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Chapitre 2 : Décisions



« Je commence à paniquerlégèrement, mon corps tremble et ma gorge devient sèche. Dans quelquesminutes, je serais face à Yuna et à mon père. Je me doute qu’ils saventque j’ai découché cette nuit, vu que je n’étais pas là au matin pouraider à préparer le repas. Intuitivement, je me recule sur la selle. Jesens la pression de ses bras se faire plus forte autour de ma taille.Il dépose un baiser sur ma tempe.


« Tout va bien… » Murmure-t-il à mon oreille.


J’inspireet expire pour calmer ma tension et je ferme les yeux un peu, savourantla chaleur que dégage son corps contre le mien. Je rouvre les yeuxquand je sens le cheval s’arrêter. Mon regard rencontre directementcelui de Yuna puis celui de mon père et enfin celui des autres membresdu conseil du village. Ma respiration se bloque quand je constate leurcolère en me fixant.


« Cagalli, mais où étais-tu passé ? »Demande mon père alors qu’Asuran,… hum pardon … le Roi descend de soncheval. Je tourne mon regard vers mon père et entrouvre la bouche maisYuna est plus rapide que moi.
« J’espère que tu as uneexplication valable pour ton absence… » Susurre-t-il. Je sens dans savoix sa colère. Et je baise la tête, n’osant pas regarder les autreshommes et encore moins mon Protecteur. Je sais que je dois m’expliquermais j’ignore comment expliquer la situation. Je sens les mains du Roise poser sur ma taille et me soulever pour me déposer par terre. Jecroise son regard quelques instants et me sens un peu rassurée par saprésence.


« Tu nous fais attendre Cagalli… peux tu répondre quandon te pose une question ! » la voix de Yuna cache de plus en plus malsa colère. Je déglutis et cherche un mensonge réaliste, pour limiter sacolère et les conséquences de cette dernière. Les autres hommes duvillage murmurent entre eux, ainsi que les villageois assemblés autourde nous.


« Avec moi » La voix est froide et tranchante. Je relèvela tête vers lui et je constate que son regard est dur et froid, je nel’avais jamais vu avec cette expression avant. J’imagine facilement quece regard-là doit pétrifier les gens qui le contrarient. Le silenceretombe instantanément sur l’assemblée, plus personne ne parle et toutle monde nous fixe. Je me sens rougir et je baisse la tête. Je sais cequ’ils pensent tous de moi, ils me considèrent comme une fille facile.Je lance un regard à mon père et constate qu’il est choqué plus qu’encolère.
« Quoi ?!? » demande Yuna la voix interloqué et l’air surpris.


« Etbien, ça commence bien ces pourparlers ! » Déclare le guerrier blondqui nous accompagne « Ils sont sourds ou ils ne parlent pas notrelangue ? »


« Dearka, tais-toi ! » Répond le guerrier appelé Yzak. Je relève la tête vers mon Sauveur et le fixe un peu. Et maintenant ?


« J’ai dit », reprend-il calmement mais toujours de manière froide et enfixant mon fiancé droit dans les yeux, « avec moi. Elle a passé la nuitau campement, parce que j’ai jugé que ce serait plus sure pour elle quede revenir seule en pleine nuit au village. » La fin de la phrase estdestinée à mon père je suppose.


Le silence se prolonge et enfinmon père prend la parole d’une voix calme: « Je vous remercie de vousêtre occupé d’elle Mon Seigneur. Cagalli, tu devrais rentrermaintenant. » J’acquiesce de la tête et me dirige vers notre demeure.J’y entre et tombe sur Mirrilia, mon amie. Elle semble soulagée etm’offre un beau sourire. Elle est la première a semblée heureuse etsoulagée de me revoir en vie et sans aucune blessure.


« Cagalli,tu es en vie ! » me lance-t-elle tout en m’enlaçant. Je lui rends sonétreinte gentiment. Depuis la mort de Tollé, son fiancé, Milli comme jel’appelle, s’est renfermée sur elle et en générale elle ne parlevraiment qu’à moi. Nous nous disons tout, et partageons nos peines etdouleurs.


« Oui, je ne risquais rien tu sais. Je vais te raconter ! » Nous nous installons près du feu et je commence à lui raconter. »
« La fête bas déjà son plein dans la salle principale, mais je reste encuisine avec ma tante et la mère de Milli. Je me sens bien ici, loindes autres, des hommes. Ici, je suis en sécurité, personne ne me feradu mal. Une main se pose sur mon épaule et je me retourne.

« Va dansla salle ma Puce, tu es une fille à marier aussi… même si tu as unfiancé » me dit doucement ma tante avec un léger sourire. Je soupire etsecoue la tête.


« Je suis bien ici avec toi. Je ne risque rien.Yuna n’appréciera pas que j’y sois je crois… » Je réponds en regardantmes pieds. Elle enlève sa main de mon épaule.


« Cagalli, va dansla salle. Yuna a dit que toutes les filles non mariées y seraient ! Taplace est là bas… » Déclare-t-elle en me poussant vers le rideau quisépare la salle de la réserve. J’empoigne une cruche de vin au passage,quitte à devoir y être autant travailler comme ça au moins Yuna ne mereprochera pas ma fainéantise. J’imagine qu’à la fin de la soirée, ilme donnera la « punition » que les discussions avec le conseil du Roine lui ont pas laissé le temps de m’administrer.


Je doisreconnaitre que ma première réaction est de le chercher… j’ai passé majournée à penser à lui, à me le remémorer. Je ne me suis jamais sentiecomme ça, aussi attirée par un homme, aussi troublée et surtout aussimalade de l’absence de quelqu’un. Je le repère au centre de la salle,avec tous les regards féminins posés sur lui. Personne ne connaîtencore son choix, pas même le conseil. Ses magnifiques yeux émerauderencontrent les miens et restent plongés dans mon regard. Je sens mesjoues rougir alors qu’un sourire apparaît sur ses fines lèvres. Jedevine qu’il m’est destiné.


« Va porter du vin à la table du Roi et de Yuna, Cagalli » me suggère mon oncle Kisaka avec un léger sourire.
Jefais oui de la tête et me dirige avec ma cruche vers eux. Je remarqueYuna et Meer, ils s’embrassent à pleine bouche déjà bien éméchés parl’alcool. Le regard d’Asuran ne me quitte pas alors que je m’approche.Je sens mon cœur battre de plus en plus vite. Il est à table avec sesguerriers, mon père, Yuna, Meer et surtout les membres du conseil etquelques épouses ou femmes célibataires.


J’arrive à leur hauteuret le regard de Yuna me fait comprendre que si je n’ai pas une bonneraison d’être là, j’ai intérêt à partir. Mon père me sourit faiblement,plus le temps passe et plus sa maladie le rend faible. Les autres nefont pas attention à moi alors que je remplis les coupes, trop absorbéspar leur conversation. Yuna acquiesce alors que je dépose ma cruche latable et fais un demi tour pour m’éloigner. Il ne m’a pas adressé unseul commentaire ou sourire comme si je n’existais pas. Je sens moncœur se serrer et j’ai mal de cette indifférence. Soudain une mainsaisit délicatement mon poignet. Je tourne la tête et rencontre unregard intense.


« Reste s’il te plait… » Murmure-t-il en meregardant droit dans mes yeux. Je sens mes joues brulées et lance unregard aux autres. Seuls les plus vieux ont tourné le regard vers moiet mon père me fait signe de la tête de m’asseoir. Yuna, lui, est tropoccupé à dévoré la gorge de sa maitresse.


