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Chapitre 1 : Premiers regards

« Je me relève difficilement et fixe mon père. Mes yeux le supplientde m’aider mais il ne bouge pas, jugeant que ce n’est pas de sonressort. Je frotte ma joue rouge et ramène mon regard vers l’autrehomme, celui que mon père m’a imposé comme futur époux. Mon corps mefait souffrir horriblement comme à chaque fois. Je m’assieds et évitede regarder mon « fiancé »


« Où étais-tu et ne me mens pas ! Tusais que j’ai horreur quand tu mens ! » Sa voix est calme maisdissimule sa colère comme à chaque fois.


« Partie chercher dubois, je te l’ai déjà dis… » J’essaie de rester calme et de ne pas leregarder droit dans les yeux pour ne pas l’énerver encore plus. Je memords la lèvre, il ne me croira pas, il est toujours comme ça.
Etj’ai raison sa gifle me fait retomber allongée par terre. Je gémis dedouleur et me ramasse un coup de pied dans le ventre au passage. Ilsait qu’il ne risque rien : mon père est malade et ne s’est jamaismêler de nos discussions ! Yuna est resté gentil avec moi jusqu’à ceque mon père laisse sous entendre qu’il pourrait m’épouser et doncgouverner notre village. Rien d’officiel mais comme ils disent tous ici: personne d’autre n’aurait accepté de m’épouser !


« Tu disparaisalors que le Roi du pays voisin viens et tu n’es même pas habillée ! Tumériterais de rester dans ta chambre ! Tu ne remplis pas ton rôle !Mais ne t’inquiètes pas je vais te passer l’envie de recommencer, jevais te dresser Cagalli, et tu obéiras ! Tu m’entends ! » Susurre-t-ild’une voix calme et froide.
Meer, sa maitresse, vient près delui. Je ne comprends pas pourquoi avec elle il est si doux et gentil.Il l’enlace et l’embrasse langoureusement sur les lèvres devant moi.J’en profite pour me relever un peu et m’asseoir par terre. Je frottemon ventre douloureux. Je crie quand ses mains empoignent mes cheveuxet me force à me relever.


« Va mettre une robe, traînée ! » C’estsa seule phrase avant de me pousser vers ma chambre. J’y entre sansdiscuter, en 2 ans j’ai appris à ne pas discuter. Si je parle ce serapire que maintenant.


Je me laisse tomber sur mon lit et sens leslarmes couler sur mes joues rougies. J’ai mal par tout. Je sais qu’ilfaut que je me prépare. Je soupire et me dirige vers le bac d’eau pourme rincer la figure. Je regarde mon reflet dans l’eau avant d’y plongermes mains et d’asperger ma figure d’eau froide. Je me dirige vers lecoffre et cherche après une robe convenable à l’intérieur.


Le roidu pays voisin vient ! Je soupire, ça m’est égal. Après une guerremeurtrière avec un autre village plus imposant qui a failli nous couternotre liberté, mon père a cherché une protection. La seule qu’il atrouvée fut celle-là : se mettre sous la protection d’un peuple plusimportant, d’un seigneur qui aurait une armée. Le plus proche et leplus puissant est le roi Asuran Zala, jeune homme de 25 ans qui règnedepuis 3 ans sur son royaume. Meer s’est réjouie, ainsi que ses amies.Ce roi a une réputation de coureur de femmes, il a plus de maîtresseparait-il que de jours dans une année ! En plus, il est beau et sexyd’après les rumeurs.


Je soupire et empoigne une robe vertesimple. Je l’enfile et démêle mes cheveux dorés avant de les nouer tantbien que mal. Je sors de ma chambre et rejoins mon père dehors. L’arméealliée est arrivée. Yuna est entrain de parler avec Meer et avec unchevalier que je ne connais pas. Mon père est avec eux et commetoujours depuis 2 ans, il laisse Yuna décider. Je me détourne et mefaufile à travers les gens. Avec un peu de chance, ils seront tropoccupés pour remarquer mon absence. Je gagnerai quelques minutes depaix et de liberté. Je me dirige vers la sortie du village, vers larivière, mon sanctuaire….


