S'abonner à ce blog

creatures-​merveilleu​ses-trow-b​ig

Les trows, ou drows, des îles Shetland et Orkney (Orcades) sont des forgerons et des métallurgistes.
Même s'ils redoutent la lumière du soleil, ils n'en meurent pas, contrairement aux trolls, dont ils forment une variété naine.
Les trows sont en effet de petite taille, toujours vêtus de gris, très laides, et d'apparence humaine.
Ils apprécient la musique mais ont pour habitude d'échanger leurs enfants avec ceux des humains, comme les changelings des fées.
Lucas Jacobson Debes, dans sa Description de Féroé datée du 12 mars 1670, affirme que ces nains "paraissaient dans les cavernes profondes et sur d'horribles rochers", et qu'ils "fréquentaient les endroits où des meurtres et d'autres péchés mortels avaient été commis".
Pour Walter Scot, "ils semblent avoir été les véritables nains du Nord ou Trows, autre prononciation de Trolds, et notre révérend auteur les considère comme ne valant guère mieux que de véritables démons".
Ainsi, un paysan d'Orkney s'apprêtait à creuser un trou dans son champ, à l'endroit précis où résidait un trow.
Ce dernier le menaça, s'il s'entêtait à détruire son logis, à faire crever six de ses vaches et à lui infliger "six funérailles chez toi, mon gars".
Le paysan continua tout de même à creuser. Mais les semaines qui suivirent il perdit tour à tour son troupeau et sa famille.

Jusqu'au XXe siècle, en Angleterre, le Sin Eater (mangeur de péchés) était un volontaire - généralement un étranger, un mendiant ou un errant de passage - qui engageait son âme pour le salut d'un défunt en échange de nourriture.
Il mangeait ainsi les péchés du mort, afin que ce dernier échappe aux tourments de l'enfer. Pour nourrir le mangeur de péchés, il fallait tout d'abord poser la nourriture et la boisson sur le corps du défunt avant de les lui donner, ou bien les lui tendre par-dessus ledit corps.
Les errants trouvaient là le moyen de faire un bon repas tout en sauvant une âme. Mais si le Sin Eater entretenait une quelconque querelle avec le disparu, il pouvait se venger en jetant ses péchés dans la mer au lieu de les dévorer.
Les péchés ressortaient alors de l'eau sous la forme de démons qui s'en allaient tourmenter l'âme du défunt.
C'est la raison pour laquelle les mangeurs de péchés étaient choisis parmi les étrangers de passage qui n'avaient pas pu connaître le mort, et donc n'avaient aucune raison de lui vouloir du mal.

Puck_by_cr​ystaldrago​n

Les pucks sont des lutins malicieux des forêts d'Angleterre, si répandus et populaires qu'ils ont donné leur nom à un personnage, Puck, protagoniste du Songe d'une nuit d'été, de William Shakespeare (1595) et de Puck, lutin de la colline, de Rudyard Kiplinh (1906).
Puck s'inspire en fait du pwca ou pooka, lutin gallois apparenté aux feux follets, connu pour garder les troupeaux en échange d'un bol de lait et d'un morceau de pain, mais capable de commettre les pires facéties lorsqu'on lui manque de respect.
Richard Price of Brecon, ami de Shakespeare, vivait précisément près de Cwm Pwca, lieu de résidence préféré du pwca.
On suppose que les histoires qu'il narra au dramaturge anglais contribuèrent à brosser le portrait de Puck.

Reynolds-P​uck

LE BOUFFON DE LA COUR DES FEES

Puck fait office de bouffon à la cour du roi des fées, comme le précise Walter Scott : "Un être qui faisait constamment partie du cortège de la cour des fées anglaises était le célèbre Puck, ou Robin-good-fellow, qui jouait en quelque sorte auprès d'elles le rôle de fou ou de bouffon - personnage qui se trouvait toujours alors dans la maison d'une personne de qualité - ou, pour nous servir d'une comparaison plus moderne, qui ressemblait au pierrot de la pantomime.
Egarer un paysan qui retournait chez lui ; se changer en tabouret, pour qu'une vieille commère, en voulant s'y placer, s'asseye par terre ; tels étaient les tours dont il s'amusait principalement. S'il daignait faire quelque ouvrage pour la famille endormie, en quoi il avait quelque ressemblance avec l'esprit domestique écossais nommé brownie, l'égoïste Puck était loin de se livrer au travail avec le même désintéressement que la lutin du nord, qui, si l'on plaçait à sa portée des vivres ou des vêtements à son usage, quittait la maison avec mécontentement. Robin-good-fellow, au contraire, voulait avoir nourriture et repos."
Reginald Scot, quant à lui, rapproche Puck des hobgobelins, les lutins domestiques anglais, pour en faire un démon redouté par le peuple : "Savez-vous bien, soit dit en passant, que Robin-good-fellow et Hobgobelin étaient pour le peuple des objets de croyance et de terreur, aussi bien que les sorcières et la magicienne le sont aujourd'hui ? Dans un temps à venir, on se rira et son se moquera des sorcières, comme des illusions et des tours de Robin-good-fellow, dont on a rapporté tant d'histoires, qui sont aussi incroyables que les tours de sorcellerie, si ce n'est qu'il n'a pas plu aux traducteurs de la Bible de donner aux malins esprits le nom de Robin-good-fellow, comme ils ont nommé sorcières les devineresses, les diseuses de bonne aventure, les empoisonneuses et les femmes coupables d'imposture."

