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Chapitre 1 : le pacte

Chapitre 1 : le pacte

POV ASURAN ZALA

« La tristesse et la peur…

C’esttout ce que son âme et son regard expriment. Je ne ressens que celaémanant d’elle, la fille agenouillée en face de moi. Pas une femme nimême une jeune femme dont les formes apparaissent et font envie… Non,juste une enfant à genoux, avec des larmes rougissant ses joues pâleset trop maigres. Je reste debout en face d’elle, l’expression froide etennuyée. Nous sommes dans le hall de mon manoir et je m’apprêtais àsortir chasser quand elle estarrivée et s’est jetée là, à genoux, devant moi dans une posturesuppliante. Le silence dure depuis quelques minutes déjà, mais elle nes’est toujours pas exprimée. J’attends de plus en plus impatient desavoir ce qu’elle désire et ce qu’elle fait là. Mais la peur semblel’empêcher de parler. Plusieurs questions traversent mon esprit : quedésire-t-elle ? Pourquoi est-elle là ? Comment est-elle arrivée ici ?Qui est-elle ? Pourquoi mes serviteurs l’ont-ils laissée passer sans laconnaitre ?

Le silence emplissant le hall glacial, je décide dedétailler mon étrange invitée. C’est une enfant, enfin elle serasurement bientôt femme si elle ne l’est déjà. Je pense que dansquelques années, elle sera mariée avec enfants. En fait, ce n’estqu’une paysanne, probablement originaire du village ! Une simple enfantde paysan, qu’on aura trop vite mariée et dont les charmes serontgâchés… comme à chaque fois. Elle relève la tête, enfin, me permettantde découvrir deux disques ambre emplis de larmes. Elle a la peaudélicate et blanche surement aussi douce que de la soie orientale. Sescheveux tombent librement et en désordre sur ses épaules. Elle estdépourvue de formes féminines ou presque, je peux deviner sa poitrinenaissante sous ses vêtements. Elle est vêtue simplement, juste une robeen laine vert pâle. Elle n’a rien d’attirant physiquement et elle esttrès éloignée de mes proies oufréquentations habituelles, toutes issues du monde aristocratique oubourgeois. En fait, elle est juste potable pour un repas et encore !

Maiselle a quelque chose d’unique et d’intriguant, voire attirant. Unechose que je ne rencontre jamais chez les femmes que je côtoie commemaitresse ou comme proie. Elle est pure… non touchée par un hommeencore mais même son âme est pure et innocente… Elle n’a jamais aimé niété aimée. Rien d’autre que son amour filial ne transparait dans sonâme. Elle n’a jamais été trahie, déçue ou abusée par un homme. Rien detout ce qui fait la vie amoureuse d’une femme n’est inscrit en elle. Cen’est encore qu’une page blanche à écrire. Je souris légèrement,songeant que si elle avait eu plus de formes, j’aurais accepté d’êtreson initiateur pour une nuit…
Mes pensées sont interrompues par deuxserviteurs entrant dans la pièce l’air furieux. Ils s’arrêtent et mesaluent de loin avant de s’approcher de l’enfant, toujours immobile àmes pieds. Un de deux murmure un : « Excusez notre incompétence »respectueux avant d’empoigner la fille pour la relever et la fairesortir. J’imagine qu’elle avait d’abord demandé à me voir et que face àun refus elle avait trouvé une ruse pour m’atteindre. Cela explique saprésence ici. Comme ils la remettent sur pieds, elle semble sortir desa léthargie et elle commence à se débattre avant de me regarder dansles yeux et de murmurer : « Pitié ! »

Les deux hommes arrêtent leurgeste, surpris. Moi, je me contente d’éclater de rire. Pitié, elle medemande pitié ! A moi, un démon. Je ne nierai pas que ce terme chantesouvent à mes oreilles, murmuré ou hurlé par mes victimes après mestortures morales et physiques, ou par mes maîtresses après une bataillesensuelle dans mon lit, chaque fois au moment d’achever mon travail.Mais jamais ce mot ne m’a ému. La pitié, qu’est-ce que c’est au fond ?Pourquoi aurai-je de la pitié pour les mortels ? En ont-ils pour lespoules qu’ils tuent et mangent ? Les deux hommes essayent à nouveau dela faire sortir mais je fais signe de la laisser en ma présence. Ils lalâchent et se retirent discrètement. Elle retombe à genoux devant moiet elle relève la tête osant me fixer dans les yeux. Elle mériteraitque je la gifle, cette petite effrontée. Oser me fixer comme ça moi,son Seigneur… Je me contiens et lui offre un sourire sarcastique qui ladéconcerte et la force à baisser les yeux vers le sol.