Les soldats alliés sont partout dans levillage, ils prennent possession des lieux comme si ils étaient chezeux ! Arrivée à la sortie du village, je me fige. Ils ont construitleur campement ici près de la rivière ! Comment vais-je faire pourpasser ? Il faut que je passe inaperçue, sinon je vais avoir desdoubles ennuies : les soldats qui vont me prendre pour une espionne etYuna qui ne va pas apprécier que j’ai disparu !


J’inspire et commence à traverser le campement, me faufilant entre les tentes. Je souris tout se passe bien pour l’instant.


« Et toi, tu vas où comme ça ! » La voix crie derrière moi et sansréfléchir si c’est bien pour moi, je commence à courir en direction dela rivière. Je me dirige vers le centre du campement. Je me retournepour voir derrière moi et je constate que plusieurs guerriers mesuivent. Je cogne violemment dans quelque chose de dur. Je perdsl’équilibre et ferme les yeux attendant l’impact …. Qui ne vient pas !


Jerouvre les yeux et constate que quelque chose me tient délicatement parle bras. Mes poursuivants arrivent à mon hauteur. Je devrais relever latête pour voir qui m’a rattrapé mais j’ai peur de ce que je vaisrencontrer.


« Désolés Monseigneur, elle a été plus rapide que nous… Cela n’aurait pas du arriver ! » S’excuse un des hommes.


L’hommedans lequel j’ai cogné me tient toujours le bras. Je me décide à leverles yeux et rencontre un magnifique regard émeraude. Je reste sansbouger, les yeux rivés aux siens même si je sais que c’est impoliqu’une femme regarde un homme dans les yeux…. Le temps s’est arrêté !


Ildétourne ses yeux en premier et fixe l’homme qui vient de parler. Jetourne la tête dans la direction des guerriers et je sens la peurmontée en moi très rapidement. Je commence à paniquer. Je sais que jevais regretter de m’être faufilée dans leur camp et qu’après Yuna m’envoudra.


« Je suis …. Je suis… vraiment désolée…. Je ne ….Voulais…. Pas... en fait … je… » Ma voix et mon corps tremblentviolemment. Je sais que j’ai commis une erreur et j’en redoute lesconséquences.


« Tais-toi, traînée ! On ne t’a pas demandé tonavis ! » Rétorque un des gardes qui me poursuit. Je ferme les yeuxattendant la « punition » et je tremble encore plus qu’avant,complètement terrorisée par la situation.


« C’est comme ça que tuparles à une dame ? » La voix est calme et glaciale. Je peux y sentirle mécontentement de son propriétaire. Le guerrier s’excuse d’une voixremplie de respect. J’ouvre les yeux quand j’entends la même voix, quis’est radoucie me demander : « Comment s’appelle notre charmantedemoiselle ? »


« Cagalli Yula Attha… » J’ai murmuré et ose à peine relever les yeux vers mon sauveur qui me tient toujours le bras.


« Hum, enchanté. Asuran Zala. » Il s‘est présenté toujours avec une voixdouce et calme. Je me détends un peu, apparemment il n’est pas encolère contre moi. Il me lâche le bras. Je tourne la tête vers lesguerriers, ils sont toujours là, silencieux et au passage je constateque beaucoup de monde nous fixe. Je sens mes joues rougir.


