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Les temps sont durs, je dois bien le reconnaître. C'est étrange mais dans mes souvenirs d'enfant, les bas-fonds ne semblent pas si sinistres... Peut-être que l'enfance a tendance à tout repeindre de jolies couleurs...

Ken est venu il y a une semaine. Je pensais avoir bien brouillé les pistes, mais il a toujours su me retrouver. Toujours. Comme cette fois où je m'étais cachée dans une ruelle sombre pour le faire tourner en bourrique ! Heureusement qu'il m'a retrouvée, sinon j'aurais passé un mauvais quart d'heure aux mains de ces malfrats... Je me souviens qu'il les a laissés en sang sur le sol. Nous n'étions que des adolescents mais il pouvait déjà mettre à terre qui il voulait. Il m'a sermonnée un peu, puis il m'a prise dans ses bras et m'a ramenée à la maison.

Nous vivions discrètement à l'époque, mais quelqu'un a dû nous dénoncer. Nous avons alors quitté notre maison pour nous enfoncer davantage dans les bas-fonds, là où même les brigades ne se rendent plus. Je n'ai jamais su pourquoi on nous en voulait autant... Qu'avions-nous fait pour mériter ça ? Etait-ce lié aux activités de Ken ?

Je sais bien quel métier il fait. Il m'a souvent proposé de m'y associer. Mais je ne peux pas faire ça. Je sais que ce monde est cruel et violent, mais je ne suis pas comme mon frère. Je ne peux pas tuer un être humain sans sourciller, comme lui. Il m'a affirmé que je le pouvais, que j'en avais la force, mais cela m'est égal. Je préfère encore donner du plaisir aux hommes, même s'il trouve ça malsain. Personnellement, je trouve mon métier plus sain que le sien... Mais je ne peux le juger. Quand nous avons grandi, nos chemins se sont séparés. Nos points de vue aussi. Il m'a quand même conseillé de garder une arme à portée de main ; mais je n'ai pas attendu son conseil pour le faire... Quand je dois m'en servir, je le fais.

Il prétend que je me salis en me donnant comme ça, mais qui peut prétendre rester propre ici ? Sûrement pas lui. On a tous une souillure sur le corps ou la conscience, sous terre. Si mon corps est sale, j'ai ma conscience pour moi. Je sais que ça le peine. Je lui ai répondu que je n'en avais aucun plaisir, qu'il me suffisait de quitter mon corps suffisamment longtemps pour ne rien sentir. Je ne fais ça que pour l'argent. Comme tant d'autres ici.

On s'épaule entre prostituées. Finalement, elles sont devenues ma nouvelle famille. Le maquereau qui garde la maison nous prélève un peu de notre salaire, mais après tout, tout le monde doit vivre. Ken trouve ça révoltant. Ah ah.

Je suppose que je dois bien avoir une certaine force en moi pour ne pas avoir décidé d'en finir. Je ne sais pas vraiment ce qui me fait tenir... Ce ne sont pas les étreintes brutales de mes clients en tout cas. Quand il m'arrive de m'endormir, je fais souvent un rêve merveilleux. Je vois un bel ange lumineux voler vers moi et m'emporter dans ses bras, à la surface, au-delà même des murs... Je ne sais pas comment c'est, à la surface, et encore moins au-delà des murs, mais je me l'imagine comme les images de mes livres d'enfant ; avec de grands arbres - je n'ai jamais très bien réussi à me représenter un vrai arbre, dans mon rêve ils sont comme sur les images -, des fleurs multicolores à perte de vue, et un vent doux, chargé de senteurs... Que peut bien sentir un air pur ?

Je me suis mise à espérer. Quelqu'un viendra peut-être me sauver de cet enfer et m'emmènera vivre dans un monde bien meilleur... Un petit peu de ce paradis se développe sans doute déjà en moi...