« Pitié ! Tu oses implorer ma pitié ! » Je susurre ironique, « il faut donc que tu m’aies fait un tord. »

« Non ! » elle a presque crié.

« Alors que viens-tu faire ici ? »J’interroge froidement, « sais-tu ceque je peux te faire subir juste pour avoir osé venir ici me perturber? »

« Je … » elle me regarde en biais, « j’ai besoin de votre aide … vous êtes le seul à pouvoir m’aider. »

« T’aider ? » j’éclate de nouveau de rire, « pourquoi t’aiderais-je ? Et puis qu’est-ce que cela m’apportera ? »

« Je ne sais pas… » Murmure-t-elle et elle baisse à nouveau la tête. Jeme déplace avec désinvolture et la dépasse lentement, me dirigeant versla porte à mon aise.

« Je … je vous dédommagerais, mais s’il vous plait sauvez Maman. » implore-t-elle dans mon dos.
« Un marché ?!? » je rétorque en me tournant vers elle.

« Oui, … » murmure-t-elle toujours en fixant le sol.

Jereviens lentement vers elle et je m’arrête juste devant elle, prostréesur le sol. Sentant ma présence, elle relève la tête vers moi, les yeuxsuppliant. Même un marché, je n’ai aucune raison d’accepter… pourquoile ferais-je ? La différence entre elle et moi est immense etmanifeste. J’ai tout ce que je désire et je ne pais jamais rien. Jesuis, comme tous les vampires, supérieur à l’être humain. Ce derniern’étant que de la nourriture pour nous et esclave ou jouet quand nousles épargnions. Mon intérêt pour elle nait seulement de l’opportunitéde jouer qu’elle vient de m’offrir. J’ai l’occasion de m’amuser avecelle et de la torturer. Mais j’ai peut-être aussi l’opportunité d’avoirune esclave, là à portée de main… Evidemment tout dépend de ce qu’elleest prête à donner en échange de mon aide. Toujours est-il que je peuxpasser un agréable moment à la faire souffrir, ce qui n’est pasnégligeable. Cela est si rare une proie qui s’offre d’aussi bonne grâce.

« Bien, intéressant » je finis par dire que un ton détaché, « mais avanttout de chose, j’aimerais savoir jusque où tu es prête à aller. »

« Prête à aller ? » répète-t-elle surprise.

« Si tu préfères que vas-tu me donner en échange d’un service. » J’explique avec un sourire tendre des plus faux.

« Euh… » Elle réfléchit un peu avant de répondre, « je n’ai pasgrand-chose… mais je peux peut-être faire quelque chose, travaillé pourvous… »

« Hum, j’ai beaucoup de serviteurs, une de plus nem’intéresse pas ! » je déclare sur un ton sec et le regard vide. Sonexpression devient de nouveau triste. Je viens d’anéantir le peud’espoir que j’avais fait naitre en elle quelques minutes plus tôt.Intérieurement, je souris. Je m’apprête à m’éloigner de nouveau etdéfinitivement.

« Pitié, aidez ma mère », murmure-t-elle, « elle est ma seule famille, je ferais n’importe quoi, je donnerais tout pour elle… »

Jem’arrête de nouveau et tourne la tête vers elle, un peu surpris. Je nem’attendais pas à une réaction aussi désespérée ! Je souris, elle n’apas idée du poids de ses paroles. Je suis sûr qu’elle ignore à quoiengagent ses dires, ce que je suis en droit de demander maintenant.Mais avant toute chose, j’aimerais être sûr…

« Tout y compris ta propre vie ? » j’interroge perfidement.

« … Oui, ma vie aussi. » Me répond-elle après quelques minutes deréflexion. Je sonde son regard lentement et j’y lis une déterminationrare et surprenante au vu de son jeune âge. Pouvoir de l’amour filialje suppose…

« Bien, nous allons pouvoir négocier dans ce cas. » je lui réponds sur un ton un peu plus chaud.