« Viens avec moi… » Je relève la tête et acquiesce doucement. Quem’arriverait-il si je refusais de faire ce qu’il me demande ? Je suisen présence du roi qui va bientôt prendre possession de notre village.Je ne l’imaginais pas comme ça, si courtois … pour lui je ne suis riend’autre qu’une paysanne alors pourquoi être si gentil. Il se dirigevers une tente et je le suis lentement. J’ignore pourquoi il veut nousisoler et je ne peux m’empêcher de redouter un peu ce ’’tête-à-tête’’.Que veut-il réellement ? Je sens mon corps recommencer à trembler depeur : peur des coups qu’il pourra me donner quand nous serons seuls etpeur de ne pas savoir s’il ne va pas exiger autre chose de moi….Quelque chose que même Yuna n’a pas encore prit malgré son droit surmoi.


Nous entrons, l’intérieur est vaste et plus ou moins meublé.Je laisse mes yeux faire le tour de la tente : une table avec quelqueschaises autour, sur laquelle je remarque une carte ; une couchecouverte de fourrure ; un « trône » où j’imagine qu’il doit siéger ;des coffres ; ….


« Assied toi sur le lit… » M’ordonne-t-iltoujours d’une voix douce et calme. J’obéis un peu perdue… Le litpourquoi ? Je commence à redouter ce qui va suivre. Il va vers un descoffres et l’ouvre. Je détourne les yeux et fixe mes pieds. Je sais queles hommes n’aiment pas qu’on les regarde. Je sursaute quand ils‘assied à côté de moi et je ne peux empêcher mes muscles de se tendred’appréhension.


« Relève un peu la tête. » Me demande-t-il.J’obéis toujours sans le regarder. Je sens quelque chose de froid ethumide se poser sur ma joue blessée par la gifle de Yuna. Je lui lanceun regard surpris.


« Une lotion qui va calmer la douleur. Dis-moi comment t’es-tu fait ça ? » Demande-t-il.
Jedétourne la tête et évite son regard mais je ne dis rien. À quoi çaservirait de parler ? Et puis, il comprendrait surement Yuna.


« Comme tu veux…. » Ses doigts remplacent le tissu et glisse sur ma jouefroide, chaud frôlement. Je frissonne sous la caresse. Je tourne monregard vers lui et rencontre à nouveau ses magnifiques yeux verts quime fixent chaleureusement et tendrement. Personne, si ce n’est mon pèrequand j’étais petite, ne m’a regardé comme ça. Je sens mes jouesbrûlées à nouveau.


« Tu es la fille du chef de ce village ? » laquestion ne me surprend pas et je réponds en hochant timidement de latête. Il est toujours assis à côté de moi, si près que je sens sarespiration frôler ma peau sensible. Je tourne la tête et constatequ’il a la tête penchée vers moi, les yeux rivés aux miens. Nousrestons sans parler et sans bouger. Il penche un peu plus la tête etses lèvres frôlent délicatement les miennes….


« Monseigneur …Hum, désolé je ne savais pas… » Il relève la tête rapidement et lanceun regard vers le nouveau venu, un chevalier aux yeux bleu glacés etaux cheveux argentés tombant correctement sur ses épaules.


« Oui,Yzak.. » Il me lance un regard en coin. Je sens mes joues qui mebrulent. Misère, il a failli m’embrasser sur les lèvres. Je me mords lalèvre inférieure, le pire c’est que je n’ai rien fait pour l’empêcher.J’attendais patiemment que nos lèvres se rencontrent.


« Jevoulais juste savoir si vous comptiez vous rendre au village ce soir…Il fait déjà nuit. Je crois qu’il serait plus prudent d’attendredemain, quand nos messagers seront de retour. Et avez-vous déjà pensé àleur proposition de mariage ? » Déclare-t-il d’une voix neutre.


Jesursaute : mariage ?!? Alors mon père va vendre une femme du villagepour obtenir sa protection. Je ne suis pas étonnée, il m’a bien donnéeà Yuna… Mais qui sera sacrifiée pour le bien de la communauté touteentière ?
« Ils me laissent le choix. J’ai rencontré un des chefstantôt, un certain Yuna Seiran…. Il m’a dit que je pouvais prendrecelle que je voulais, même si elle est déjà promise… Je n’ai plus qu’àles rencontrer demain lors de la fête. » Déclare-t-il tranquillement.Je sens mon cœur se serrer, alors pour lui les femmes sont juste desobjets à échanger ?