Je m’assois à sescôtés, intimidée, et je regarde la table fixement n’osant pas releverla tête et croiser son regard. Il me sert une coupe de vin et passediscrètement un bras autour de ma taille. Il penche la tête vers moi etembrasse ma tempe avant de murmurer à mon oreille : « tu es magnifique ». Je sens mes joues bruler un peu plus. C’est vrai que j’ai pris montemps pour m’habiller, mon père en est resté étonné. Je voulais être « belle » pour lui, j’ignore pourquoi. J’ai pris un long bain et ai misun temps énorme à trouver la robe que je porterais et commentj’attacherais mes cheveux. C’était bien la première fois que monapparence physique comptait.
Je relève un peu la tête et croisele regard de mon père. Je lis dans son regard de la surprise mais ausside la fierté. Pour la première fois depuis la mort de maman je croisqu’il est heureux… pour moi. Bizarrement, j’ai l’impression qu’il estfier que le Roi s’intéresse à moi, comme si il pouvait encore choisirde m’accorder à lui plutôt qu’à Yuna. Je lui rends son doux sourire.


Jesens la pression de la main d’Asuran augmenter légèrement et je tournemon regard vers lui, intriguée. Il me sourit avant de reporter sonattention sur la discussion. Mes yeux font lentement le tour de latable, je croise le regard étonné de Meer et celui de Yuna. Je le voislui murmurer quelque chose. Je soupire doucement. Je sais ce qui vasuivre. Tout le monde sait ici qu’il a la promesse de m’avoir pourépouse, et tout le monde sait qu’il a une maitresse. Ils ne s’en sontjamais cachés et s’affichent à la limite de l’indécence dans toutes lesfêtes. Je sais que ma présence ici est peut-être tolérée mais serapunie. Ils vont m’humilier, me rappeler que je ne suis rien d’autre quela promesse de régner sur le village. Et je sais que les autres, hormisles membres de ma famille, vont eux aussi se moquer de moi. Je saisbien que pour eux je mérite le traitement et l’humiliation de voir monfiancé avec une autre. Ce que j’ignore c’est pourquoi.


Yuna sepenche et embrasse langoureusement Meer sur les lèvres. Je peuxentendre les murmures des autres, approuvant le fait que Meer est unefille bien et qu’elle est mieux que moi, que c’est elle qu’il devraitépouser. Seul mon père lance un regard désapprobateur au couple, maisil n’ose rien dire. En relevant la tête je constate le regard choquédes invités. Je sens la pression de la main de mon Protecteur se faireplus forte sur ma fine taille. Il se penche vers moi.


« Ils sonttoujours comme ça ? » me demande-t-il à voix base, alors que Yuna etMeer prolonge leur baiser qui devient vraiment indécent face à unpublic.


« Ce n’est que le début… ils feront pire après… » Jeréponds sans le regarder et je sais que si je veux éviter l’humiliationje dois retourner en cuisine. Je sens mon cœur se serrer, je n’auraispeut-être plus l’occasion de le voir avant son départ. Je tourne latête vers lui et le vois parler avec le doyen du village, grand père deMilli, encore une des rares personnes à être gentille avec moi.J’ignore ce qu’ils se racontent ils parlent trop bas et lancent detemps à autres des regards vers le couple. J’attends qu’il ait fini etqu’il rapporte son attention vers les autres pour murmurer alors que samain a quitté ma taille un « je dois retourner en cuisine… » Je croisele regard triste et affligé de mon père et le regard approbateur desautres.


Je me lève mais cette fois le Roi ne se fait pas discret,il m’attrape par la taille et m’attire à lui de manière assez visible àtous. Je retombe assisse sur lui, les joues en feu et intimidée.Seigneur, mais pourquoi a-t-il fait ça ? Je lance un regard aux autresmembres autour de la table, seuls ses amis ne tiquent pas à ce geste,les autres continuent de parler mais lancent un regard surpris versnous. Je constate que mon fiancé nous observe et fronce les sourcils.


« Reste avec moi… » Sa respiration taquine ma nuque et me faisfrissonner. Je sens mes joues rougir encore plus et mon cœurs’accélérer. Je me sens mal comme ça, il me traite comme une fillefacile et je n’apprécie pas. Je sais que la pression est trop fortepour lutter, mais ma fierté prend soudainement le dessus. Je ne suispas Meer ! Et je n’ai pas l’intention de l’être, ni de me laisserhumiliée sans rien dire. Je ne veux pas subir ça encore une fois, jepréfère partir.


« Lâchez-moi ! », j’ai parlé à voix basse pourque seul lui m’entende mais de manière froide, même si ma voix trembleun peu, « Je ne suis pas comme elle… » J’enrage intérieurement. Je lecroyais différent mais il est comme les autres hommes.


« Je sais… », murmure-t-il à mon oreille, d’une voix extrêmement douce malgrémon ton agressif, « je veux juste être avec toi… Tu m’as manqué toutela journée. » Je reste sans voix et tourne la tête vers lui, les yeuxsurpris et les joues rosées.


Je sens le regard de Yuna sur moialors qu’il reprend les lèvres sensuelles, d’après lui, de Meer. Jetourne la tête vers eux alors qu’il déclare qu’elle a des lèvresenvoutantes. Asuran leur lance un regard surpris. Je détourne les yeuxet rapporte mon attention sur le Roi.


« Pitié, si je ne pars pas ce sera pire. Je vous en prie… » Je plaide pour pouvoir m’éloigner et éviter une situation gênante.


« L’aimes-tu cet imbécile ? » me demande-t-il toujours à voix base en me fixant droit dans les yeux.


« Ce n’est pas la question … c’est mon fiancé, on me l’a imposé ! Je luidois le respect … et je … » Je continue sans vraiment savoir commentrépondre sans répondre à sa question. Il pose un doigt sur mes lèvreset me force à faire silence avec un doux sourire.


« Donc, laréponse est non… J’en suis heureux. Je t’ai promis de te protéger et jetiens ma promesse, reste juste avec moi. Je ne te demande sincèrementque ça, laisse moi profiter de ta douce et apaisante présence ; laissemoi te rendre heureuse » me demande-t-il doucement, alors qu’il meforce avec tendresse à relever la tête et à le regarder dans les yeux.Je ne sais pas quoi répondre alors je lui souris. Comment peut-on êtreaussi tendre avec une femme ? Je n’ai jamais vu un homme aussi doux etattentionné pour une femme, pas même mon père malgré son amour pour mamère.


Il m’attire à lui un peu plus et pose délicatement seslèvres sur les miennes. Je reste étonnée qu’il ose ce geste en public.Je me laisse aller au doux sentiment qui m’envahit et je ferme lesyeux, répondant timidement et maladroitement à son baiser. Il met finau baiser et je rouvre difficilement les yeux revenant à la réalité, etje sens les yeux de tout le monde poser sur nous. Ma gêne augmenterapidement et je détourne les yeux. Je ne relève la tête que quandj’entends Meer rire et murmurer quelque chose sur moi. Elle sous entendque je suis une fille facile. Bien sur un simple baiser est forcémentmal vu ici, surtout entre personnes non mariées ou non promises. Ilempire mon humiliation sans le vouloir.


« J’ai un présent pourtoi. » déclare-t-il subitement à voix haute, de manière à être entendude tous. Il attire ainsi les regards surpris de l’assemblée et jerelève la tête étonnée. Il glisse autour de mon cou une chaine en or.Le métal froid touchant ma peau me fait frissonner. Je prends lependentif en main et observe sa forme, une rose faite de pierresprécieuses. Je reste admirative, c’est bien la première fois qu’onm’offre un bijou…
« Merci, … c’est magnifique » j’ai murmuré etje lui souris doucement. Il me rend mon sourire et dépose un baiser surma joue rouge.