Je sais que c'est un garçon. Enfin, l'une des filles, Adelaid, la plus âgée, me l'a dit. Elle a déjà dû avorter de plusieurs bébés, et en a aidé d'autres à le faire. Elle m'a assuré que c'était un garçon, et je la crois. Elle m'a dit aussi qu'elle était prête à m'aider, mais qu'il ne fallait pas attendre trop longtemps... Plus on attend, plus on risque la mort...
Je l'ai remercié, mais je me passerai de ses services. Je veux ce bébé. Plus que tout. Je ne laisserai personne faire du mal à mon petit ange. Je vais le mettre au monde, et faire en sorte qu'il ait une meilleure vie que la mienne. Je ne sais pas encore comment, mais quand il sera là, tout sera possible.

Ken n'est pas d'accord, évidemment. Il m'a presque crié dessus. Je lui ai demandé de baisser d'un ton car Livaï était peut-être en train de dormir... Livaï... Je ne sais plus exactement comment m'est venu ce nom... J'ai sûrement dû le lire quelque part. Il est très beau, je trouve. Il sonne comme le son de la cloche du beffroi du Mur Sina, que j'entends résonner sous terre de temps en temps. Même ainsi, il me parvient pur et clair, comme si je vivais à l'air libre... C'est sans doute un signe...

Ce nom sera le sien - il ne saura même pas qu'il est un Ackerman, cela n'en vaut pas la peine - et il n'en aura jamais d'autre. Contrairement à moi. Je vais tenter de partir d'ici, me trouver une autre piaule et changer de nom. Je vais avoir du mal à me trouver un souteneur dans mon état, il faudra sans doute que je me mette à mon compte...

Pardonne-moi, Ken, je sais que tu vas m'en vouloir et me prendre encore pour une gamine irresponsable, mais ne cherche pas à comprendre. J'ai besoin d'être seule. Non... je ne suis plus seule, mon petit ange vient avec moi.

Pas vrai, Livaï ? Dis, tu restes avec maman, hein ?

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Rien ne change jamais dans cette putain de ville.

A croire que les rupins du Mur Sina ont décidé de balancer en bas les pauvres gens, comme ils le font avec leurs déchets. Et le pire c'est qu'aucun d'entre eux ne semble prêt à y redire. Ai-je le droit de les blâmer, alors que je sais pourquoi ? Quand on naît dans un taudis pareil, on apprend vite qu'il est quasi impossible d'en sortir. Dès l'enfance, on s'habitue à la crasse, aux odeurs, aux rats, aux ruelles sordides ; on s'habitue aussi à ne pas poser de question. Ca empêche de dormir, et même si c'est sur un tas d'ordure, c'est mieux que pas dormir du tout. Ca et le lavage de cerveau royal...

C'est pas comme si la vue de macchabées ne faisait pas partie de mon quotidien. Mais quand on en arrive à devoir les enjamber pour entrer dans le moindre troquet, on peut se dire que plus rien ne va. Je suis pas responsable de ceux-là, en tout cas.

On me connaît sous le nom de Kenny l'Egorgeur. Si vous avez un soupçon de plomb dans le crâne, vous vous doutez bien que cette épithète est pas là pour faire joli. Comme il faut bien survivre dans ce putain de monde souterrain, je me suis mis à trancher des cols dès que j'ai appris à tenir un couteau. La méthode la plus efficace ? La lame sur la gorge, la tête en arrière, et c'est fini. Ca a pas l'air comme ça, mais ça demande un certain tour de main. Aussi propre et net que sur la nuque d'un titan. J'aurai pu faire un bon explorateur.

C'est pas le boulot le moins salissant, mais ça paie bien. Je traite avec tous ceux qui ont assez de fric pour s'offrir mes services. Ils sont pas si nombreux - mes tarifs sont pas à la portée de tout le monde - j'ai une clientèle régulière qui me fait confiance. Des escrocs avides de se débarrasser d'un concurrent sur leur territoire aux richards qui veulent faire disparaître des témoins gênants, je suis pas regardant.

La plupart savent que je suis un Ackerman, du coup ils évitent de m'arnaquer. Ah, j'ai oublié de parler de ça. Sans compter que depuis peu, j'en sais bien plus sur notre illustre famille.