Jejubile intérieurement. Cette petite idiote vient de m’offrir sa vie, jepeux donc faire d’elle ce que je veux. Les humains sont vraimentstupides ! Je lui tends la main poliment. Elle la regarde surpriseavant d’accepter de la prendre. Elle a la peau douce et chaude à côtéde mon corps tiède. Je la remets sur pieds et l’attire vers le petitsalon sans lui lâcher la main, profitant un peu de sa chaleur. Je lafais entrer dans la petite pièce. C’est juste un endroit chaud avec unecheminée, une petite table et un divan. Les murs sont couverts detapisserie aux couleurs vert pâle et les rideaux sont souvent fermés.Il y a même des fleurs dans un vase. C’est la pièce dans laquelle jeramène mes maîtresses occasionnelles, jamais aucune n’entre dans machambre… seule ma compagne aura cet honneur. J’ai pensé cette piècepour qu’elle soit chaleureuse et intime, créant un bien-être évident.Je fais s’asseoir mon invitée sur le divan. Ensuite je vais vers unmeuble et nous serre deux verres de vin rouge. Je souris en imaginantqu’elle en boira pour la première fois et sera saoule dans peu detemps. Je reviens m’assoir à ses côtés et instantanément elle secontracte et recule vers le bord. Je souris et dépose les verres sur latable.

« Alors quel que soit le service que tu as à me demander monprix sera le même. Je te l’explique avant que toi tu ne me raconte cequi t’amène ici, chez moi. » Je commence d’une voix suave. Mais macompagne est un peu jeune pour céder ou comprendre une approcheséductrice. Elle se contente de me regarder, perturbée et ne sachantpas comment réagir à mes regards et me intonations suaves. Tellementinnocente et naïve… elle me renforce dans mon idée de base.

« D’accord » murmure-t-elle un peu embarrassée. Je me rapproche d’elledoucement et dépose une main sur les siennes jointes sur ses genoux etje capture son regard. Elle rougit violemment et m’arrache un sourireamusé.

« Je désire t’avoir à moi entièrement… je veux ta vie, toncorps et ton âme. Comprends-moi bien, je ne te demande pas uniquementde faire tout ce que je te dis, j’exige en plus être le seul pour toi,que ce soit sentimentalement ou physiquement. En gros je désire tonamour, ta soumission et être ton seul amant… hum quoique pour ça ilfaudra attendre encore un peu. » Je susurre contre sa peau, j’observeses yeux s’agrandirent et ses joues rougir encore plus.

« … d’accord… j’accepte. » murmure-t-elle sans briser le contact visuel.

« Très bien, donc notre accord est scellé ou presque… sache aussi que jene permettrais à personne, à aucun homme de te toucher… ah encore unepetite chose... » je laisse ma phrase en suspend.

« Vous ne voulez pas d’abord savoir pourquoi je sollicite votre aide ? » me questionne-elle.

« Si mais avant nous allons sceller notre accord. Mais pas par le sangcomme on le fait parfois. Je n’ai aucune envie d’entailler ma peau etni d’ailleurs d’abîmer la tienne. » Je réponds avant de déposer meslèvres sur les siennes pour un chaste baiser. Au moins j’aurai eu sonpremier baiser, et maintenant que je connais son goût et son odeur, jeserais capable de la sentir n’importe où et de la reconnaître. Elle estmienne, mon jouet.

« Mais pourquoi… qu’est-ce … » balbutie-elle embarrassée et rouge pivoine.

« Cela scelle notre accord mon cher petit Ange ! » je réponds en prenantles deux verres de vin et en lui donnant un. Je bois une gorgée pendantqu’elle examine son verre.

« Ce n’est que du vin, ma Douce. Goute-le il est délicieux. » Je lui explique lentement.

« Je ne bois jamais d’alcool… » Murmure-t-elle.

« Hum mais là on fête quelque chose, notre alliance… goute-le au moinspour ne pas me vexer.. » je rétorque à l’affut de sa réaction. Elleporte le verre à ses lèvres et boit une petite gorgée. La grimace quisuit me fait rire. Je caresse sa joue alors qu’elle toussote.

« Voilà… et si tu te présentais ma Jolie… » Je continue amusé par sa grimace alors qu’elle observe son verre.