« Je suis heureux que ça te plaise. » Murmure-t-il contre ma peau, avant de caresser doucement ma joue.
« Elle ne peut pas l’accepter ! » la voix de Yuna est tranchante. Jetourne un regard triste vers mon fiancé, enfin pas encore tout à fait.J’aimerais pouvoir dire quelque chose, le supplier de pouvoir garder lebijou mais je sais très bien que ça ne sert à rien. Jamais iln’acceptera. Je retourne mes yeux tristes vers Asuran, il fixe Yunad’un regard froid et dur. Il me semble qu’il n’ait pas apprécié laremarque de ce dernier.


« Pourquoi pas ? » demande Dearka étonné, prenant part pour la première fois depuis mon arrivée à la conversation.


« Parce qu’elle est ma fiancée, et qu’elle ne peut accepter aucun présentd’un autre homme que moi » répond froidement Yuna toujours en me fixantdu regard. Je soupire de tristesse et cherche après le fermoir pourl’enlever de mon cou et le rendre.


« Ce n’est pas ta fiancé ! » la voix d’Asuran a imposé un silence dans la salle. Tout le monde se retourne vers lui.


« Pourquoi ? » demande Yuna choqué de son intervention et sa remarque.


« Premièrement parce qu’elle n’a pas l’âge d’être fiancée. »commence-t-il en lançant un regard interrogatif à mon père. Je vois cedernier hocher de la tête, comme si il savait ce que le Roi désiraitdire et comme si ils étaient d’accord. Je remarque aussi que ses amisne semblent pas étonnés de son intervention.


« Deuxièmement, »commence-t-il d’une voix calme mais froide, « parce qu’elle est mafuture épouse. » Le choc est total pour l’assemblée et le silences’installe. Je reste sans voix lançant un regard à mon père qui mesourit et me fait un signe affirmatif de la tête. Je comprends le sensde leur échanges muets depuis le début, ils se sont déjà mis d’accord.Je ramène mes yeux sur Asuran. Il me sourit tendrement et caresse majoue. Yuna reste sans voix et ramène son regard vers mon père et ledoyen du village.


« Elle était déjà promise …. » fais remarquer quelqu’un.


« Bien sur, mais Yuna a promis n’importe qu’elle fille à marier même sielle est déjà promise… » Répond calmement le grand père de Milli, « ila choisi Cagalli, nous ne pouvons donc pas la lui refuser sans brisernotre promesse. »


Yuna me lance un regard noir avant de prendre la parole : « Nous en reparlerons demain … lors du conseil. »
Asuransourit amusé de leur réaction, et me fais me lever. Il se met aussidebout et me prend la main pour m’attirer vers l’âtre au centre de lasalle.


« Si ça peut vous faire plaisir. Mais je n’ai pasl’attention de changer d’avis. Maintenant excusez-nous, mais j’ail’intention de manger quelque chose. » Répond-il sur un ton amusé. Ilne doit pas se voir refuser grand chose et je suppose que si on luirefuse ce qu’il veut, il ne voudra pas de traité entre son pays etnous. Il a bloqué intelligemment le conseil pour imposer ses désirs.


Jeme retrouve à ses côtés, seuls dans un coin un peu sombre. Il me tendune assiette que je prends même si je n’ai pas faim. J’aimerais parlermais je ne trouve pas les mots. J’inspire et dépose le plat sur latable voisine et me tourne vers lui.


« Je … » je commence mais il m’interrompt.


« Pardonne-moi… » Murmure-t-il en me regardant droit dans les yeux.


« Pourquoi ? Je n’ai rien à vous pardonné. » Je réponds étonnée et peuhabituée à voir un homme s’excuser auprès d’une femme. Il me sourit etcaresse ma joue avant de retirer sa main.


« Je ne voulais pasl’annoncer comme ça. Je voulais d’abord t’en parler et avoir ton accordd’être mon épouse avant de le rendre public auprès de tout le monde.Mais il m’a énervé à te traiter comme il le fait, à parler de toi commed’un objet… Pardon ma Douce. » Déclare-t-il toujours en me fixant droitdans les yeux.
Je le regarde et je sens les larmes cascader surmes joues blanches lentement. Je souris malgré tout et le regarde droitdans les yeux. Il est si tendre et si gentil avec moi. Je me sens bienprès de lui, en sécurité et aimée comme je ne l’ai jamais été.


« Je ne voulais pas te faire pleurer… Si tu ne veux pas être mon épousedis-le. Je ne veux pas t’obliger » Il essuie mes larmes et affiche unair attristé. Je souris et j’entrouvre la bouche mais aucun son nesort. Je fais la seule chose qui me semble logique à ce moment précis :je m’approche et me blottis contre lui. Je sens ses bras entourés mataille et me serrer contre lui. Je me détache un peu pour pouvoir levoir.


« Non, je suis heureuse ! Très heureuse… » Ma voix sebloque dans ma gorge. Je suis sur un nuage, je n’ai jamais été aussiheureuse. Il embrasse doucement mes lèvres. Quand il met fin au baiser,je reviens me blottir contre lui, en sécurité dans ses bras. C’est lapremière fois que je considère l’avenir avec joie et espoir et non pascomme une fatalité ! »
« Je fixe le plafond de ma chambredistraitement. Je sens une main se poser sur mon ventre. Je soupireperdue dans mes tendres pensées. Je me tourne délicatement et lentementsur le côté pour l’observer et je souris à la vision angélique qu’iloffre comme ça les yeux fermés.

J’ai été surprise, même s’il estplutôt de coutume de laisser les hommes passer la nuit avec une fille,personne n’avait jamais désiré m’avoir. Les lois de l’hospitalité sontétranges… on accepte que des veuves ou des jeunes filles non mariéespassent la nuit et satisfassent les désirs d’un invité. Mais on s’yfait. Seulement moi, c’est la première fois que ça m’arrive. D’habitudeon évite de me choisir. Pour Asuran c’était une évidence et surtoutcomme il me l’a murmuré une chance de pouvoir passer une nuit avec moi.Contrairement à ce qu’avait laissé sous entendre les autres filles, ils’est comporté très courtoisement avec moi. Il n’a rien fait de plusque la nuit dernière, juste un baiser.


« Qu’admires-tu ? » susurre-t-il en entrouvrant les yeux et en me souriant.


« Euh, hum …. Vous… » Je murmure, gênée d’être prise sur le fait, et endétournant les yeux. Je sens ses doigts glisser sous mon menton et meforcer à ramener les yeux sur lui.


« Vous ?!? » questionne-t-il amusé.


« Euh, … comment voulez vous Mon Seigneur que je vous appelle d’autres ? » je questionne en fixant mon attention sur un point quelconque de lapièce.


« Mon Seigneur ?!? » répète-il sur un ton amusé.


« Je … je … … » je balbutie mais ne sais rien dire, je ferme les yeux aubord des larmes et j’essaie de ne rien laisser paraître. Mais qu’ai-jedit qu’il ne fallait pas ?


« Cagalli, ma Douce, regarde moi s’il te plait. » murmure-t-il doucement. Je relève la tête vers lui, les yeux humides.


« Tutoies-moi et appelle moi Asuran… Tu es ma future épouse pas uneservante ou une habitante de mon pays. » Déclare-t-il avant dem’attirer à lui.


Je me blottis contre lui, cherchant sa chaleuret la sécurité qu’il m’offre. En me dégageant j’essuie mes larmes d’unrevers de main et lui souris. Il approche sa tête de la mienne etembrasse mon front.


« Ça va mieux ma Belle ? » demande-t-il.


« Oui, je suis désolée. Je sais que je suis stupide de toujours pleurermais … » je m’arrête cherchant difficilement la fin de ma phrase avecses lèvres qui descendent le long de mon cou, simples frôlements qui mefont frissonner. Je sens ses mains sur ma taille. Je les sens bouger etcommencer à me …. J’éclate de rire sous ses mains torturantes. Je suischatouilleuse et je supporte mal ce genre de taquinerie sans éclater derire. Je me débats alors qu’il continue à me chatouiller un peu partoutavec un sourire légèrement taquin. On finit allonger sur le lit, lui audessus de moi.