J'ai dû cuisiner le vieux pendant un certain temps avant qu'il crache le morceau. Il était presque arrivé sur son lit de mort, on peut dire que c'était pas trop tôt. Je peux pas dire que je suis triste, même si j'étais son petit-fils préféré... enfin il y a aussi Kuchel... On est si peu nombreux maintenant... Enfin bon, l'amour familial, tout ça, disons que je suis croyant mais pas très pratiquant.

Je vais essayer de résumer ce que m'a dit Pépé. Pour faire court, nous, les Ackerman, étions d'anciens agents gouvernementaux, destinés à servir d'armes secrètes pour assurer la survie de l'humanité. Pas trop compris ce que ça voulait dire exactement, mais y a pire. Apparemment on serait différents des autres habitants du Mur, et de fait insensibles à l'altération de mémoire collective que les autres guignols subissent régulièrement. Ce qui pose problème parce que nos ancêtres étaient au courant de pas mal de trucs pas très cleans... Alors, pour assurer leurs fesses, nos anciens employeurs ont tenté d'acheter le silence et la coopération de mes ancêtres.

Seulement ils ont dû en avoir plein le dos et ont menacé de tout raconter. Comme quoi, on doit bien avoir une conscience, non ? On l'a payé cher, presque la totalité des Ackerman ont été massacrés. Moi, j'échappe à tout ce bazar grâce à mes clients prestigieux qui m'assurent l'anonymat.

On est une espèce en voie d'extinction. L'autre branche de la famille a réussi à s'arracher d'ici et à emménager à Shiganshina, au sud. Ils ont du mal à s'en sortir. Dans les faits, il reste plus que moi et soeurette ici. Ca fout un peu le bourdon quand même... Quand j'ai dit à Pépé que j'avais retrouvé Kuchel, perdue de vue depuis un moment, il a semblé sourire... Il a pas sourit longtemps quand je lui ai annoncé qu'elle faisait le tapin dans un bouge, et qu'elle s'était fait mettre en cloque par un joyeux connard.

La petite Kuchel... On l'imaginerait pas dans une galère pareille... Les femmes de notre lignée sont aussi fortes que nous, mais Kuchel, elle, a décidé de tourner le dos à tout ça. Elle aurait eu la belle vie si elle s'était attelée au rasage de près, comme moi ; c'est pas faute de l'avoir relancée à plusieurs reprises. Au lieu de ça, elle préfère vendre son corps au plus offrant... A bien y réfléchir, nos boulots sont pas si différents...

Elle avait disparut pendant un moment, et j'ai dû retourner les bas-fonds pour la dénicher. Elle a pas vraiment changée, à part ses vilaines cernes sous ses yeux gris. On sent bien qu'elle attend plus grand chose de la vie ; avec l'obligation que nous avions de vivre dans la clandestinité, nous, les Ackerman, ne pouvions plus guère espérer exercer un métier honnête. Elle en avait des rêves, pourtant, à l'époque... Et dans aucun de ceux-là elle se voyait devenir une putain.

On peut dire des tas de choses dégueulasses sur mon compte, tout à fait justifiées. Mais ce qui est sûr c'est que j'aime ma petite soeur. J'arracherai le coeur au premier qui lèverait la main sur elle. Mais que voulez-vous, je peux pas toujours être là, avec mon boulot, il m'arrive de partir pendant un mois ou deux, et même d'aller à la surface. Je peux pas lui redonner la joie de vivre. Si je tenais le salaud qui lui a collé ce marmot, je lui éclaterais la tête sur le trottoir et je laisserai son sang nourrir le caniveau !

Parce que faut pas se mentir : qui voudrait d'une pute enceinte ? Et comment elle fera pour élever ce chiard, elle qui a déjà tant de mal à joindre les deux bouts ? Je lui ai conseillé de s'en débarrasser. Je lui ai dit qu'il y avait rien pour un petit Ackerman ici. Elle m'a juste souri. Je lui ai filé quelques billets.

Je t'aime, soeurette, mais des fois, tu fais vraiment chier.

http://www.huffingtonpost.fr/s​​arah-prager/histoire-homosexu​a​lite-lgbtq_b_8279544.html

Très cher-ère queer,

Il se peut que vous ne sachiez même pas que vous êtes sacré-e, royal-e ou magique, mais c'est le cas. Vous appartenez à une famille adoptive qui existe depuis l'apparition de l'homme.

