la première fois, les daugrs sont incapables de franchir le seuil des maison, et se contentent de rôder autour ou, comme dans cet extrait de la Saga des gens de Floi, rédigée vers 1300, d'en escalader le toit : "Pendant l'hiver, il entendit souvent que dehors on frappait sur le toit. Une nuit, il se leva, prit sa hache et sortit. Il aperçut devant la porte un grand revenant malfaisant. Il leva sa hache, mais le spectre s'enfuit en direction de son tertre. Comme Thorgils le poursuivait, il se retourna. Ils luttèrent corps à corps car Thorgils avait laissé tomber sa hache. Le combat fut rude et féroce, si bien que la terre s'ameublit sous leurs pieds. Finalement, comme il avait été donné à Thorgils de vivre plus longtemps, le revenant s'abattit sur le dos et Thorgils sur lui. Ce dernier souffla, reprit sa hache, fit voler la tête du revenant en disant : "Tu ne feras plus de mal à personne." Effectivement, on ne le revit plus."
La décapitation ne parvient pas toujours à mettre le daugr hors d'état de nuire. Dans la Saga des habitants du val de Svörfud (1300), Klaufi est tué par ses beaux-frères sur l'instigation de son épouse.
Il réapparaît sous la forme d'un daugr mais les beaux-frères lui tranchent la tête et la déposent à ses pieds.
Le revenant continue cependant à errer, sa tête sous le bras. Il s'en sert de masse d'armes durant un combat et l'utilise pour cogner aux portes.
Lorsqu'ils ont fini leurs errances nocturnes, les daugrs se réfugient sous leurs tertres, leurs tombeaux.
C'est là que l'on peut le plus aisément les surprendre. Leurs corps ne se décomposent pas ; ils sont au contraire pleins de vie et de force, et ont même tendance à grossir et à grandir, ainsi qu'il est précisé dans cet autre extrait, emprunté à la Saga de Snorri le Godi, rédigée vers 1230, où Thorold se mesure à un daugr malfaisant du nom de Thorolf : "devant les plaintes des paysans, Thorold rassembla ses hommes et tous montèrent jusqu'au tertre du revenant. Ils l'ouvrirent et y trouvèrent Thorolf ; il n'était toujours pas décomposé, il était noir comme l'enfer et gros comme un boeuf. Quand ils voulurent le déplacer, ils ne purent le soulever. Ils le sortirent du tumulus en utilisant un madrier, le roulèrent jusqu'au rivage, dressèrent un bûcher, y placèrent le cadavre, qui s'enflamma difficilement. Quand le feu prit, un grand vent dispersa les cendres en divers endroits. Les hommes les jetèrent à la mer et rentrèrent chez eux."
La plupart des sagas démontrent en effet que la seule façon de se débarrasser d'un daugr est de réduire sons corps en cendres et de le disperser ensuite dans l'eau courante.

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Les Berserkers étaient une race de guerriers soumis au dieu Odin, connus pour leur ardeur au combat.
Ils sont cités dans les sagas à partir du IXe siècle. Ils ont pour compagnes les vargynfur, ou "femmes louves".
En ancien scandinave, leur nom signifie "chemise d'ours", mais on les appelle aussi ulfhednar, "pelisse de loup", car ils avaient coutume, lors des batailles, de porter non des armures mais des chemises en peau d'ours en hommage à la déesse ourse Ursel.
Ils pensaient ainsi contracter la force, l'endurance et la férocité de cet animal, afin de venir à bout de leurs ennemis.
Les Berserkers vikings portaient, eux, des chemises en peau de loup et chargeaient l'ennemi en poussant de véritables hurlements.
Ces cris prévenaient l'adversaire qu'ils étaient des êtres mi-humains mi-bêtes, et qu'ils pouvaient à tout moment se métamorphoser en loups véritables pour rendre leurs attaques encore plus redoutables.
La mention la plus ancienne des Berserkers se trouve dans un poème composé en honneur du roi de Norvège Harald le Blond après sa victoire du Hafrsfjord en 872.
Dans l'Edda, Snorri Sturluson les présente ainsi : "Les hommes d'Odin allaient au combat sans cotte de mailles, enragés comme des chiens ou des loups, mordant leur bouclier, forts comme des ours ou des taureaux. Ils tuaient les gens, et ni le feu ni le fer n'avaient de prise sur eux."
Notons qu'Odin était non seulement le père de tous les dieux, mais aussi le dieu de l'extase. En vieux norrois, son nom signifie d'ailleurs "fureur".
La fureur des Berserkers s'assimile ainsi à une sorte d'extase divine de nature chamanique, s'accompagnant de particularités telles qu'une force décuplée et une insensibilité au feu et à la douleur.

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Peuple de nains mineurs vivant en Allemagne, les bergleute, "le peuple de la montagne", et les bergmännchen, "les petits hommes de la montagne", sont gais, travailleurs, pacifiques et généreux.
Ils prennent notamment soin des animaux blessés et des enfants perdus dans la forêt. Comme les nains de Blanche-Neige, ils vivent en communauté dans de jolies chaumières forestières, situées près de la mine où ils travaillent.
Bien que leur âge soit indéfinissable, on ne signale leur présence qu'autour du XVIe siècle, dans les mines de diamants.
Les bergleute sont liés à un tel point aux minerais qu'ils extraient de la terre qu'ils sont capables d'en ressentir les sentiments.
Pour eux, le cuivre, le quartz ou le schiste sont plus que des minerais : ils éprouvent de véritables émotions, que les nains sont capables de comprendre.
C'est ainsi que l'un d'entre eux, nommé Nickel, était si attaché à ce métal qu'il le baptisa de son nom.
Bien qu'ils soient plutôt de tempérament jovial et serviable, les bergleute jouent parfois de mauvais tours aux mineurs.
L'écrivain Frédéric Piton rencontra ainsi, au milieu du XIXe siècle, un vieux mineur d'Alsace qui lui confia que les bergleute lui faisaient des farces, lui jetant des poignées de terre au visage, soufflant sa lampe ou lui cachant ses outils.
Mais fort heureusement ce genre d'abus semble tout à fait exceptionnel.