Je reprends mon souffle difficilement. Celafaisait longtemps que j’avais plus ris comme ça. Il s’appuie sur sesbras pour ne pas m’imposer son poids. Bizarrement, je ne panique pasmalgré notre position, je me sens extrêmement bien là, comme jamaisavant. Je lui souris un peu et il me rend un doux sourire avant de selaisser tomber à côté de moi.


« Demain je fixerais le jour de nosépousailles avec le conseil du village… » Murmure-t-il sur un ton trèssérieux avant de s’assoir. Je l’imite et l’observe.


« Ah … »c’est tout ce que je trouve à répondre. Je sais très bien que mon avisne comptera pas, d’ailleurs on ne me le demandera pas !


« Ainsi que les termes du traité unissant ton village à mon peuple… » Il fait un pause et me lance un regard.


« Je vois … ils ont prévu une chasse et encore une fête non ? » j’en ai vaguement entendu parler dans la journée.


« Hum oui, après demain la chasse… Cagalli est-ce que tu comprends ce queça signifie ? » Demande-t-il sur un ton sérieux et en plongeant sesyeux dans les miens.


« Que dans quelques jours je serais votreép… pardon… ton épouse. » je réponds en baisant les yeux un peuintimidée. Je sais très bien ce que signifie être une épouse. Ma tantem’a tout doucement préparé à mon rôle de femme et puis de mère ; ellem’a expliqué mes devoirs et obligations.


« Oui, mais cela veutdire que dans moins d’une semaine, tu quitteras ton village et tout ceque tu connais, famille et amis pour l’inconnu. Il y a peu de chancequ’un jour tu reviennes ici… » Déclare-t-il en essayant de croiser monregard fuyant.


« Je sais … Ma tante me l’a dit… je serais prêteet j’assumerais mon rôle. » je réponds d’une voix triste et à peineaudible. Je sens les larmes couler sur mes joues, il ne peut les voirpuisque j’ai la tête penchée et les cheveux dans les yeux. Il glisseune main sous mon menton et malgré ma résistance me fait relever latête. Quand il croise mon regard noyé de larmes, je vois ses beaux yeuxs’adoucir. Il essuie mes larmes tendrement.


« Je sais que ce nesera pas facile ni évidant pour toi comme pour moi. », commence-t-ild’une voix calme, « On ne se connaît pas, tu ignores tout de moi commeje ne sais rien sur toi ; tu vas devoir t’habituer à une nouvelle vie,loin des tiens ; nous allons devoir apprendre à se connaître,s’apprécier et à peut-être s’aimer… parce que l’on sera uni à vie. Tuvas devoir apprendre à partager mon lit et ma vie… je sais que nouspouvons y arriver, mais il nous faudra du temps et de la patiente. Jete promets de tout faire pour te rendre heureuse, et pour te séduire. »


Jereste un peu sans voix, étonnées par sa gentillesse et son intérêt pourmoi. Les larmes coulent de nouveau mais cette fois ce sont des larmesde bonheur. Je lui souris et rompt enfin le silence : « Merci, …j’essaierais, … non je serais une bonne épouse… je te le promets. »


Ilessuie mes larmes doucement, et m’attire à lui pour me serrer contre sapoitrine. Je ferme les yeux et me blottis contre lui. Il caressedélicatement mon dos pour calmer mes pleurs et je me serre un peu pluscontre lui. Sa chaleur me réconforte. Je suis sure que j’arriverais àtransformer cet étrange sentiment en amour. Je me jure de tout fairepour être une bonne épouse pour lui.


« Dis, cette séparationserait-elle plus facile pour toi si une amie, une dame de compagniet’accompagnait ? » demande-t-il. Je me redresse un peu et le fixe. Mapremière pensée est Milli ! Elle se sent mal ici, surtout depuis lamort de Tollé et elle souhaite plus que tout éviter un mariage…peut-être accepterait-elle de m’accompagner si je lui demandais.


« Oui, surement… » Je réponds en hésitant, « je peux choisir, enfin demander à qui je veux ? »


« Bien sûre, tu peux demander à ton amie d’enfance. » déclare-t-ildoucement, tout en enfouissant son nez dans mes cheveux. Je me blottisde nouveau contre lui et laisse échapper un soupir de bien être. Ilcaresse mon dos.


« J’adore ton odeur, tu me rappelles la nature,les prairies en été quand la nuit tombe. » Murmure-t-il contre ma tempeavant d’y déposer un léger baiser.


Je souris et me dégage de sonétreinte pour l’observer. Il se couche et m’attire avec lui je meretrouve allongée à ses côtés. Il me sourit à nouveau avant dem’attirer et de glisser une de ses mains sur ma joue. Il plonge sesyeux émeraude dans les miens.


« Je peux t’embrasser ? » demande-t-il dans un murmure.


J’hocheaffirmativement de la tête. Il approche sa figure de la miennelentement et je ferme les yeux attendant le contact de ses lèvres surles miennes. Ses lèvres chaudes se posent délicatement sur les miennes.Je savoure ce baiser. Il y met fin et embrasse mon front. Je remarqueses joues rosées et je sens les miennes bruler.


Il se recouchedoucement et me sourit avant de fermer les yeux. Je me rapproche de luiet je sens ses bras se glisser autour ma taille pour m’attirer un peuplus contre lui. Je ferme les yeux et je pose ma tête son épaule. Jesais que cette nuit je ne ferais pas de cauchemars, car sa présence merassure. À côté de lui, je me sens en sécurité. Ma seule peur est queYuna trouve le moyen de le dissuader de m’épouser.


Je fronce lessourcils. Bien sûr s’il lui dit la raison pour la quelle il me traitecomme une étrangère, une porte malheur pour ce village. Par ce qu’ildoit exister une raison pour qu’ils me détestent tous autant, pourqu’ils soient si froids. J’ai déjà demandais à ma tante, mais elle nem’a pas répondu. À son comportement j’ai compris qu’il y avait quelquechose de spéciale lié à moi, un secret assez noir pour qu’on refused’en parler et même de m’expliquer. Mais quoi ? Seul mon père pourraitme répondre …


Involontairement je frisonne. Je le sens s’éloigneret ramener la couverture sur nous, avant de me serrer contre lui. Je memords la lèvre et souris à son action. Je viens me blottir un peucontre lui ; cherchant sa chaleur et sa protection.


« Quoiqu’ils disent demain, rien en me fera changer d’avis. Je t’épouserais Cagalli » dit-il contre mes cheveux.


« Merci … pour tout. » Je lui réponds à voix base et je me demande comment il a pu deviner mes pensées, mes doutes.


« Dors ma Douce, je vieille sur toi et tes rêves… » Murmure-t-il.


« Bonne nuit » je réponds et me relève pour embrasser sa joue. Il souritet embrasse mon front. Je me recouche, blottie dans ses bras et jeferme les yeux peu à peu mes pensées négatives s’effacent et je sombredans le sommeil… »
Fin du chapitre 2

« Je me relève difficilement et fixe mon père. Mes yeux le supplientde m’aider mais il ne bouge pas, jugeant que ce n’est pas de sonressort. Je frotte ma joue rouge et ramène mon regard vers l’autrehomme, celui que mon père m’a imposé comme futur époux. Mon corps mefait souffrir horriblement comme à chaque fois. Je m’assieds et évitede regarder mon « fiancé »


« Où étais-tu et ne me mens pas ! Tusais que j’ai horreur quand tu mens ! » Sa voix est calme maisdissimule sa colère comme à chaque fois.