« Sans indiscrétion, quel sont vos critèresde choix ? Vous n’allez pas encore une fois parler de votre … hum …

« âme sœur » ? » Demande un peu mal à l’aise le guerrier.


« Tu neveux pas me croire ? Ne t’inquiète pas, j’ai déjà choisit ma futureépouse… » Déclare-t-il en reportant sur moi son regard. Je sens leregard de l’autre homme se poser sur moi.


« Oh je vois, dans ce cas je vais vous laisser… »


« Très bien Yzak, à demain … » l’autre sort sans rien ajouter après avoir saluer militairement le Roi.


Jerelève les yeux vers mon « compagnon ». Il me sourit doucement et remetune de mes mèches derrière mon oreille, caressant au passage ma joue.Je sens de nouveau une rougeur colorée ma peau blanche.


« Tu vasrester ici cette nuit. C’est plus sure que de rentrer en pleine nuitdans ton village… » Dit-il soudainement. Je frisonne de peur. Une seulechose me vient à l’esprit : la réaction de Yuna si je ne rentre pas.


« Je …. Je ne peux pas …. Il faut ….. Il faut que je rentre sinon il va….. » J’arrête me rendant compte que je risque d’en dire trop. Je levois se raidir et me fixer un peu surpris. Je déglutis difficilement,en abaissant mon regard vers le sol.


« Je vois…. Il c’est ??? » Questionne-t-il.


« Yuna… s’est euh …. En quelque sorte mon fiancé… » Je déclare d’une voix basse.


« En quelques sorte ? » sa voix exprime la surprise.


« Selon nos coutumes, une fille ne peut pas être fiancée avant ses 18ans. Je n’aurais 18 ans qu’en mai, alors pour l’instant il a juste lapromesse d’être mon futur époux … » j’explique toujours en fixant mespieds.


« Je vois…. Mais tu resteras ici cette nuit. Tu rentrerasavec nous demain dans la journée…. » Déclare-t-il sur un tonautoritaire.


« Mais je … si je ne …. » je plaide pour entrermaintenant au village, « ce sera pire demain, déjà que je ne devraispas être sortie sans sa permission… » Je ne réfléchis plus à ce que jedis, trop terrorisée par ce qui m’attends quand je rentrerais chez monpère.


Je sursaute quand sa main se pose sur les miennesrassemblées sur mes genoux. Il se rapprocha un peu et de son bras librem’attire à lui. Je me retrouve blottie contre lui avec ses brasprotecteurs autour de moi …. Curieusement je me sens en sécurité là,tout contre lui….


« Chut calme-toi … Je serais avec toi demain….Il ne te fera rien, je te le promets… je vais te protéger. »Murmure-t-il le nez enfoui dans mes cheveux. Je sens involontairementmon corps se détendre. Je ne le connais pas, mais j’ai confiance enlui…. Je ferme les yeux et savoure ce rare moment où je me sens bien eten sécurité.


Je les rouvre surprise et légèrement apeurée. Ilvient de nous allonger sur la couche et est au dessus de moi. J’ai peurde ce qui va suivre… je n’ai jamais été avec un homme dans un lit …. Jen’ai jamais été avec un homme tout court. Il plonge son regard dans lemien et se relève un peu. Je me mords la lèvre et sens les larmesmonter à mes yeux fatigués. Il me sourit pour me rassurer et pose seslèvres sur mon front avant de se laisser tomber à côté de moi.


« Je ne voulais pas t’effrayer…. » Murmure-t-il doucement. Je tourne latête vers lui et me détends un peu. Il passe ses bras autour de moi etm’attire à lui. Je me tends à nouveau, mais il caresse mon doslégèrement pour me détendre.