« Pourquoi vous me donnez tous ses surnoms … bizarres… » Ose-t-elle me demander. Elle n’a pas tord je ne les utilise jamais.

« Parce que tu es à moi, et uniquement à moi ma chère… et que j’ignoretoujours ton nom et ton âge… » Je réponds en l’attirant un peu versmoi. J’aime son regard perturbé par mes actions séductrices. Je latorture un peu là, créant en elle un embarras compréhensible.

« Cagalli et j’ai eu 12 ans au printemps… » Répond-elle.
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POV Cagalli

« Je laisse mes yeux parcourir la pièce, m’attardant sur certainsdétails. C’est la première fois que je viens au château. En fait,personne du village ne vient jusqu’ici sauf sur demande du Comte. Maiscela est extrêmement rare. Je soupire un peu, j’ai moins froidmaintenant. La pièce est agréablement chauffée par un feu. Je m’attardesur les différents meubles. Tout me semble magnifique comparé à ce quenous possédons dans notre petite maison. Mes yeux s’arrêtent un peu surle Comte assis à mes côtés. Il est beaucoup plus gentil que tout àl’heure dans le hall. C’est étrange ce changement soudain…involontairement je le dévisage. Bizarrement je le croyais plus vieux…bien qu’il ne soit pas si jeune que cela. Je me demande quel âge il a…Mais, je l’imaginais comme le grand père Mirrilia : avec des cheveuxgris et une longue barbe. Or, il n’a aucune ride, il a la peau pâle,les cheveux tombant souplement sur ses épaules et des yeux vertscaptivants. Il tourne la tête vers moi et me sourit un peu. Aïe, j’aiété trop insistante dans ma manière de le regarder. Je baisse la têteet regarde le sol, honteuse.

« Cagalli… c’est un joli prénom. » murmure-t-il.

« Merci, monsieur » je réponds poliment en fixant toujours le sol.

« Bien, maintenant que les présentations sont faites, raconte-moi ce quit’amène chez moi. » déclare-t-il en déposant son verre sur la table. Jel’imite et j’inspire profondément avant de me lancer dans une courteexplication.

« En fait … c’est pour aider Maman… » J’hésite à tout dire et j’espère sincèrement qu’il se contentera de ça même si c’est peu.

« Je l’avais compris, mais en quoi puis-je l’aider ? » questionne-t-il.

« Euh … pour son procès. » je finis par avouer d’une petite voix un peu tremblante.

Jesens de nouveau les larmes brûler mes yeux. S’il change d’avis, Mamansera condamnée et je ne la reverrais plus jamais. Elle est la seulefamille qu’il me reste. Les larmes roulent à nouveau sur mes joues etje cache ma figure dans mes mains. J’ignore combien de temps j’ai passéà pleurer ces derniers jours. Depuis l’arrestation de Maman, je vischez les parents Mirrilia et je tremble de la perdre. C’est par hasardque j’ai entendu parler du Comte et de l’aide qu’il pourrait apporter àMaman, même si je savais qu’il y avait peu de chance qu’un nobles’attarde aux problèmes d’une paysanne. Cette nuit, j’ai pris moncourage à deux mains et j’ai quitté la maison sans bruit avant decourir vers le château. Je savais que si je ne faisais rien je me lereprocherais toute ma vie… le procès commence dans deux jours… Et je neveux pas perdre Maman ! Je sens quelque chose entourer mes épaules etm’attirer. Je me retrouve dans ses bras alors qu’il caresse doucementmes cheveux.

« Chut ma Douce… calme-toi, tout ira bien… » Murmure-t-il doucement.

Jereste quelques minutes à sangloter contre lui, accrochée à sa chemise.Quelque part dans mon esprit, ma conscience me dit que son attituden’est pas normale… Pour le peu que je sache sur lui, il est un êtrefroid et insensible à la souffrance des autres. Certains prétendentmême qu’il aime faire souffrir… comme tantôt dans le hall quand je mesuis jetée à ses pieds. Je suis une fille du peuple sans importancepour lui, je le sais. Mais depuis qu’on a passé un accord tout àl’heure, il semble s’intéresser à moi. Je sais que je devrais meméfier, un noble inquiet pour une paysanne ce n’est pas courant etc’est même contre nature. Une fois mes pleurs éteints, j’essaye de merelever et je m’assieds correctement. J’ose lancer un regard en biais àmon voisin. Il affiche un étrange sourire. Sans vraiment savoirpourquoi, je frisonne. Il s ‘approche de moi à nouveau et il entouremes épaules de son bras. Il donne l’impression de vouloir me garderserrée contre lui …

« Pourquoi me demander de l’aide ? Pour un procès, un avocat te serait plus utile » Finit-il par dire.