« Partie chercher dubois, je te l’ai déjà dis… » J’essaie de rester calme et de ne pas leregarder droit dans les yeux pour ne pas l’énerver encore plus. Je memords la lèvre, il ne me croira pas, il est toujours comme ça.
Etj’ai raison sa gifle me fait retomber allongée par terre. Je gémis dedouleur et me ramasse un coup de pied dans le ventre au passage. Ilsait qu’il ne risque rien : mon père est malade et ne s’est jamaismêler de nos discussions ! Yuna est resté gentil avec moi jusqu’à ceque mon père laisse sous entendre qu’il pourrait m’épouser et doncgouverner notre village. Rien d’officiel mais comme ils disent tous ici: personne d’autre n’aurait accepté de m’épouser !


« Tu disparaisalors que le Roi du pays voisin viens et tu n’es même pas habillée ! Tumériterais de rester dans ta chambre ! Tu ne remplis pas ton rôle !Mais ne t’inquiètes pas je vais te passer l’envie de recommencer, jevais te dresser Cagalli, et tu obéiras ! Tu m’entends ! » Susurre-t-ild’une voix calme et froide.
Meer, sa maitresse, vient près delui. Je ne comprends pas pourquoi avec elle il est si doux et gentil.Il l’enlace et l’embrasse langoureusement sur les lèvres devant moi.J’en profite pour me relever un peu et m’asseoir par terre. Je frottemon ventre douloureux. Je crie quand ses mains empoignent mes cheveuxet me force à me relever.


« Va mettre une robe, traînée ! » C’estsa seule phrase avant de me pousser vers ma chambre. J’y entre sansdiscuter, en 2 ans j’ai appris à ne pas discuter. Si je parle ce serapire que maintenant.


Je me laisse tomber sur mon lit et sens leslarmes couler sur mes joues rougies. J’ai mal par tout. Je sais qu’ilfaut que je me prépare. Je soupire et me dirige vers le bac d’eau pourme rincer la figure. Je regarde mon reflet dans l’eau avant d’y plongermes mains et d’asperger ma figure d’eau froide. Je me dirige vers lecoffre et cherche après une robe convenable à l’intérieur.


Le roidu pays voisin vient ! Je soupire, ça m’est égal. Après une guerremeurtrière avec un autre village plus imposant qui a failli nous couternotre liberté, mon père a cherché une protection. La seule qu’il atrouvée fut celle-là : se mettre sous la protection d’un peuple plusimportant, d’un seigneur qui aurait une armée. Le plus proche et leplus puissant est le roi Asuran Zala, jeune homme de 25 ans qui règnedepuis 3 ans sur son royaume. Meer s’est réjouie, ainsi que ses amies.Ce roi a une réputation de coureur de femmes, il a plus de maîtresseparait-il que de jours dans une année ! En plus, il est beau et sexyd’après les rumeurs.


Je soupire et empoigne une robe vertesimple. Je l’enfile et démêle mes cheveux dorés avant de les nouer tantbien que mal. Je sors de ma chambre et rejoins mon père dehors. L’arméealliée est arrivée. Yuna est entrain de parler avec Meer et avec unchevalier que je ne connais pas. Mon père est avec eux et commetoujours depuis 2 ans, il laisse Yuna décider. Je me détourne et mefaufile à travers les gens. Avec un peu de chance, ils seront tropoccupés pour remarquer mon absence. Je gagnerai quelques minutes depaix et de liberté. Je me dirige vers la sortie du village, vers larivière, mon sanctuaire….


Les soldats alliés sont partout dans levillage, ils prennent possession des lieux comme si ils étaient chezeux ! Arrivée à la sortie du village, je me fige. Ils ont construitleur campement ici près de la rivière ! Comment vais-je faire pourpasser ? Il faut que je passe inaperçue, sinon je vais avoir desdoubles ennuies : les soldats qui vont me prendre pour une espionne etYuna qui ne va pas apprécier que j’ai disparu !


J’inspire et commence à traverser le campement, me faufilant entre les tentes. Je souris tout se passe bien pour l’instant.


« Et toi, tu vas où comme ça ! » La voix crie derrière moi et sansréfléchir si c’est bien pour moi, je commence à courir en direction dela rivière. Je me dirige vers le centre du campement. Je me retournepour voir derrière moi et je constate que plusieurs guerriers mesuivent. Je cogne violemment dans quelque chose de dur. Je perdsl’équilibre et ferme les yeux attendant l’impact …. Qui ne vient pas !


Jerouvre les yeux et constate que quelque chose me tient délicatement parle bras. Mes poursuivants arrivent à mon hauteur. Je devrais relever latête pour voir qui m’a rattrapé mais j’ai peur de ce que je vaisrencontrer.


« Désolés Monseigneur, elle a été plus rapide que nous… Cela n’aurait pas du arriver ! » S’excuse un des hommes.


L’hommedans lequel j’ai cogné me tient toujours le bras. Je me décide à leverles yeux et rencontre un magnifique regard émeraude. Je reste sansbouger, les yeux rivés aux siens même si je sais que c’est impoliqu’une femme regarde un homme dans les yeux…. Le temps s’est arrêté !


Ildétourne ses yeux en premier et fixe l’homme qui vient de parler. Jetourne la tête dans la direction des guerriers et je sens la peurmontée en moi très rapidement. Je commence à paniquer. Je sais que jevais regretter de m’être faufilée dans leur camp et qu’après Yuna m’envoudra.


« Je suis …. Je suis… vraiment désolée…. Je ne ….Voulais…. Pas... en fait … je… » Ma voix et mon corps tremblentviolemment. Je sais que j’ai commis une erreur et j’en redoute lesconséquences.


« Tais-toi, traînée ! On ne t’a pas demandé tonavis ! » Rétorque un des gardes qui me poursuit. Je ferme les yeuxattendant la « punition » et je tremble encore plus qu’avant,complètement terrorisée par la situation.


« C’est comme ça que tuparles à une dame ? » La voix est calme et glaciale. Je peux y sentirle mécontentement de son propriétaire. Le guerrier s’excuse d’une voixremplie de respect. J’ouvre les yeux quand j’entends la même voix, quis’est radoucie me demander : « Comment s’appelle notre charmantedemoiselle ? »


« Cagalli Yula Attha… » J’ai murmuré et ose à peine relever les yeux vers mon sauveur qui me tient toujours le bras.


« Hum, enchanté. Asuran Zala. » Il s‘est présenté toujours avec une voixdouce et calme. Je me détends un peu, apparemment il n’est pas encolère contre moi. Il me lâche le bras. Je tourne la tête vers lesguerriers, ils sont toujours là, silencieux et au passage je constateque beaucoup de monde nous fixe. Je sens mes joues rougir.


« Viens avec moi… » Je relève la tête et acquiesce doucement. Quem’arriverait-il si je refusais de faire ce qu’il me demande ? Je suisen présence du roi qui va bientôt prendre possession de notre village.Je ne l’imaginais pas comme ça, si courtois … pour lui je ne suis riend’autre qu’une paysanne alors pourquoi être si gentil. Il se dirigevers une tente et je le suis lentement. J’ignore pourquoi il veut nousisoler et je ne peux m’empêcher de redouter un peu ce ’’tête-à-tête’’.Que veut-il réellement ? Je sens mon corps recommencer à trembler depeur : peur des coups qu’il pourra me donner quand nous serons seuls etpeur de ne pas savoir s’il ne va pas exiger autre chose de moi….Quelque chose que même Yuna n’a pas encore prit malgré son droit surmoi.


Nous entrons, l’intérieur est vaste et plus ou moins meublé.Je laisse mes yeux faire le tour de la tente : une table avec quelqueschaises autour, sur laquelle je remarque une carte ; une couchecouverte de fourrure ; un « trône » où j’imagine qu’il doit siéger ;des coffres ; ….