Bien avant votre naissance, notre communauté imaginait déjà des choses incroyables. Des génies comme Alan Turing, inventeur de l'ordinateur, et Alberto Santos-Dumont, pionnier de l'aviation, vivent encore en vous. Il est impossible de nier l'impact que des personnes courageuses et brillantes comme Lynn Conway et Martine Rothblatt (deux transgenres) ont eu sur la technologie moderne, d'autant qu'elles ont passé le flambeau aux ingénieurs qui ont conçu les robots et les microprocesseurs. Plus récemment, l'un des co-fondateurs de Facebook a révélé son homosexualité, tout comme l'actuel PDG d'Apple.

Nous n'avons cessé, au fil des siècles, d'être des divinités, à l'image d'Hermaphrodite (enfant d'Hermès et d'Aphrodite) ou d'Athéna et de Zeus, qui avaient tous deux des partenaires du même sexe. Au Japon, on disait que Shinu No Hafuri et Ama No Hafuri, deux hommes, avaient "inventé" l'homosexualité. La possibilité de changer de sexe ou de proclamer une identité qui englobe deux sexes est fréquente chez les divinités hindoues. Par ailleurs, l'être qui aurait créé le Dahomey (un royaume correspondant à l'actuel Bénin) serait issu de l'union entre un frère et sa sœur jumelle (le soleil et la lune) pour ne former qu'un être, lequel pourrait correspondre à ce qu'on appelle aujourd'hui les personnes "intersexes". De la même façon, les dieux serpents aborigènes australiens Ungud et Angamunggi possèdent de nombreuses caractéristiques correspondant aux définitions actuelles de l'identité transgenre.

Notre capacité à transcender la binarité de genre était considérée comme un don. Les fonctions culturelles qui étaient les nôtres dans les différentes sociétés - chamans, guérisseurs et meneurs - étaient souvent prestigieuses. Pour les Amérindiens de la région de Santa Barbara, nous étions d'ailleurs des "joyaux". Les Européens qui ont écrit sur les personnes bispirituelles indiquent que les rapports physiques entre personnes du même sexe ou les identités binaires non genrées faisaient partie de la culture de 88 tribus, dont les Apaches, les Aztèques, les Cheyennes, les Crows, les Mayas et les Navajos. Sans traces écrites, nous ne pouvons en savoir plus mais il est certain que nous étions présents dans la plupart, sinon la totalité, des peuples des Amériques.

Parmi vos ancêtres se trouvent des têtes couronnées comme la reine Christina de Suède qui refusa d'épouser un homme (renonçant ainsi au trône), adopta un prénom masculin et partit explorer l'Europe à cheval en solitaire. Son tuteur déclara un jour que la reine "n'avait rien d'une femme". Parmi vos aïeux, on trouve aussi le dirigeant Nzinga des royaumes de Ndongo et Matamna (l'actuel Angola) qui était perçu comme une femme au niveau biologique mais s'habillait en homme, disposait d'un harem de jeunes hommes vêtus de tenues traditionnellement féminines et se faisait appeler "Roi". Les empereurs tels qu'Héliogabale font également partie de votre lignée culturelle. Ce dernier organisait des mariages avec des époux-ses identifiées comme homme ou femme. Il faisait aussi régulièrement des avances à la gent masculine, le visage couvert de maquillage. Quant aux califes de Cordoue - dont Hisham II, Abd-ar-Rahman III et Al-Hakam II -, ils possédaient des harems d'hommes (en plus ou à la place des harems de femmes). L'empereur Ai de la dynastie chinoise Han avait préféré couper la manche de son habit plutôt que de réveiller son bien-aimé, Dong Xian.

Vous descendez d'individus dont on ne peut ignorer la place au niveau artistique. Parmi ces créateurs à l'influence certaine, on trouve des compositeurs comme Tchaïkovski, des peintres comme Léonard de Vinci et des actrices comme Greta Garbo. Vos aïeux ont peint la Chapelle Sixtine, enregistré la première chanson de blues et gagné une flopée d'Oscars. Ils étaient poètes, danseurs et photographes. Les queers ont tant contribué à la culture qu'une visite guidée leur est exclusivement consacrée au MoMa de New York.