« Le grand-père de Mirrilia a dit, hier soir, que vous êtes le seul àpouvoir empêcher le procès… » J’explique, « parce que vous êtes juge ! »

« Je ne suis pas juge » me répond-il en riant, « mais j’ai droit dejustice sur mes terres et sur les personnes dépendantes de moi. Donc,je peux effectivement empêcher un procès. Mais dis-moi au moinspourquoi elle passe en procès. »

« Pour sorcellerie » j’ai murmuré trop bas, espérant ne pas être entendue.

« Sorcellerie ?!? Explique-moi un peu cela. » Demande-t-il gentiment, sa main caressant mon épaule.

« MAMAN N’EST PAS UNE SORCIERE… » J’ai crié sans m’en rendre compte et jeme suis détachée de lui brusquement. Je sens la colère monter en moi.Personne n’a le droit de l’accuser de cela, elle n’a jamais fait de mal! Il me regarde légèrement surpris par mon éclat soudain. Avant que jen’ai eu le temps de réagir et de comprendre, il entoure mon visage deses mains et me force à le regarder. Il caresse doucement du pouce majoue.

« Je sais mon Ange, mais raconte-moi pourquoi on l’accuse desorcellerie. J’ai besoin de savoir tout ce que tu sais pour l’aider »Susurre-t-il avant d’embrasser mon front. Je me calme et hoche la tête,honteuse de mon emportement.

« Maman connaît les plantes. C’estgrand-mère qui lui a appris quelles plantes utilisées pour guérircertaines maladies ou blessures. Maman dit que c’est une traditionfamiliale… d’ailleurs elle m’apprend à les utiliser. Depuis la mort depère, Maman vend ses remèdes pour nous permettre de vivre, en plus dequelques services. Les autres villageois viennent la trouver quand ilsont besoin. Parfois ils préfèrent elle au médecin… » J’expliquelentement.

« Je vois… Je suppose que cela justifie un procès poursorcellerie. Mais tu ne m’as toujours pas dit pourquoi ni quil’accusait. » Me fait-il remarquer.

« En fait, je … ne sais pas sivous me croirez… » Je murmure lentement « parce que presque personnen’a cru Maman quand elle l’a raconté pour se défendre. »

« Hum, raconte-moi quand même. » Me rétorque-t-il. Je réfléchis quelques minutes avant de me décider à tout lui raconter.

« C’est parce qu’elle a repoussé Monsieur Seirian. » j’avoue enfin.

« Repousser ?!? Il l’accuse de sorcellerie juste parce qu’elle n’a pasvoulu être sa maîtresse ? » Demande-t-il un peu étonné. Je hochepositivement de la tête, supposant que c’est cela qui a énervé MonsieurSeirian.

« Peux-tu me raconter cela ? » Interroge-t-il. Je lui lance un regard surpris avant d’acquiescer de la tête.

« C’était il y a un mois, en soirée. J’aidais maman a débarrasser aprèsle souper, quand Monsieur Seirian est arrivé chez nous. J’ai cru qu’ildésirait de l’aide et je me suis retirée dans un coin de la pièce pourle laisser discuter avec Maman. Je ne sais pas ce qu’il a dit parcequ’il parlait bas mais maman n’a pas apprécié ses propos. Elle semblaiten colère… ensuite, elle le repoussait en lui rappelant qu’ils étaientmarié et que l’adultère est un pêché. Il a insisté et, je crois, aessayé de l’embrasser. Maman l’a giflé… j’ai rejoins maman à cemoment-là, je désirais l’aider. Monsieur Seirian nous a regardéesfroidement avant de murmurer qu’elle le paierait tôt ou tard… ensuite,il est allé vers la porte mais avant de sortir il m’a regardée et a dità maman que je devenais jolie et qu’elle ne serait pas toujours là pourveiller sur moi. Ensuite, il est sorti en claquant la porte… mamanétait pâle et tremblait… je crois qu’il menaçait maman, juste parcequ’il était en colère… il y a quelques jours, il a perdu son étalon,mort de maladie je crois. Le lendemain, des hommes sont venus arrêtésmaman. Monsieur Seirian l’accusait d’être responsable de la perte ducheval… Il a dit qu’elle était une sorcière. Les hommes n’ont pasécouté maman et l’ont emmenée pour la juger… Et moi je me suisretrouvée chez les parents de Mirrilia. » Je raconte en fixant lesflammes dansant dans la cheminée.