« Assied toi sur le lit… » M’ordonne-t-iltoujours d’une voix douce et calme. J’obéis un peu perdue… Le litpourquoi ? Je commence à redouter ce qui va suivre. Il va vers un descoffres et l’ouvre. Je détourne les yeux et fixe mes pieds. Je sais queles hommes n’aiment pas qu’on les regarde. Je sursaute quand ils‘assied à côté de moi et je ne peux empêcher mes muscles de se tendred’appréhension.


« Relève un peu la tête. » Me demande-t-il.J’obéis toujours sans le regarder. Je sens quelque chose de froid ethumide se poser sur ma joue blessée par la gifle de Yuna. Je lui lanceun regard surpris.


« Une lotion qui va calmer la douleur. Dis-moi comment t’es-tu fait ça ? » Demande-t-il.
Jedétourne la tête et évite son regard mais je ne dis rien. À quoi çaservirait de parler ? Et puis, il comprendrait surement Yuna.


« Comme tu veux…. » Ses doigts remplacent le tissu et glisse sur ma jouefroide, chaud frôlement. Je frissonne sous la caresse. Je tourne monregard vers lui et rencontre à nouveau ses magnifiques yeux verts quime fixent chaleureusement et tendrement. Personne, si ce n’est mon pèrequand j’étais petite, ne m’a regardé comme ça. Je sens mes jouesbrûlées à nouveau.


« Tu es la fille du chef de ce village ? » laquestion ne me surprend pas et je réponds en hochant timidement de latête. Il est toujours assis à côté de moi, si près que je sens sarespiration frôler ma peau sensible. Je tourne la tête et constatequ’il a la tête penchée vers moi, les yeux rivés aux miens. Nousrestons sans parler et sans bouger. Il penche un peu plus la tête etses lèvres frôlent délicatement les miennes….


« Monseigneur …Hum, désolé je ne savais pas… » Il relève la tête rapidement et lanceun regard vers le nouveau venu, un chevalier aux yeux bleu glacés etaux cheveux argentés tombant correctement sur ses épaules.


« Oui,Yzak.. » Il me lance un regard en coin. Je sens mes joues qui mebrulent. Misère, il a failli m’embrasser sur les lèvres. Je me mords lalèvre inférieure, le pire c’est que je n’ai rien fait pour l’empêcher.J’attendais patiemment que nos lèvres se rencontrent.


« Jevoulais juste savoir si vous comptiez vous rendre au village ce soir…Il fait déjà nuit. Je crois qu’il serait plus prudent d’attendredemain, quand nos messagers seront de retour. Et avez-vous déjà pensé àleur proposition de mariage ? » Déclare-t-il d’une voix neutre.


Jesursaute : mariage ?!? Alors mon père va vendre une femme du villagepour obtenir sa protection. Je ne suis pas étonnée, il m’a bien donnéeà Yuna… Mais qui sera sacrifiée pour le bien de la communauté touteentière ?
« Ils me laissent le choix. J’ai rencontré un des chefstantôt, un certain Yuna Seiran…. Il m’a dit que je pouvais prendrecelle que je voulais, même si elle est déjà promise… Je n’ai plus qu’àles rencontrer demain lors de la fête. » Déclare-t-il tranquillement.Je sens mon cœur se serrer, alors pour lui les femmes sont juste desobjets à échanger ?


« Sans indiscrétion, quel sont vos critèresde choix ? Vous n’allez pas encore une fois parler de votre … hum …

« âme sœur » ? » Demande un peu mal à l’aise le guerrier.


« Tu neveux pas me croire ? Ne t’inquiète pas, j’ai déjà choisit ma futureépouse… » Déclare-t-il en reportant sur moi son regard. Je sens leregard de l’autre homme se poser sur moi.


« Oh je vois, dans ce cas je vais vous laisser… »


« Très bien Yzak, à demain … » l’autre sort sans rien ajouter après avoir saluer militairement le Roi.


Jerelève les yeux vers mon « compagnon ». Il me sourit doucement et remetune de mes mèches derrière mon oreille, caressant au passage ma joue.Je sens de nouveau une rougeur colorée ma peau blanche.


« Tu vasrester ici cette nuit. C’est plus sure que de rentrer en pleine nuitdans ton village… » Dit-il soudainement. Je frisonne de peur. Une seulechose me vient à l’esprit : la réaction de Yuna si je ne rentre pas.


« Je …. Je ne peux pas …. Il faut ….. Il faut que je rentre sinon il va….. » J’arrête me rendant compte que je risque d’en dire trop. Je levois se raidir et me fixer un peu surpris. Je déglutis difficilement,en abaissant mon regard vers le sol.


« Je vois…. Il c’est ??? » Questionne-t-il.


« Yuna… s’est euh …. En quelque sorte mon fiancé… » Je déclare d’une voix basse.


« En quelques sorte ? » sa voix exprime la surprise.


« Selon nos coutumes, une fille ne peut pas être fiancée avant ses 18ans. Je n’aurais 18 ans qu’en mai, alors pour l’instant il a juste lapromesse d’être mon futur époux … » j’explique toujours en fixant mespieds.


« Je vois…. Mais tu resteras ici cette nuit. Tu rentrerasavec nous demain dans la journée…. » Déclare-t-il sur un tonautoritaire.


« Mais je … si je ne …. » je plaide pour entrermaintenant au village, « ce sera pire demain, déjà que je ne devraispas être sortie sans sa permission… » Je ne réfléchis plus à ce que jedis, trop terrorisée par ce qui m’attends quand je rentrerais chez monpère.


Je sursaute quand sa main se pose sur les miennesrassemblées sur mes genoux. Il se rapprocha un peu et de son bras librem’attire à lui. Je me retrouve blottie contre lui avec ses brasprotecteurs autour de moi …. Curieusement je me sens en sécurité là,tout contre lui….


« Chut calme-toi … Je serais avec toi demain….Il ne te fera rien, je te le promets… je vais te protéger. »Murmure-t-il le nez enfoui dans mes cheveux. Je sens involontairementmon corps se détendre. Je ne le connais pas, mais j’ai confiance enlui…. Je ferme les yeux et savoure ce rare moment où je me sens bien eten sécurité.


Je les rouvre surprise et légèrement apeurée. Ilvient de nous allonger sur la couche et est au dessus de moi. J’ai peurde ce qui va suivre… je n’ai jamais été avec un homme dans un lit …. Jen’ai jamais été avec un homme tout court. Il plonge son regard dans lemien et se relève un peu. Je me mords la lèvre et sens les larmesmonter à mes yeux fatigués. Il me sourit pour me rassurer et pose seslèvres sur mon front avant de se laisser tomber à côté de moi.


« Je ne voulais pas t’effrayer…. » Murmure-t-il doucement. Je tourne latête vers lui et me détends un peu. Il passe ses bras autour de moi etm’attire à lui. Je me tends à nouveau, mais il caresse mon doslégèrement pour me détendre.


« Dors, je vieille sur toi et surtes rêves… » Il embrasse de nouveau mon front. Je n’aurais jamaisimaginé qu’un homme puisse être aussi doux et tendre envers une femme.C’est nouveau pour moi cette tendresse masculine. Je ferme les yeux etinspire lentement avant de me rapprocher un peu de lui, source dechaleur si douce. Je sens ses bras m’enlacer un peu plus et le vide sefait tout doucement dans mon esprit …. »
« Je me relève enhaletant sur le lit. Je sens mon corps tremblé de froid et de peur. Uncauchemar ! Encore un, comme toutes les nuits. Plus le temps passe etplus je redoute le moment où je vais m’endormir à cause des rêves.C’est comme ça depuis la mort de ma mère il y a 3 ans…. J’essaie dereprendre mon calme, d’oublier ces images horribles qui m’assaillent etrefusent de quitter mon esprit. Ai-je crié quand je me suis réveilléecomme dans mon rêve ? Je l’ignore, mais j’espère que non. Si j’airéveillé quelqu’un, je vais le payer cher, très cher. J’enfouie ma têtedans mes mains.