Dans vos veines coule le sang de grandes guerrières comme les Amazones, ces individus aux corps de femmes qui s'étaient donné pour mission de combattre et de protéger, et avaient peu de temps à consacrer aux besoins des hommes entre deux actes de bravoure. Vos cœurs battent aussi vaillamment que ceux des hommes du Bataillon sacré, au IVe siècle avant Jésus-Christ, composé de 150 couples homosexuels, dont chacun se battait comme s'il devait sauver la vie de son amant (ce qui était le cas). Mais votre héritage comporte aussi des pacifistes, comme Bayard Rustin, l'un des leaders du mouvement des droits civiques aux États-Unis.

Nous avons redéfini des termes comme ours, camionneuse et queen, et nous en avons créé de nouveaux comme drag queens, minet et genderqueer. Mais si des mots comme homosexuel, bisexuel, transgenre, intersexe et asexuel ont été créés assez récemment, ils ne sont pas nouveaux pour autant. Avant que nous ne commencions à les utiliser, nous étions des Winkte pour les Ogala, des A-go-kwe pour les Chippewa, des Ko'thlama pour les Zuni, des Machi pour les Mapuchi, des Tsecats pour les Manghabei, des Omasenge pour les Ambo et des Achnutschik pour les Konyaga, sur tous les continents. Si aucun de ces termes ne correspond exactement à son équivalent moderne, tous se réfèrent à un aspect de, ou à une identité liée à, la préférence pour une personne du même sexe, aux relations homosexuelles et aux changements de genre.

Vous êtes normal. Vous n'êtes pas une création des temps modernes. Votre identité n'est pas une "mode" ou une "tendance". Presque tous les pays possèdent des archives sur des personnes dont l'identité et le comportement ressemblent fortement à ce qu'on appelle aujourd'hui bisexualité, homosexualité, identité transgenre, intersexualité, asexualité, etc. N'oubliez pas que le genre et la sexualité n'ont pas toujours répondu aux définitions de la culture occidentale contemporaine. De nombreuses cultures, depuis la Papouasie Nouvelle-Guinée jusqu'au Pérou, acceptaient les relations sexuelles entre hommes au sein de leurs rituels ou au quotidien. Certaines de ces sociétés pensaient que la transmission de sperme d'un homme à un autre renforçait le récipiendaire. Dans le passé, nous n'avions souvent pas besoin de certains mots pour désigner les gens attirés par les personnes de même sexe, ceux de genre non-binaire et d'autres qui ne se conformaient pas aux attentes culturelles de leur sexe biologique ou de leur genre apparent, tout simplement parce que ces personnes-là n'étaient pas considérées comme aussi différentes qu'on pourrait le penser aujourd'hui.

Le fait d'être aussi unique et puissant en a parfois effrayé certains. Nous avons été arrêtés, torturés et assassinés. Des gouvernements et des individus nous exécutent encore au sein de sociétés qui nous considéraient jadis comme membres importants et égaux. On nous dit désormais que "l'homosexualité n'est pas africaine" et qu'il "n'y a pas d'homosexuels en Iran". Nous savons tous que ces commentaires sont faux, mais ça ne les empêche pas de faire du mal. Alors, quand d'autres nous ont donné des noms comme queer et lesbienne, nous nous les sommes appropriés. Quand on nous a dit que l'on recrutait des enfants, nous avons répondu que nous préférions les adultes, même quand ils nous stigmatisaient. Quand on a épinglé des triangles roses et noirs sur nos uniformes dans les camps de concentration, nous en avons fait des symboles de fierté.
Ceux qui se battent contre notre présence fière et assumée dans les sociétés contemporaines, tentent de nous priver de nos droits et font de nous des cibles n'ont toujours pas compris que l'anomalie de l'Histoire, c'est eux, pas nous. Tout au long de l'histoire de l'humanité, le fait de persécuter des individus ayant transgressé les normes de genre et de sexualité en vigueur dans leur culture était mal vu, voire exceptionnel. Aujourd'hui, les personnes qui continuent à nous attaquer tentent de justifier leur cruauté en disant qu'elles défendent des valeurs "traditionnelles". C'est absolument faux.