« Je vois… Il a attendu le premier prétexte… Seirian, tu dis… » Murmure-t-il.

« Oui, la famille Seirian… Ils ont un grand domaine et ils font partiedes « riches » comme dit Maman… » J’explique en le fixant.

« Cela nesera pas bien dur de mettre à mal son accusation… j’ai justement undifférent avec eux… ne t’inquiète plus pour ta mère. » Finit-il pardire avec un étrange et en même temps gentil sourire. Il se penche etembrasse doucement mon front. »
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POV Asuran

« J’observe avec un sourire à demi satisfait les flammes danser dans lacheminée en face de moi. Elles éclairent la pièce d’une lueur tamiséealors que la nuit commence à envahir tout le château. Cette journée aété intéressante et divertissante je trouve. Je porte mon verre à meslèvres et je savoure le liquide rouge lentement. Vraiment un bon cru,ce vin... En fait je dois reconnaître que ce fut plus amusant que je nel’imaginais de taquiner les Seiran. Bien sûr, cela n’efface pascomplètement les affronts du clan Seiran. Cela dure depuis 5 ans,depuis que ces imbéciles ont osé me ridiculiser en me tenant tête faceà d’autres nobles, des vampires de ma lignée en plus ! Ils ont payéleur dette en partie par le ridicule avec lequel j’ai traité leur « chef »ce matin. Mais cela ne suffit pas pour apaiser totalement ma rancœur.En fait je désire leur mort à tous… seules les tortures et lesexterminations calmeront ma soif de vengeance et de sang. Surtout queces stupides humains accumulent depuis lors les raisons que j’ai de mavenger d’eux ! Depuis des années ces petits bourgeois de campagne menarguent et me provoquent, cherchant à acquérir plus d’indépendance etde pouvoir sur le village… ils me prennent des terres un peu pluschaque jour, ils exigent des privilèges et se moquent ouvertement demoi quand ils le peuvent. Je supporterais très mal un affront de plus…
Et je sais que bientôt, j’aurais ma vengeance complète sur eux…

D’ailleurs,ma chère tête blonde pourra me servir dans cette vengeance. Il mesemble qu’elle déteste le clan Seiran autant que moi si pas plus. Cequi est compréhensible vu leur comportement hautain avec tout le monde…après tout, ces idiots ont aussi arrêté sa mère pour une bêtise et enplus ils lui mènent la vie dure. De plus, le fils, Yuna, semble avoirun certain intérêt pour ma tendre Cagalli… ceci dit rien d’incorrecte…Je devine qu’il veut la rabaisser et l’asservir comme beaucoup depersonnes des alentours. Elle a déjà dû le tourner en ridicule plusd’une fois. Bien sûr, elle ne pourrait logiquement pas gagner tout letemps. Dans l’esprit des gens, tôt ou tard elle devra céder ou ellepaiera toutes les humiliations qu’elle lui a fait subir. Jamais unesimple paysanne ne pourrait rivaliser avec un bourgeois… mais lacharmante enfant est têtue et semble avoir un sale caractère. Cela nesera pas éternellement suffisant … surtout qu’elle devient femme. Ilexiste tellement de manière de briser ou de salir une femme honorableet vertueuse…

Sauf qu’elle est mienne !

Je sais que cela ne lui apas paru évident quand elle a accepté mon prix, pourtant le fait est là: elle m’appartient corps et âmes. Mais à 12 ans, cela est abstraitcomme notion, surtout l’appartenance physique… évidemment cela nesignifie pas uniquement qu’elle doit m’obéir et me servir sans jamaisopposer de résistance à mes désirs et caprices. Mais cela ne se réduitpas non plus uniquement à ce qu’elle doit m’aimer et m’offrir savirginité. En fait, c’est beaucoup plus complexe que cela. En acceptantd’être mienne, elle est entrée dans mon « clan ». J’ai autant de devoirs envers elle qu’elle en a envers moi. Bien sûr, je la possède et je suis le maître. Son maître. Mais je me dois de veiller sur elle et de la protéger. En général, c’est pour cela que les humains se « vendent » à nous.