Je sursaute quand deux mains glissent autour de mataille et m’attirer contre un corps chaud. Je dors seule, … donc quiest-ce ? Complètement désorientée par mon rêve et ma peur, je me débatspour me libérer. La pression sur moi se fait un peu plus forte, maisreste très douce.


« Chut… calme-toi, c’est juste un rêve… » Lavoix masculine susurre à mon oreille. Je sens sa respiration frôler manuque régulièrement.


Je continue de me débattre. Les mains meforcent à faire volte face et sans que je comprenne comment je meretrouve blottie dans des bras rassurant. Une main caresse tendrementmon dos et je sens des lèvres se poser sur mon front humide. Peu à peuje me calme et me rappelle où je suis : dans le campement de l’arméeavec le Roi. Je déglutis espérant ne pas lui avoir fait mal en medébattant.


« Voilà, est-ce que ça va mieux ? » sa voix me faitsursauté et je secoue négativement la tête sentant les larmes couléesle long de mes joues blanches. Il s’éloigne un peu de moi et me fixe deson regard perçant avant d’essuyer délicatement mes larmes.


« Tuveux me raconter ton rêve ? » sa voix est toujours calme et tendre.J’ouvre la bouche mais suis incapable d’émettre un son. Je sens leslarmes redoubler sur mes joues. Sans réfléchir, je me blottis contrelui et entoure sa nuque de mes mains. Je pleure contre lui sans pouvoirm’arrêter. Il referme ses bras autour de moi et se contente de meserrer contre lui de manière protectrice et …. un peu possessive….


Jefinis par me calmer un peu. Je ne bouge pas, je reste blottie contrelui, rassurée par sa chaleur et sa douceur. Je ne le connais pas, ilest un parfait étranger pour moi pourtant dans ses bras je me sens ensécurité et bien, extrêmement bien. Je devrais m’en méfier, trouverétrange son empressement à me garder près de lui, mais je n’y arrivepas. Je me sens en confiance et je ne peux nier qu’il a un certaineffet sur moi … effet que je ne sais pas expliquer : quand il estproche de moi ou que ses yeux se posent sur moi, je sens mon corpstrembler ; mon cœur s’accélérer et mes joues rougir. Malgré cesmalaises je me sens parfaitement bien avec lui…. Et pourtant je leconnais que depuis quelques heures !


Je me détache de lui et baise les yeux vers le sol.


« Je suis désolée pour …. » je murmure hésitant sur l’explication à fournir.


« Chut, ce n’est rien. Tu as fais un cauchemar et tu étais un peu perdue. » Sa voix est rassurante et chaude. Il glisse une main sous mon mentonet me force à relever la tête avant de se pencher et d’embrasser monfront. Je sens le rouge monter violemment à mes joues. Il m’attireensuite à lui délicatement et nous rallonge lentement sur le lit. Je meretrouve couchée à côté de lui en train de me noyer dans cesmagnifiques et profonds yeux émeraude.


« Tu vas mieux ? » medemande-t-il au bout d’un certain temps. J’hoche positivement de latête et essaie de lui sourire. Pourquoi est-il si gentil avec moi ?Depuis quand les hommes sont gentils et attentionnés avec les femmes ?


« Raconte-moi si tu veux, je suis sure que tu iras mieux après… »


« Je ne me souviens que vaguement de mon rêve », je murmure, les yeuxdans le vague, « je sais que je rêvais de ma mère…. Et de mon …. Futurépoux…. Tout est emmêlé dans mon esprit … »


« Ta mère et ton ….Fiancé… » Il butte sur le mot fiancé. J’acquiesce de la tête et sens denouveau les larmes coulées sur mes joues.


« Elle est morte il y a3 ans … dans une attaque du village… sous mes yeux … et … il était làmais il n’a …. Rien fait … je ne sais pas pourquoi … il aurait pu mais…. Il n’a pas bougé …. Après il a obtenu …. La promesse de m’épouser ….Il sait …. Il sait qu’il aura le pouvoir sur le village, mon père lui atout céder avant même que l’on soit marié …. Alors pourquoi est-cequ’il… » Je m’interromps effrayée par ce que j’ai failli dire. Jesuppose qu’il n’a pas compris.


Je sens sa main caresser ma joueet essuyer mes larmes. Il m’attire à lui et je sens ses bras s’enroulerautour de ma fine taille. Ses lèvres se posent sur mon front pour unbaiser léger et éphémère.


« C’est lui qui est responsable descoups que tu portes ? » Demande-t-il. Je préfère ne pas répondre à laquestion et m’éloigne un peu de lui. Son regard se durcit et lapression de ses mains sur moi devient un peu plus forte. L’ai-je mis encolère parce que je ne lui ai pas répondu ? Je cherche rapidement ceque je pourrais répondre….


« Je te promets qu’il ne te fera plusjamais de mal …. Je vais veiller sur toi et te protéger maintenant. Jete le promets ! » Il a l’air sur de lui, il oublie que dans quelquesjours il rentrera chez lui.


Je n’ai pas envie de penser à sondépart. Je secoue la tête et replonge mes yeux dans les siens. Je luisouris et lui murmure un « merci ». Il m’attire à lui et je me blottiscontre lui, la tête posée sur son épaule, une main sur sa poitrine.Alors que lui m’enlace et me serre contre lui.


« Essaie dedormir, ici il ne peut rien t’arriver. Je suis là » Je ferme les yeuxun léger sourire sur les lèvres. Je me sens très calme et en sécurité.Peu à peu je sombre dans le sommeil …. »
« Je suis réveillée, lalumière tamisée caresse mes yeux clos. Je n’ai pas envie de les ouvrir,ni de penser à la réaction de Yuna et de mon père quand ilsconstateront que j’ai découché. Je suis bien pour l’instant et jedésire en profiter le plus longtemps possible. Je ne bouge pas, marespiration est calme. J’ignore s’il dort encore ou non, mais je trouveagréable le contact de son corps contre le mien et sa chaleur.

« Mon Seigneur, quand comptez-vous… » Demande la voix d’un homme.


« Chut, elle dort encore et tu risques de la réveiller. » Il a murmuré et n’a pas bougé. L’autre homme ne dit rien.


« Si tu n’as rien d’important à m’annoncer, sors. Je te préviendraisquand j’aurais besoin de toi…. » Il parle à voix base mais sur un tonferme. J’entends l’autre homme s’excuser et le silence se refait dansla tente.
Je souris doucement, charmée par sa douceur et soninquiétude pour moi. Il prend soin de moi, il s’inquiète juste parceque je pourrais être réveillée. Comment quelqu’un que je connais àpeine peut-il être si attentionné pour moi ?


Sa main caressedélicatement mon dos et avant de venir sur ma figure, d’écarterquelques mèches de cheveux et de dessiner les contours de mes traits.Je frissonne alors que ses doigts caressent ma bouche, je sens le rougemonté à mes joues et j’ouvre lentement les yeux.


« Tu es belle… »Je souris gênée par sa proximité. Sa respiration frôle mes joues et meslèvres à un rythme régulier. Il est très proche de moi, plus proche quela décence le permet entre un homme et une femme non mariés.


« Mer …. Merci … je …. » Je bafouille. Je dois avoir l’air idiote là ! Jele vois sourire et je baise mes yeux pour ne pas rencontrer son regardenvoutant. Je sens la pression de ses mains augmenter sur ma taille etil m’attire un peu plus à lui avant d’embrasser mon front. Juste unelégère pression de ses douces lèvres sur ma peau….. Pourquoi est-ce queje n’arrive pas à trouver bizarre ses gestes, son comportement avec moi? Il me rappelle mon père et ma mère à l’époque où cette dernière étaitencore en vie.