Maintenant, vous savez au moins qu'ils ont tort. Imaginez un monde sans premier ordinateur ni plafond de la Chapelle Sixtine, voire même sans une grande partie des chansons que vous connaissez, d'Appalachian Spring à YMCA (nous avons même été couronnés "Mère du Blues" et "Roi de la pop latino!" ). Le monde serait bien terne sans nous, vous ne trouvez pas? Je suis heureuse que vous soyez là pour perpétuer nos traditions.

Je vous souhaite donc un très bon mois de l'histoire LGBT! J'espère pouvoir le fêter avec vous, sur Quist. Cette liste des ressources internet sur l'histoire LGBT est un bon point de départ pour explorer les détails de ce patrimoine.

Lesbiennement vôtre*,

Sarah Prager

*Il s'agit en fait d'un terme utilisé dans une lettre destinée à une association lesbienne de Mexico, il y a des décennies!

Cet article s'inspire, en partie, de faits relevés et d'émotions ressenties à la lecture d'Another Mother Tongue de Judy Grahn (publié en 1984). Je cite aussi Ritualized Homosexuality in Melanesia de Gilbert H. Herdt (publié en 1993). Beaucoup de faits repris ici l'ont été tant de fois qu'ils sont de notoriété publique. Christianne Gadd a également contribué à cet article, publié à l'origine dans The Advocate puis sur le Huffington Post américain. Il a été traduit par Laura Pertuy pour Fast for Word

Cette Lettre d’une internaute fait une synthèse particulièrement intelligente et claire de la partie de cache-cache auxquels se livrent les musulmans, bien aidés il est vrai par médias et politiques. J'ai donc préféré, une fois n'est pas coutume, passer intégralement ce texte de préférence à un simple lien. Il pose les vraies questions, celles qui ont trait aux textes.
Cette Lettre est parue le 27 septembre sur le blog « Savoir ou se faire avoir » de Sami Aldeeb. Un blog dont la richesse est exceptionnelle.

Femme de gauche et plutôt idéaliste, j’ai défendu les causes les plus diverses. J’ai notamment participé à des manifestations pour l’environnement, pour les droits des femmes, pour la paix, pour le logement abordable, pour l’éducation et la santé, pour la laïcité, contre la pauvreté, à l’occasion de différents sommets, etc.
J’ai longtemps cru que toutes les religions étaient basées sur la paix et l’amour, (même si je n’en pratique plus aucune depuis que j’ai abandonné la religion catholique, faute de foi). J’ai évidemment cru qu’il en était de même pour l’islam et j’étais bien trop paresseuse pour vérifier si j’avais raison. Dans mon esprit, les musulmans violents étaient de mauvais musulmans qui ne respectent pas les principes de leur religion, contrairement aux musulmans à côté desquels je marchais pour protester contre l’embargo américain en Irak et la guerre en Afghanistan.
Il y a environ 6 ans, lorsque je me suis mise sérieusement à l’étude de l’islam, cette conviction que je croyais inébranlable avait résisté au régime taliban, au 11 septembre 2001, à tous les attentats terroristes musulmans qui ont suivi et à toutes les flagellations, amputations, décapitations et autre lapidations commises au nom d’Allah. Elle a pourtant finit par être ébranlée au point de s’écrouler comme un château de cartes et c’est aux textes fondateurs de l’islam eux-mêmes que je dois le séisme psychologique dont j’avais besoins pour m’ouvrir les yeux.
En tout, j’ai lu le Coran presque 3 fois mais dès ma première lecture de la seconde sourate, il n’était déjà plus possible pour moi de continuer de croire que l’islam n’était que paix et amour. Je ne pouvais que constater une correspondance troublante entre de nombreux versets et plusieurs des actes criminels commis par des musulmans intégristes. La lecture de hadiths considérés comme authentiques (dont ceux du Sahih Mouslim et ceux du Sahih Boukhari) n’a fait que renforcer mon opinion sur l’islam, que je n’ai désormais d’autre choix que de considérer comme une idéologie violente, misogyne, ségrégationniste et totalitaire. Comme Neo venant d’avaler la pilule rouge dans le film « La Matrice », je vois désormais la réalité sans fard et il n’y a plus de retour en arrière possible.