___Pixie__​__by_Limis

Les pixies sont des lutins sauvages vivant dans le sud-ouest de l'Angleterre, notamment dans les forêts du Devon, du Somerset, du Dartmoor, de l'Exmoor et de l'est du Hampshire.
Ils seraient les descendants des Red Heads, les premiers habitants de Cornouailles, mais leur nom rappelle également celui des Pictes, peuple vivant en Ecosse avant l'invasion des Scots vers l'an 500.
Les pixies apparaissent sous les traits de garçonnets roux, à la frimousse insolente couverte de taches de rousseur, au nez retroussé et eux yeux bigles, vêtus de vert lorsqu'ils ne sont pas nus, et connus pour leurs mauvais tours.
Mais leurs caractéristiques physiques varient selon les régions. La folkloriste Katharine Briggs précise : "Le piskie de Cornouailles est plus âgé, plus ratatiné et maigre que les pixies robustes et terre à terre du Somerset et les minces pixies à la peau nue et blanche du Devon."
Leur parenté avec les Têtes rouges les assimile également aux meryons, "fourmis-fées" de couleur rouge dont la présence est sacrée dans les forêts à pixies.
On dit aussi qu'ils sont les âmes errantes des enfants morts sans baptême. Ils sont hostiles aux fées, contre qui ils sont en guerre perpétuelle.
Excessivement taquins, les pixies jouent des tours pendables aux humains. Ils font courir les chevaux toute la nuit, font tourner le lait et crever les vaches, volent les oeufs dans le poulailler, vident les caves de leurs meilleurs alcools, embrassent les filles dans le cou et, comme le font les fées avec leur changelings, échangent les nourrissons humains avec leurs affreux rejetons, les killcrops.
La nuit, ils dansent en rond dans des cercles enchantés nommés gallitraps, "pièges à talons", car quiconque les franchit par inadvertance se retrouve dans l'instant immobilisé par les pixies.
A chacune de ces farces, ils éclatent d'un rire tonitruant devenu proverbial : on dit "rire comme un pixie" pour désigner un rire excessif, dans le sud de l'Angleterre.

FieldPiski​e

EGARE PAR LES PIXIES

On dit aussi que les pixies ont l'habitude d'égarer les voyageurs dans les forêts et de les contraindre à tourner en rond.
Leurs victimes sont alors pixie-led, "égarées par les pixies". Pour prévenir ce sortilège, il faut emporter avec soi l'une de ces quatre choses, les seules capables de tenir les pixies éloignés : une croix en bois de sorbier, un fer à cheval, un quignon de pain ou un sac de sel.
Les esprits de Féerie redoutent en effet plus que tout le fer, le bois de sorbier, ainsi que les symboles de la religion chrétienne : la croix, le sel du baptême, le pain de la communion.
A défaut, il suffit de retourner son manteau ou ses poches, car les pixies, comme tous les êtres de Féerie, n'ont aucune notion de l'envers des choses.
Alors qu'il traversait à pied les forêts anglaises, après avoir rendu visite aux moines du monastère de Glastonbury - alors rattaché au patriarcat orthodoxe celtique de Glastonbury, chargé au XVe siècle de veiller sur les reliques d'Arthur, roi des Bretons -, Ismaël Mérindol se trouva pixie-led.
Malgré toutes ses connaissances en matière de Féerie, il dut bien se rendre à l'évidence : il tournait en rond depuis des heures et risquait bien de demeurer prisonnier à jamais de la forêt enchantée.
Il aperçut alors des trognes de gamins morveux et bigleux, aux incisives proéminentes et aux oreilles en pointe, qui l'observaient derrière les fourrés.
Puis il entendit leurs rires, pareils aux hennissements d'un cheval. Alors, il se déshabilla entièrement et se rhabilla en mettant tous ses vêtements à l'envers.
Aussitôt, les pixies cessèrent de rire et parurent interloqués. Par ce retournement de veste et de culotte, maître Mérindol s'était tout bonnement rendu invisible à leurs yeux.
Désormais hors de portée de leurs manigances, il retrouva sans tarder son chemin et quitta sans encombre la forêt ensorcelée.
Il ne remit ses vêtements à l'endroit que le soir, dans la chambre qu'il loua au village prochain, après avoir affronté le regard désapprobateur de l'aubergiste, surpris de voir un homme aussi vénérable pareillement accoutré.

orque_by_f​uredo-d6le​yq2

Le peuple des orques, issu des sagas nordiques et du Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien, aurait pour modèle d'étranges êtres rencontrés jadis dans les îles Orcades, au nord de l'Angleterre et de l'Ecosse.
Ces orques historiques seraient en réalité des Pictes, les "hommes peints", tribus protoceltiques et chamaniques originaires des pays du Grand Nord.
Les orques ont également été inspirés par les gobelins, nains hideux et malveillants des légendes germaniques.
On reconnaît aux orques une laideur repoussante qui n'a d'égale que leur cruauté sanguinaire et leur bêtise crasse.
Leur peau tannée comme le cuir est d'une couleur noire ou verdâtre, et ils arborent un groin de porc et des incisives inférieures démesurées qui pointent comme des défenses.
Les bandes d'orques sont équipées pour le combat de cottes de mailles, de boucliers, de lances et de cimeterres.
L'habitat des orques est troglodytique. Ils se terrent dans de vastes souterrains labyrinthiques enfouis généralement dans des régions montagneuses.
Se tenant à l'écart des zones habitées, les orques ont peu de chances de rencontrer des humains, ce qui est heureux pour ces derniers, car les orques sont anthropophages et n'hésitent pas à dévorer toutes crues les proies qui leur passent entre les pattes.
En revanche, les orques sont les prédateurs naturels des nains et des gnomes, qui partagent souvent le même type d'habitat.