« Tu as bien dormi ? » me demande-t-il à voixbase. J’acquiesce de la tête sans oser le regarder. Il glisse une mainsous mon menton pour me forcer à relever la tête. Il plonge ses yeuxdans les miens et sa main caresse doucement ma joue. Il approchedoucement ses lèvres des miens… J’abaisse subitement la tête et seslèvres rencontrent ma chevelure. Mes joues sont en feu et mon cœur batà tout rompre. Si je n’avais pas baisé la tête, il m’aurait embrassée.


« Tu as faim ? » je réponds par un oui à peine audible. Il me demande dene pas bouger et se lève. Il revient au bout de quelques minutes. Je mesuis assise sur le lit et je l’observe : il porte un pantalon et unetunique légèrement ouverte, il est plutôt musclé comparé aux hommes duvillage surement grâce à la guerre. Il a la peau blanche, plus que moi,des cheveux bleus nuit qui lui tombent sur les épaules et demagnifiques yeux émeraudes. Je ne peux détacher mon regard de lui.


Ilse retourne et m’adresse un gentil sourire. Un garde entre avec unplateau et le dépose sur la table avant de saluer et de sortir. Ilprend le plateau et revient s’asseoir sur le lit près de moi. Ilm’invite à manger. Nous dégustons le pain, les fruits et les autresmets en silence.


« Dis-moi, où espérais-tu aller hier quand tu traversais le camp ? » me demanda-t-il soudain.


« À mon sanctuaire… » Je réponds les yeux dans le vague.


« Ton sanctuaire ?? » Sa voix est étonnée.


« Hue ?!? Ah oui, j’aime aller dans un endroit bien précis près de larivière. Personne n’y va à part moi. Je me sens bien là-bas… je savaisque c’était stupide et dangereux de traverser le camp, mais j’avaisbesoin d’y aller après …. Ce qui venait de se passer… » Je laisse maphrase en suspend. Je n’ai pas envie de raconter ce que Yuna m’a fait.Je sens les larmes rouler sur mes joues. Sa main caresse mes joueshumides et je me laisse glisser contre lui. Je désire plus que toutretrouver la chaleur et la sécurité de ses bras.


Je relèvelentement la tête et croise son regard. Il desserre un peu son étreinteet me sourit. Je me redresse et m’assied sur mes genoux. Il passe unemain autour de ma taille et de l’autre me force à relever la tête. Ilpenche lentement la tête vers moi et s’arrête à quelques centimètres dema bouche. Sa respiration taquine mes lèvres. Il semble hésiter, ilfaut dire que depuis hier soir j’ai tout fais pour éviter que l’ons’embrasse. Je devrais me reculer, je le sais. Mais je ne bouge pas.S’il m’embrasse il aura mon premier baiser… et j’ai envie de sentir seslèvres contre les miennes… Je sens mes joues brulées et je fermelentement les yeux, attendant la suite. Il dépose doucement ses lèvressur les miennes. Je frisonne, le contact est doux, tendre et ….amoureux ?!?
Le baiser ne dure pas longtemps. Après il m’attire àlui et me garde serrée contre sa poitrine. J’entends son cœur battreaussi vite que le mien. Il est aussi troublé que moi par notre baiser.Je constate en me redressant un peu que ses joues sont légèrementrouges.


« On ira à la rivière avant de rentrer au village … » murmure-t-il. »
« Je regarde le courant tranquille de la rivière, elle suit son courtlentement comme tous les jours. J’aime l’observer, regarder l’eaus’écouler lentement me calme, me rassure. Depuis que je suis toutepetite, je viens ici quand je suis triste ou que j’ai besoin d’êtreseule. J’avoue y être souvent venu pleurer ces dernières années. J’aimeaussi le décor qui l’entoure, les fleurs en été et les arbres qui labordent. Mon sanctuaire se trouve sous un grand saule pleureur quilaisse ses branches caresser amoureusement la surface de l’eau. Je suissous son feuillage vert foncé. Je sais que l’année prochaine à cettemême période je ne pourrais plus venir, car je serais marié. Je sersles dents pour ne pas encore pleurer.


« Jolie vu… » La voixmasculine me fait légèrement sursauter et je me retourne vers lenouveau venu. Il est là dans son armure, il ne rentre pas sous latoiture formée par l’arbre, il reste en périphérie dans mon « sanctuaire ». Je sais qu’il a demandé aux gardes qui nous accompagnentde rester sur le chemin.


« Je peux ? » demande-t-il à voix base. Je penche la tête sur le côté cherchant à comprendre le sens de cette question.


« La nature est à tout le monde… » Je murmure en le regardant dans les yeux avant de détourner le regard vers le sol.


« Je ne veux pas entrer dans ton sanctuaire sans ta permission… » Il n’apas bougé, attendant ma réponse patiemment. Je suis un peu étonnée durespect qu’il me témoigne tous le temps. Je relève la tête et hochepositivement la tête.


Il me rejoint lentement. Je me retournepour regarder de nouveau la rivière, les joues légèrement rouges. Il s‘arrête juste derrière moi, si près que je sens sa respiration frôlerlégèrement ma nuque. Je frisonne doucement. Seigneur sauvez-moi. Je mesens tellement troublée par sa présence, je n’arrive pas à lui refuserquelque chose. Je me raidis en pensant à la réaction de Yuna quand ilme verra tantôt, surtout s’il me voit en compagnie du Roi.


Jesens ses bras s’enrouler autour de ma taille. Pour la … j’ignore lenombre de fois en fait, … je me retrouve à nouveau dans ses bras,serrée contre lui. Il enfouies sa tête dans mes cheveux et me serre unpeu plus contre lui. Je ferme les yeux, me sachant en sécurité dans sesbras protecteurs.


« Ne t’inquiète plus, … je suis là quoi qu’ilarrive… je ne laisserais personne te faire du mal… » Il murmure le neztoujours enfouie dans mes cheveux. Je soupire et me retourne dans sesbras.


« Tant que vous êtes là …. Mais après ? » Je n’ai puempêcher la question de franchir mes fines lèvres. Je sens le rouge memonter aux joues, qui suis-je pour lui poser une question ? Je medégage de son étreinte et m’éloigne de lui. Il augmente la pression deses mains sur moi et m’attire à lui.


« Maintenant que je t’aitrouvé, je n’ai pas l’intention de te perdre…. Ni de te laisser ici ! »Susurre-t-il à mon oreille. Que veut-il dire par là ?
A suivre

Princesse médiévale

Auteur : junon2/ennostiel/cagallifangir​l


Paring: Asuran Zala et Cagalli Yulla Attha


Genre : romance


Rating : T


Disclaimer :Tous les personnages et les lieux appartiennent au créateur de Gundamseed (Yatate et Tomino ?) ou à la firme qui produit l’animé, Sunrise jepense, sauf l’intrigue qui elle est à moi.
Résumé :Histoire médiévale (Moyen Age). Que peut-il bien se passer entre unjeune roi qui a tout ce qu’il veut et une jeune femme qui lui est « vendue » pour protéger son peuple ? L’amour est-il possible dans cesconditions ?


Avertissement : je cherche -’’ Si ce n’est qu’au début je vais mentionner la condition des femmes battues… un tout petit peu.


Note de l’auteur: L’histoire se passe au Moyen Age (période que je connais bien et quej’adore ). Kira n’est pas le frère de Cagalli. Yuna est bien sonfiancé, mais disons qu’il a un comportement très méchant avec Cagalli.Lacus est la cousine d’Asuran et la future épouse de Kira. C’est tout !


POV Cagalli