Les perroquets

Lorsque je souligne la violence de l’islam sur des blogues sans trop donner de détails, il arrive fréquemment que des musulmans me répondent que l’islam n’est pas violent parce que le Coran, prétendent-ils, ne contient aucun verset prônant la violence ou encore qu’il interdit la violence. Évidemment, ils changent de discours lorsque je leur mentionne que je l’ai lu et que je leur cite quelques versets discriminatoires ou violents envers les non-musulmans (polythéistes, juifs, chrétiens, athées, apostats, etc).
Ils m’expliquent alors qu’on ne doit pas interpréter ces versets au sens littéral, qu’il faut les replacer dans leur contexte historique et qu’ils autorisent seulement les musulmans à se défendre en cas d’attaque. En d’autres termes, tout serait dans l’exégèse. Certains musulmans m’ont même affirmé qu’il fallait lire le Coran en arabe pour le comprendre correctement! Parfois ils semblent sincères, parfois non, mais dans tous les cas, ils semblent réciter mécaniquement un texte trouvé sur Internet et appris par cœur.

Mauvais destinataire

Imaginons un instant que ces musulmans aient raison. Imaginons que 100% des versets violents soient acceptables lorsqu’on les interprète/traduit/analyse correctement et, pourquoi pas, que tous les hadiths violents sont faux ou mal rapportés, ce qui ferait des musulmans intégristes des hérétiques et des ignorants qui ne connaissent pas le « vrai » islam, celui des musulmans dit « modérés ».
J’ai justement une question pour eux: pourquoi est-ce seulement aux non-musulmans que vous expliquez tout ça? Pourquoi ne l’expliquez-vous pas plutôt aux autres musulmans afin de prévenir l’intégrisme en amont? Lettres ouvertes, livres, réseaux sociaux, blogs, forums, ce ne sont pourtant pas les possibilités qui manquent de nos jours pour le leur apprendre! Vous avez peur des représailles? Utilisez un pseudonyme!
Pourquoi ne demandez-vous pas à vos imams, à vos conférenciers et aux enseignants des écoles musulmanes de transmettre cet islam idyllique? Pourquoi ne menacez-vous pas de boycott les librairies musulmanes qui vendent des livres pro-charia et pro-jihad? Pourquoi ne descendez-vous pas dans les rues pour protester contre le « faux » islam? Après tout, il menace certainement plus de vies humaines qu’une caricature de Muhammad!
Ne devriez-vous pas être inquiets de voir les mosquées pousser comme des champignons jusqu’en Occident, en sachant qu’une bonne partie d’entre elles sont affiliées à la Muslim World League (organisation wahhabite financée par l’Arabie Saoudite) et que les textes de l’islam y sont interprétés littéralement? Ne devriez-vous pas craindre que ces établissements ne produisent des intégristes en série qui commettront un jour des crimes au nom de votre dieu et achèveront de ruiner la réputation de votre communauté ?
La façon dont les non-musulmans interprètent les textes de l’islam n’a absolument aucune importance à partir du moment où nous ne croyons pas à leur origine divine et ne les appliquons pas dans nos vies !
Ce sont des musulmans qui célèbrent le mariage de fillettes avec des pédophiles, kidnappent des jeunes filles d’autres confessions pour les violer et les forcer à se convertir, amputent des voleurs, flagellent des célibataires qui font l’amour, lapident des personnes mariée qui commettent un adultère, exécutent des apostats, pendent des homosexuels, entraînent des enfants-soldats et persécutent des minorités religieuses (y compris des branches minoritaire de l’islam). Ne pensez-vous pas que les musulmans qui appliquent à la lettre les versets et hadiths les plus violents nuisent bien plus à la réputation de l’islam que tous les non-musulmans mis ensembles ne sauraient le faire ?