Et en ridiculisant Seiran ce matin, je l’ai protégée comme je le devais …"
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POV Cagalli

« Je suis assisse près du feu et j’observe les autres de loin, j’avaisbesoin d ‘un peu de calme. Nous sommes tous, ma famille et les amis deMaman, dans la maison des parents de Mirrilia. A la fin du procès, ilsnous ont invités à venir manger chez eux pour fêter l’événement. Monregard se pose et s’attarde sur Maman. Elle semble soulagée etheureuse. Je souris car je suis heureuse qu’elle soit de nouveau là,avec moi. J’ai eu tellement peur de la perdre comme j’ai déjà perdu monPère. Soudain je fronce les sourcils quand je constate que MonsieurAttha s’approche d’elle pour lui parler. Qu’a-t-il à lui dire ? Je voisMaman rougir et lui sourire tendrement à mon plus grand étonnement.Depuis quand rougit-elle quand un homme lui parle et baisse-t-elle lesyeux ? Elle agit toujours bizarrement quand Monsieur Attha est prèsd’elle ou lui parle… Je n’arrive pas à comprendre pourquoi… Tout ce queje sais c’est que Monsieur Attha est veuf depuis 3 ans et qu’il a eu 3enfants avec sa première épouse morte en couche… la rumeur au villageprétend qu’il désire se remarier, pour avoir une épouse et donner unemère à ses enfants. Je les observe en train de parler et de rire àdeux. Personne à part moi ne semble choqué par leur comportement. Jedérive mes yeux vers le feu en soupirant. Je ramène mes genoux sous monmenton. Peu à peu je me rappelle les événements de ce matin….

Flash back

Nousétions tous les habitants du village assis dans la grande salle desbanquets à écouter les accusations des Seirian contre Maman. Leshabitants étaient divisés en trois clans : ceux qui tenaient par profitet amitié avec les Seiran ; ceux qui espéraient que maman s’en sortentparce qu’ils étaient nos amis et enfin ceux qui jugeaient que lesSeiran prenaient trop de libertés par rapport au Comte. La mère deMirrilia était assise à mes côtés et me serrer doucement la main pourme rassurer. Mais je pouvais sentir en moi que Maman avait de gravesennuies. Pour ma part, je lançais souvent des regards vers la porte,inquiète. Il avait promis de m’aider mais il n’était pas là ! Pourquoi? Pourquoi m’avait-il menti ? Je sentais les larmes me monter aux yeuxalors que le discours de Monsieur Seiran arrivait à sa fin. Juste commel’accusation finissait, il entra dans la salle, attirant tous lesregards surpris sur lui. Un lèger soupire de soulagement franchit meslèvres à demi closes. Tout compte fait il était venu… Il traversa lasalle lentement avant de s’arrêter devant le juge, puis il s e tournavers l’assemblée pour nous observer. Son regard croisa le mien et s’yaccrocha plus longtemps que la décence ne le permettais. Mes jouesrougirent un peu alors qu’il m’adressait un léger sourire. Ensuite ilretourna son regard froid et insensible vers le juge et MonsieurSeiran… ce regard dont certains disent qu’il peut tuer quand il voustransperce et qui le fait craindre de tous… ou presque.

« Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qui se passe ici ? » Questionna-t-il sur un ton un peu trop frivole, mais toujours froid.

« Un procès pour sorcellerie, Monsieur le Comte » répondit le juge le plus calmement du monde.

« Tiens donc, un procès… et avec quel chef d’accusation ? » Demanda-t-il toujours aussi calmement.
« Je vous l’ai dit, sorcellerie… » Répondit à nouveau le juge.

« J’avais entendu je ne suis pas sourd… je vous demande quelles sont lesaccusations précises ! » il n’avait pas osé la voix mais le ton n’avaitplus rien de frivole ni de léger.