« Dors, je vieille sur toi et surtes rêves… » Il embrasse de nouveau mon front. Je n’aurais jamaisimaginé qu’un homme puisse être aussi doux et tendre envers une femme.C’est nouveau pour moi cette tendresse masculine. Je ferme les yeux etinspire lentement avant de me rapprocher un peu de lui, source dechaleur si douce. Je sens ses bras m’enlacer un peu plus et le vide sefait tout doucement dans mon esprit …. »
« Je me relève enhaletant sur le lit. Je sens mon corps tremblé de froid et de peur. Uncauchemar ! Encore un, comme toutes les nuits. Plus le temps passe etplus je redoute le moment où je vais m’endormir à cause des rêves.C’est comme ça depuis la mort de ma mère il y a 3 ans…. J’essaie dereprendre mon calme, d’oublier ces images horribles qui m’assaillent etrefusent de quitter mon esprit. Ai-je crié quand je me suis réveilléecomme dans mon rêve ? Je l’ignore, mais j’espère que non. Si j’airéveillé quelqu’un, je vais le payer cher, très cher. J’enfouie ma têtedans mes mains.

Je sursaute quand deux mains glissent autour de mataille et m’attirer contre un corps chaud. Je dors seule, … donc quiest-ce ? Complètement désorientée par mon rêve et ma peur, je me débatspour me libérer. La pression sur moi se fait un peu plus forte, maisreste très douce.


« Chut… calme-toi, c’est juste un rêve… » Lavoix masculine susurre à mon oreille. Je sens sa respiration frôler manuque régulièrement.


Je continue de me débattre. Les mains meforcent à faire volte face et sans que je comprenne comment je meretrouve blottie dans des bras rassurant. Une main caresse tendrementmon dos et je sens des lèvres se poser sur mon front humide. Peu à peuje me calme et me rappelle où je suis : dans le campement de l’arméeavec le Roi. Je déglutis espérant ne pas lui avoir fait mal en medébattant.


« Voilà, est-ce que ça va mieux ? » sa voix me faitsursauté et je secoue négativement la tête sentant les larmes couléesle long de mes joues blanches. Il s’éloigne un peu de moi et me fixe deson regard perçant avant d’essuyer délicatement mes larmes.


« Tuveux me raconter ton rêve ? » sa voix est toujours calme et tendre.J’ouvre la bouche mais suis incapable d’émettre un son. Je sens leslarmes redoubler sur mes joues. Sans réfléchir, je me blottis contrelui et entoure sa nuque de mes mains. Je pleure contre lui sans pouvoirm’arrêter. Il referme ses bras autour de moi et se contente de meserrer contre lui de manière protectrice et …. un peu possessive….


Jefinis par me calmer un peu. Je ne bouge pas, je reste blottie contrelui, rassurée par sa chaleur et sa douceur. Je ne le connais pas, ilest un parfait étranger pour moi pourtant dans ses bras je me sens ensécurité et bien, extrêmement bien. Je devrais m’en méfier, trouverétrange son empressement à me garder près de lui, mais je n’y arrivepas. Je me sens en confiance et je ne peux nier qu’il a un certaineffet sur moi … effet que je ne sais pas expliquer : quand il estproche de moi ou que ses yeux se posent sur moi, je sens mon corpstrembler ; mon cœur s’accélérer et mes joues rougir. Malgré cesmalaises je me sens parfaitement bien avec lui…. Et pourtant je leconnais que depuis quelques heures !


Je me détache de lui et baise les yeux vers le sol.


« Je suis désolée pour …. » je murmure hésitant sur l’explication à fournir.