L’exégèse imaginaire

Si la violence islamiste s’expliquait vraiment par une mauvaise interprétation des textes fondateurs de l’islam, ça ne devrait pas être difficile à prouver non? Pourquoi ne pas commencer par nous donner le nom de l’auteur de cette mystérieuse exégèse censée pouvoir relativiser toute cette barbarie? Jusqu’à présent, aucun des musulmans avec qui j’en ai discuté n’a été capable de me le donner, encore moins de m’en citer des extraits. Est-ce l’exégèse de Tabari? De Al Qurtubî? De Samarqandî? De Ul Kabîr? Existe-t-elle seulement?
« Au royaume de aveugles les borgnes sont rois » dit un proverbe et au royaume de la mécréance, il est assez facile pour le musulman moyen, surtout s’il a un nom à consonance arabe, de faire croire aux mécréants que son appartenance à l’islam lui confère de grandes connaissances sur sa religion et une maîtrise de l’arabe. Pourtant, beaucoup de musulmans (la plupart?) n’ont jamais lu le Coran en entier et connaissent peu ou pas les hadiths. De plus, la majorité d’entre eux n’ont pas l’arabe comme langue maternelle et, de toute façon, la quasi-totalité des arabophones ne comprennent à peu près rien à l’arabe coranique (les éditions arabes du Coran sont des traductions au même titre que les autres).

Tenter de se convaincre soi-même

Vous savez ce que je crois? Je crois que cet islam de paix et d’amour, bon nombre d’entre vous n’y croyez pas plus que moi! Au mieux pouvez-vous seulement prétendre qu’il existe. Votre discours rassurant est réservé aux infidèles parce que vous savez parfaitement bien qu’il ne tiendrait pas la route devant des musulmans bien informés. C’est l’ignorance à propos des textes de l’islam qui permet à ce discours de conserver un reste de crédibilité (du moins dans l’esprit de ceux qui croient encore à la bonté intrinsèque de toute religion). Qui essayez-vous réellement de convaincre? Les non-musulmans ou vous-mêmes?
Avec tous ces terroristes qui révèlent chaque jour un peu plus de la face cachée de l’islam, la supercherie est de plus en plus difficile à maintenir. Faute de pouvoir empêcher l’islam de ternir lui-même sa réputation, plusieurs d’entre vous cherchent à ternir celle de quiconque ose le critiquer. Islamophobe, ignorant, raciste, xénophobe, nazi, aucune insulte ne semble assez forte pour nous qualifier.
Cette tactique pitoyable prouve que nous ne sommes pas si loin de la vérité. Si la mauvaise réputation de l’islam était seulement un malentendu, vous ne réagiriez pas ainsi. Normalement, on n’insulte pas ceux qui se trompent de bonne foi, on leur explique plutôt calmement en quoi ils se trompent, en amenant des preuves convaincantes. Si vous ne le faites pas, c’est que vous savez au fond de vous-mêmes que c’est impossible.
Penser par soi-même. Les choses sont tranquillement en train de changer. Les gens se lassent de laisser les autres penser à leur place et sont de plus en plus nombreux à lire le Coran et même des recueils de hadiths afin de se faire par eux-mêmes une opinion sur l’islam. Ce n’est jamais facile de réaliser qu’on s’est trompé. Le réveil est brutal mais il est salutaire. Des gauchistes, des féministes, des multiculturalistes et même des musulmans réalisent enfin qu’ils se sont fait avoir et que l’islam n’a rien du conte de fée qu’on leur a dépeint. Lorsqu’on pense par soi-même, on ne peut plus se mentir.
Nous nous servons enfin de notre propre jugement et écoutons notre conscience plutôt que le prêt-à-penser politiquement correct. Nous avons cessé de croire que nos perceptions ne sont pas les bonnes, que les mots ont un autre sens que celui que les dictionnaires leur donnent, que toutes les traductions du Coran sont déficientes, que la haine c’est de l’amour, que la discrimination c’est de l’inclusion et que la guerre d’agression c’est de l’autodéfense. Nous avons cessé de croire que le problème ce n’est pas l’islam.

http://boulevarddelislamisme.b [...] 60220.html