« Cette femme est une sorcière responsable de nombreux accidents et mortsdans le village, notamment celle de mon cheval par vengeance contre moi! » répondit sur un ton impérieux Monsieur Seiran qui s’était levé.

« Votre cheval ?!? … En fait ces problèmes sont arrivés avant ou aprèsqu’elle refuse d’être votre maîtresse Seiran ? » Déclara sur un tonironique le comte.

« Ma maitresse ?!? Mais je suis un homme marié et respectable, MOI ! » S’offusqua-t-il un peu plus.

« Vous avez raison, l’adultère est un péché… que vous pratiquez depuisdes années… personne n’est dupe. Mais vous n’avez pas répondu à maquestion. » Fit remarquer le comte toujours calme mais avec une voix deplus en plus froide.

L’assembléémit un murmure de désapprobation sur la vie vertueuse des Seirian.Tout le monde au village savait que Monsieur Seiran multipliait lesmaîtresses, utilisant son argent pour acheter celles qu’il désirait etne supportant pas le refus. Mais jamais personne avant aujourd’huin’avait osé le dire à voix haute. Je lançais un regard étonné sur leComte, ensuite je fixais Madame Seiran, droite sur sa chaise et la têtehaute comme si tout cela ne la touchait pas. J’inspirais lentement etlançais un regard à Maman, qui restait sans bouger. La salle finit parse calmer.

« Je ne vouspermets pas ! » Hurla presque Monsieur Seiran, vraiment énervé cettefois. Il faut dire qu’il venait de se faire ridiculiser honteusementdevant tout le village.

« Vous n’êtes pas en position de me parler ainsi. Je vous signale quevous n’êtes pas le Seigneur de ces terres et que le droit de justice merevient ! Vous commencez sérieusement à m’énerver Seirian… essayez devous souvenir que vous n’êtes qu’un simple villageois et non un noble !Ma patiente est à bout… octroyez-vous encore un droit qui me reviens etje vous promets que vous le regretterez amèrement ! Et pour finir,juger une femme pour sorcellerie sans autre preuve que la mort d’uncheval n’est que foutaise… sinon j’en connais beaucoup qui pourraientêtre accusés bientôt dans ce village… Fin du procès. » Déclara-t-ilavec un air froid sur lequel n’apparaissait aucune émotion, même pas lacolère.

La foule se levaet commença à discuter. Je rejoignis maman rapidement et me jetais dansses bras, heureuse de la retrouver. Elle me serra très fort contre elleet embrassa mon front. Nous fûmes vite rejointes par la famille Hawwqui nous entoura et félicita maman. Peu à peu ils s‘interrogèrent surles raisons qui avaient poussé le Comte à intervenir. Lui qui ne venaitpresque jamais au village, sauf lors de certaines fêtes, étaitintervenu pour une simple villageoise. Je profitais de la conversationdirigée par les adultes pour laisser glisser mon regard vers Lui. Ilfinissait de discuter avec le juge et se tourna vers moi. Il vient dansnotre direction sans doute avec l’intention de nous dépasser. Jebaissais la tête respectueusement. Il avait accompli sa part du marchéje devrais accomplir la mienne et le servir.

« Merci mon seigneur pour votre aide. » Murmura Maman alors qu’il passaitprès d’elle. Ils ‘arrêta pour la fixait et hocha simplement de la tête.

« Puis-je oser vous demander pourquoi cette aide ? » continua-t-elle curieuse.

Ilse tourna complètement pour la fixer puis ses yeux se posèrent sur moi.Je baissais la tête, intimidée par son regard. Mon cœur battait trèsvite, j’avais peur de sa réponse ou de ce qu’il allait faire…. Jeserrais involontairement la main de Maman cherchant du réconfort et saprotection. J’en avais plus que tout besoin à ce moment précis… jelançais un regard désespéré vers elle, mais elle regardait le Comte etattendait sa réponse. Elle serra quand même ma main et finit par melancer un regard surpris. Elle ne me connaissait pas timide avec lesgens…

« Vous avez une filleadorable et jolie. » lui répondit enfin le Comte. Il attira le regardsurpris de maman et je relevais la tête étonnée. Il en profita pour mecaresser légèrement la joue avant de quitter la salle. Je sentis mesjoues virer au rouge alors que Maman et les autres me fixaientsoupçonneux et étonnés.

Fin du Flashback
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Fin du chapitre 1