« Chut, ce n’est rien. Tu as fais un cauchemar et tu étais un peu perdue. » Sa voix est rassurante et chaude. Il glisse une main sous mon mentonet me force à relever la tête avant de se pencher et d’embrasser monfront. Je sens le rouge monter violemment à mes joues. Il m’attireensuite à lui délicatement et nous rallonge lentement sur le lit. Je meretrouve couchée à côté de lui en train de me noyer dans cesmagnifiques et profonds yeux émeraude.


« Tu vas mieux ? » medemande-t-il au bout d’un certain temps. J’hoche positivement de latête et essaie de lui sourire. Pourquoi est-il si gentil avec moi ?Depuis quand les hommes sont gentils et attentionnés avec les femmes ?


« Raconte-moi si tu veux, je suis sure que tu iras mieux après… »


« Je ne me souviens que vaguement de mon rêve », je murmure, les yeuxdans le vague, « je sais que je rêvais de ma mère…. Et de mon …. Futurépoux…. Tout est emmêlé dans mon esprit … »


« Ta mère et ton ….Fiancé… » Il butte sur le mot fiancé. J’acquiesce de la tête et sens denouveau les larmes coulées sur mes joues.


« Elle est morte il y a3 ans … dans une attaque du village… sous mes yeux … et … il était làmais il n’a …. Rien fait … je ne sais pas pourquoi … il aurait pu mais…. Il n’a pas bougé …. Après il a obtenu …. La promesse de m’épouser ….Il sait …. Il sait qu’il aura le pouvoir sur le village, mon père lui atout céder avant même que l’on soit marié …. Alors pourquoi est-cequ’il… » Je m’interromps effrayée par ce que j’ai failli dire. Jesuppose qu’il n’a pas compris.


Je sens sa main caresser ma joueet essuyer mes larmes. Il m’attire à lui et je sens ses bras s’enroulerautour de ma fine taille. Ses lèvres se posent sur mon front pour unbaiser léger et éphémère.


« C’est lui qui est responsable descoups que tu portes ? » Demande-t-il. Je préfère ne pas répondre à laquestion et m’éloigne un peu de lui. Son regard se durcit et lapression de ses mains sur moi devient un peu plus forte. L’ai-je mis encolère parce que je ne lui ai pas répondu ? Je cherche rapidement ceque je pourrais répondre….


« Je te promets qu’il ne te fera plusjamais de mal …. Je vais veiller sur toi et te protéger maintenant. Jete le promets ! » Il a l’air sur de lui, il oublie que dans quelquesjours il rentrera chez lui.


Je n’ai pas envie de penser à sondépart. Je secoue la tête et replonge mes yeux dans les siens. Je luisouris et lui murmure un « merci ». Il m’attire à lui et je me blottiscontre lui, la tête posée sur son épaule, une main sur sa poitrine.Alors que lui m’enlace et me serre contre lui.


« Essaie dedormir, ici il ne peut rien t’arriver. Je suis là » Je ferme les yeuxun léger sourire sur les lèvres. Je me sens très calme et en sécurité.Peu à peu je sombre dans le sommeil …. »
« Je suis réveillée, lalumière tamisée caresse mes yeux clos. Je n’ai pas envie de les ouvrir,ni de penser à la réaction de Yuna et de mon père quand ilsconstateront que j’ai découché. Je suis bien pour l’instant et jedésire en profiter le plus longtemps possible. Je ne bouge pas, marespiration est calme. J’ignore s’il dort encore ou non, mais je trouveagréable le contact de son corps contre le mien et sa chaleur.

« Mon Seigneur, quand comptez-vous… » Demande la voix d’un homme.


« Chut, elle dort encore et tu risques de la réveiller. » Il a murmuré et n’a pas bougé. L’autre homme ne dit rien.


« Si tu n’as rien d’important à m’annoncer, sors. Je te préviendraisquand j’aurais besoin de toi…. » Il parle à voix base mais sur un tonferme. J’entends l’autre homme s’excuser et le silence se refait dansla tente.
Je souris doucement, charmée par sa douceur et soninquiétude pour moi. Il prend soin de moi, il s’inquiète juste parceque je pourrais être réveillée. Comment quelqu’un que je connais àpeine peut-il être si attentionné pour moi ?


Sa main caressedélicatement mon dos et avant de venir sur ma figure, d’écarterquelques mèches de cheveux et de dessiner les contours de mes traits.Je frissonne alors que ses doigts caressent ma bouche, je sens le rougemonté à mes joues et j’ouvre lentement les yeux.


« Tu es belle… »Je souris gênée par sa proximité. Sa respiration frôle mes joues et meslèvres à un rythme régulier. Il est très proche de moi, plus proche quela décence le permet entre un homme et une femme non mariés.


« Mer …. Merci … je …. » Je bafouille. Je dois avoir l’air idiote là ! Jele vois sourire et je baise mes yeux pour ne pas rencontrer son regardenvoutant. Je sens la pression de ses mains augmenter sur ma taille etil m’attire un peu plus à lui avant d’embrasser mon front. Juste unelégère pression de ses douces lèvres sur ma peau….. Pourquoi est-ce queje n’arrive pas à trouver bizarre ses gestes, son comportement avec moi? Il me rappelle mon père et ma mère à l’époque où cette dernière étaitencore en vie.


« Tu as bien dormi ? » me demande-t-il à voixbase. J’acquiesce de la tête sans oser le regarder. Il glisse une mainsous mon menton pour me forcer à relever la tête. Il plonge ses yeuxdans les miens et sa main caresse doucement ma joue. Il approchedoucement ses lèvres des miens… J’abaisse subitement la tête et seslèvres rencontrent ma chevelure. Mes joues sont en feu et mon cœur batà tout rompre. Si je n’avais pas baisé la tête, il m’aurait embrassée.


« Tu as faim ? » je réponds par un oui à peine audible. Il me demande dene pas bouger et se lève. Il revient au bout de quelques minutes. Je mesuis assise sur le lit et je l’observe : il porte un pantalon et unetunique légèrement ouverte, il est plutôt musclé comparé aux hommes duvillage surement grâce à la guerre. Il a la peau blanche, plus que moi,des cheveux bleus nuit qui lui tombent sur les épaules et demagnifiques yeux émeraudes. Je ne peux détacher mon regard de lui.


Ilse retourne et m’adresse un gentil sourire. Un garde entre avec unplateau et le dépose sur la table avant de saluer et de sortir. Ilprend le plateau et revient s’asseoir sur le lit près de moi. Ilm’invite à manger. Nous dégustons le pain, les fruits et les autresmets en silence.


« Dis-moi, où espérais-tu aller hier quand tu traversais le camp ? » me demanda-t-il soudain.


« À mon sanctuaire… » Je réponds les yeux dans le vague.


« Ton sanctuaire ?? » Sa voix est étonnée.


« Hue ?!? Ah oui, j’aime aller dans un endroit bien précis près de larivière. Personne n’y va à part moi. Je me sens bien là-bas… je savaisque c’était stupide et dangereux de traverser le camp, mais j’avaisbesoin d’y aller après …. Ce qui venait de se passer… » Je laisse maphrase en suspend. Je n’ai pas envie de raconter ce que Yuna m’a fait.Je sens les larmes rouler sur mes joues. Sa main caresse mes joueshumides et je me laisse glisser contre lui. Je désire plus que toutretrouver la chaleur et la sécurité de ses bras.


Je relèvelentement la tête et croise son regard. Il desserre un peu son étreinteet me sourit. Je me redresse et m’assied sur mes genoux. Il passe unemain autour de ma taille et de l’autre me force à relever la tête. Ilpenche lentement la tête vers moi et s’arrête à quelques centimètres dema bouche. Sa respiration taquine mes lèvres. Il semble hésiter, ilfaut dire que depuis hier soir j’ai tout fais pour éviter que l’ons’embrasse. Je devrais me reculer, je le sais. Mais je ne bouge pas.S’il m’embrasse il aura mon premier baiser… et j’ai envie de sentir seslèvres contre les miennes… Je sens mes joues brulées et je fermelentement les yeux, attendant la suite. Il dépose doucement ses lèvressur les miennes. Je frisonne, le contact est doux, tendre et ….amoureux ?!?
Le baiser ne dure pas longtemps. Après il m’attire àlui et me garde serrée contre sa poitrine. J’entends son cœur battreaussi vite que le mien. Il est aussi troublé que moi par notre baiser.Je constate en me redressant un peu que ses joues sont légèrementrouges.


« On ira à la rivière avant de rentrer au village … » murmure-t-il. »
« Je regarde le courant tranquille de la rivière, elle suit son courtlentement comme tous les jours. J’aime l’observer, regarder l’eaus’écouler lentement me calme, me rassure. Depuis que je suis toutepetite, je viens ici quand je suis triste ou que j’ai besoin d’êtreseule. J’avoue y être souvent venu pleurer ces dernières années. J’aimeaussi le décor qui l’entoure, les fleurs en été et les arbres qui labordent. Mon sanctuaire se trouve sous un grand saule pleureur quilaisse ses branches caresser amoureusement la surface de l’eau. Je suissous son feuillage vert foncé. Je sais que l’année prochaine à cettemême période je ne pourrais plus venir, car je serais marié. Je sersles dents pour ne pas encore pleurer.


« Jolie vu… » La voixmasculine me fait légèrement sursauter et je me retourne vers lenouveau venu. Il est là dans son armure, il ne rentre pas sous latoiture formée par l’arbre, il reste en périphérie dans mon « sanctuaire ». Je sais qu’il a demandé aux gardes qui nous accompagnentde rester sur le chemin.


« Je peux ? » demande-t-il à voix base. Je penche la tête sur le côté cherchant à comprendre le sens de cette question.


« La nature est à tout le monde… » Je murmure en le regardant dans les yeux avant de détourner le regard vers le sol.


« Je ne veux pas entrer dans ton sanctuaire sans ta permission… » Il n’apas bougé, attendant ma réponse patiemment. Je suis un peu étonnée durespect qu’il me témoigne tous le temps. Je relève la tête et hochepositivement la tête.


Il me rejoint lentement. Je me retournepour regarder de nouveau la rivière, les joues légèrement rouges. Il s‘arrête juste derrière moi, si près que je sens sa respiration frôlerlégèrement ma nuque. Je frisonne doucement. Seigneur sauvez-moi. Je mesens tellement troublée par sa présence, je n’arrive pas à lui refuserquelque chose. Je me raidis en pensant à la réaction de Yuna quand ilme verra tantôt, surtout s’il me voit en compagnie du Roi.


Jesens ses bras s’enrouler autour de ma taille. Pour la … j’ignore lenombre de fois en fait, … je me retrouve à nouveau dans ses bras,serrée contre lui. Il enfouies sa tête dans mes cheveux et me serre unpeu plus contre lui. Je ferme les yeux, me sachant en sécurité dans sesbras protecteurs.


« Ne t’inquiète plus, … je suis là quoi qu’ilarrive… je ne laisserais personne te faire du mal… » Il murmure le neztoujours enfouie dans mes cheveux. Je soupire et me retourne dans sesbras.


« Tant que vous êtes là …. Mais après ? » Je n’ai puempêcher la question de franchir mes fines lèvres. Je sens le rouge memonter aux joues, qui suis-je pour lui poser une question ? Je medégage de son étreinte et m’éloigne de lui. Il augmente la pression deses mains sur moi et m’attire à lui.


« Maintenant que je t’aitrouvé, je n’ai pas l’intention de te perdre…. Ni de te laisser ici ! »Susurre-t-il à mon oreille. Que veut-il dire par là ?
A suivre